‹ Histoire d'IsraelChapitre 22 sur 311 · Îsaie, v · texte numérisé non relu

Îsaie, v

2e TTC.

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sacrées et les’enfants phéniciens qui attiraient le cœur de leurs époux, elles prirent des attitudes et des ornements de prostituées : on les voyait la tête haute, le cou déployé, clignant des yeux, marchant à petits pas, et faisant crier leurs sandales. Un beau voile voltigeait sur leur visage ; de longs cheveux, souvent empruntés, ruisselaient en flots d’ébène sur leurs épaules, pendant qu’une ceinture élégante pressait leurs flancs. Partout, sur leur corps, brillaient les joyaux et les parures étincelantes. À leurs pieds étaient des boucles, à leur front des pierres précieuses et des diadèmes, Des pendants d’or ornaient leurs oreilles, des chaïînettes leurs bras. Tous les jolis objets qui servaient à la fois d’ornements et d’amulettes aux femmes d'Egypte et de Phénicie, les filles de Zion en étaient chargées. Elles portaient de petites lunes, symboles d’Aschthoreth. Des miroirs de bionze aux belles poignées, de petites boîtes de parfums d’un travail exquis, des étuis à collyre, les aidaient, dans le mystère de leurs chambres, a se rajeunir, et à égaler les belles étrangères 1.

Contre toute cette aristocratie, avide de jouissances sensuelles, s’élevaient les nabis, Eschaya à leur tête. Les nabis n'étaient pas nécessairement, aux yeux d’Israël, des hommes qui annonçaient l’avenir. Leur nom, dont la racine se retrouve seulement en arabe, signifie : éclairer, manifester ?. Soit par le chant, soit par la simple parole, ils semblent s’être donné la tache de faire connaître Jahvé et sa Thora, et de rappeler le peuple à la loi, quand il l’oubliait, Poètes en même temps que tribuns, ils chantent et amènent à sa pleine conscience l’idéal qu’Israël porte en lui. Avec leurs écoles

1. Îsaïe, 111, 16 et suiv. Un commentaire bien vivant de ce tableau d’Isaïe nous est fourni par le musée égyptien du Louvre (salles du re étage).

2. H.Ewald, Die propheten des Alien Bundes, t.1, 22 édition. — À. Knobel, Die Prophetismus der Hebrüer. — F. Bleck, Enleitung in das Alte Testament, 4€ édition, p. 305-358.

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