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Josèphe, Guerre juive, II, xv

CGMMENCEMENTS DE L'INSURRECTION. 391

synhédrion, Schimeün bèn-Gamliel, et le grand-prêtre envoyèrent à tous les Juifs de la dispersion une lettre circulaire, leur recommandant d’arriver en masse pour la Pâque. La foule des pèlerins fut telle qu’il y eut sur la montagne du temple des gens écrasés, à ce point que l’on nomma cette fête « la Pessah des écrasements. »

Se pressant autour de Cestius Gallus, la multitude le priait d’avoir pitié des maux de la nation, mêlant à ses plaintes des invectives et appelant le procurateur « peste et malheur du pays. »

L’indignation de la jeunesse juive contre le joug romain monta, prête à déborder.

Les Grecs de Césarée ayant molesté Jes Juifs, et l’un deux même s'étant moqué de leurs cérémonies, en immolant à l’entrée d’une synagogue, un jour de schabbath, un oiseau dans un vase de terre (1° Iär 6‘), sacrifice marqué pour les lépreux, de jeunes Israélites en vinrent aux mains avec la population grecque f.

Florus s'était retiré à Sébaste. Vaincus dans cette lutte, les principaux Juifs, avec les livres de la Thora, se réfugièrent à Narbata. Toutefois, douze d’entre eux, parmi lesquels le riche Iohanan, se rendirent vers le procurateur, qui les fit jeter en prison, sous prétexte qu’ils avaient emporté de Césarée les rouleaux de Ja Thora.

À la nouvelle de cette rigueur, Ierouschalaïm s’émut. Loin de l’apaiser, Florus la jeta dans toutes les extrémités en ordonnant à ses gens de prendre dix-sept talents dans le trésor sacré. La ville sainte fit éclater dans ses rues toute sa colère. Mais, à la vue des soldats romains qu’amena Florus, les sentiments de la foule changèrent comme par enchantement. Ce fut avec des acclamations joyeuses que l’on se précipitaau-devant du procurateur; mais peu satisfaitde cette ridicule ovation, le centurion Capito se jeta avec

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1, Josèphe, Guerre juive, I], x1v.

cinquante cavaliers sur les Iérosolymites, qui se hâtèrent de regagner leurs maisons.

Florus s'installa dans le palais d'Hérodès, y tint son tribunal, où il fit comparaître les pontifes et les principaux Juifs, les menaçant de sa vengeance s'ils ne révélaient sans retard ceux qui avaient insulté sa personne. En vain lui représentèrent-ils l’état pacifique de la ville et l’impossibilité où ils étaient de savoir quels jeunes hommes inconsidérés, parmi la foule, avaient injurié le procurateur; Florus fut inflexible.

Ses soldats, lâchés comme des bêtes fauves dans la ville, pillèrent les maisons, et massacrèrent tout ce qui leur tomba sous la main. Des hommes distingués, amenés au procurateur, furent mis en croix après avoir été frappés de verges, bien que plusieurs appartinssent à l’ordre équestre. Il périt, ce jour-là, sans compter les femmes et les enfants, trois mille six cents Iehoudites (16 Iär).

En vain la belle princesse Bérénikê, venue à Ierouschalaïm pour y accomplir un vœu de naziréat, se mitelle aux genoux sanglants de Florus, le suppliant d’épargner les Juifs, le dur procurateur ne l’écouta point. La charmante sœur d’Agrippa II n’échappa elle-même aux soldats romains qu’en se retirant au plus vite dans son palaisi,

Le lendemain de ce grand massacre, une immense multitude s'étant réunie dans Zion pleura ses morts, mêlant aux lamentations des clameurs contre Florus. Maisles pontifes terrifiés, et craignant tout d’une révolte, calmèrent cette émotion.

Gagné par eux, Florus consentit à désarmer, à la condition que la foule allât saluer deux cohortes venant de Césarée. Vaincue par les supplications des prêtres, la masse juive se porta à la rencontre des cohortes ; mais, les soldats n'ayant point répondu à son salut, elle s’emporta en cris outrageants contre Florus. Les ca-

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