‹ Histoire d'IsraelChapitre 234 sur 311 · Pesahim, 57 a. — Keritoth, 28 a · texte numérisé non relu

Pesahim, 57 a. — Keritoth, 28 a

s’infiltrant en Judée, y produisent leurs fruits. Pas plus qu'à Rome, le mariage n’est respecté. La légèreté des femmes et la débauche des hommes furent portées si loin, que le plus grand docteur du temps, 1ohanan bèn-Zakkaï, y vit une nécessité de supprimer dans le rituel ce qui concernait le soupçon d’adultèref,

Un autre mal, le qannaïtisme ou zélotisme, poussé a l’excès, désola la Palestine, la Galilée comme la Judée. Si toutefois des bandes, retirées dans ces grottes dont la montagne d’Iehouda est si riche, en sortaient pour parcourir et ravager les campagnes, d’autres troupes, animées d’un vif sentiment de patriotisme, se bornaient, sous la conduite de leurs chefs, Eléasar bèn-Dinaï, Alexander et Takhina bèn- Parischa, à poursuivre de leurs vengeances tout ce qui tenait pour les Romains ?.

D’autres qannaïtes (zélotes) , formant comme des associations secrètes, frappaient à la dérobée leurs ennemis, quand ils ne le pouvaient faire ouvertement, Sous leurs vêtements, ils cachaient un poignard (sica), d’où leur vint le nom de sicaires. Ils eurent plus tard pour chef Menahem, petit-fils d’Iehouda, avec Éléasar bèn-Iaïr. Bien vite l'imagination populaire s’émut de ces hommes mystérieux qui, les jours de grande fête, dans les galeries du temple, au milieu de la foule rassemblée, perçaient ceux que l’on avait désignés à leurs poignards. Insaisissables, ils disparaissaient, leur vengeance accomplie, parmi la masse et s’indignaient les premiers du sang versé, Rien n’égalait la rapidité de leurs coups, si ce n’étaitleur habileté à ne se point laisser prendre.

La peur des sicaires devint bientôt pire que le mal lui-même 3, Chacun se crut enveloppé d’ennemis invi-

1, Sotu, 47 a.

2. Josèphe, Antig. jud., XX, vit. — Sota, 1x, 91, 3. Josèphe, Guerre juive, 1, xur.

sibles et ne se fia plus à personne, pas même à ses amis. Les meurtres, du reste, furent si fréquents que les docteurs de la loi, de concert avec Iohanan bèn- Zakkaï, durent abolir le sacrifice expiatoire pour le sang répandu. Les ministres du tempie n’auraient pu suffire à cette observance 1.

Comme le flot de l’iniquité montait toujours, le synhédrion transféra le lieu de ses séances de la salle carrée aux hanuyioth (halles), situées près de Béthania.

Parmi cette effervescence, au milieu du sang versé à la fois parles pontifes et par les zélotes, des sages, fermant le plus possible l’oreille aux cris du meurtre, continuaient leurs belles études. Parmi eux se distingua le doux Iohanan bèn-Zakkaï, le second du synhédrion. La connaissance de la loi, tel était son unique souci, comme il le témoignait à ses nombreux disciples réunis en cercle pour recevoir son enseignement. Mais que valaient ces sages, près des qannaïtes et des tribuns ?

L'idée messianique bouillonnant de plus en plus dans a conscience du peuple, les faux nabis et les faux Messies ne cessaient de se lever, faisant entrevoir des rénovations, entraînant les foules dans les solitudes, et leur promettant la liberté. Ils faisaient des signes et avaient recours à tous les prestiges. Après Theudas, parut Schimeün de Chypre, le magicien ?.

Un juif d'Egypte, habitant la Palestine, réunit près de lui trois ou quatre mille adeptes qu’il conduisit dans la montagne d’Iehouda, leur parlant de renverser, du souffle de sa bouche, les murs d’Ierouschalaïm et les soldats romains. Dans le monde infernal où il se débattait, le peuple juif se laissait séduire par tous les imposteurs qui faisaient luire à ses yeux un peu d’idéal, quelque coin d’avenir plus lumineux.

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