‹ Histoire d'IsraelChapitre 233 sur 311 · Josèphe, Antig. jnd., XX, vu · texte numérisé non relu

Josèphe, Antig. jnd., XX, vu

mains et ensanglantaient les rues d’Ierouschalaïm,

Rien n’égalait leur impudence ; elles armaient leurs esclaves pour le pillage des dîimes, ce qui condamnait a mourir de faim les prêtres que la naissance ne rattachait point à une famille pontificale.

Il parut des signes dans le sanctuaire, précurseurs de la vengeance céleste. La lumière, qui était pour briller toute la nuit surle chandelier saint (Néer Maa= rabi), s’éteignait avant le jour. La rouge bandelette placée, à l’Yom Kippour, au cou du bouc expiatoire et qu’en signe de pardon on rendait blanche comme l'innocence, persistait à garder sa couleur première Î.

Pauvre pays que la Judée avant la terrible guerre! Comme un chancre rongeant tout, les familles des pontifes s’étendaient sur toute la contrée et sur toutes les institutions.

« Quel malheur, disait-on, que la famille de Boé-

thos ; malheur à leurs lances ! Quel malheur que la famille de Hanan; malheur à leurs sifflements de vipères ! Quel malheur que la famille de Kataros (Kanthéra) ; malheur à leurs plumes ! Quel malheur que la famille d’Ischmaël bèn-Phabi ; malheur à leurs poings * ! » La colère ironique des docteurs éclatait surtout contre le grand-cohène Iohanan bèn-Nebédaï, d’une extraordinaire rapacité : « Elargissez-vous, Ô portes, laissez entrer Iohanan Nebédaï, le disciple des gourmands, pour qu’il se gorge de victimes 3 ! » La justice criminelle était sous la surveillance du procurateur, mais, au fond, dépendait tout entière des Romains et des riches pontifes, ligués ensemble pour la perte de la Judée.

En même temps, les mœurs grecques et romaines,

Page 1