Josèphe, Antig. jud., XX, 1x
Il. so
insurrection. Cependant, il le faut avouer, tous ces hommes pacifiques exécraient Florus.
À leur tête se tenait le roi Agrippa II, avec ses parents et les familles de pontifes.
Averti par ceux-ci et par la belle Bérénikê, Cestius envoya, pour examiner les actes du procurateur, le centurion Néopolitanus, qui, ayant rencontré à Iamnia le roi Agrippa II revenant d’Alexandrie, entra avec lui dans Ierouschalaïm.
Dans une galerie du xyste, en face du temple, le roi, ayant à ses côtés Béréniké, adressa à la nation un discours plein de sophismes contre la guerre, et où il fit montre de sa connaissance de l’histoire païenne et de l’état actuel de l'Empire,
Grâce à sa harangue, le parti de la paix sembla l'emporter un moment dans Ierouschalaïm.
Le peuple, sous le coup de son éloquence, consentit à rétablir les portiques qui reliaient le temple à la tour Antonia; des Juifs, joints à des décurions, se répandirent dans les bourgs de la Judée et y levèrent les quarante talents que les qannaïtes avaient refusé de payer à Rome.
Toutefois, dans une autre circonstance, paraît-il, se souvenant mal des préceptes des rhéteurs, ses maîtres, Agrippa commit la maladresse de déclarer publiquement à la foule qu’elle devait l’obéissance à Florus jusqu’a ce qu’il fût remplacé dans son emploi. À cette recommandation, le peuple exaspéré jeta des pierres au roi juif.
Triste, Agrippa II se retira, mandant à Florus qu’il eût désormais à s’occuper lui-même de la perception de l'impôt.
Maîtres du peuple après le départ d’Agrippa II, les qannaïtes allèrent jusqu’à s'emparer de Massada, dont ils massacrèrent la garnison romaine. Le chef de l’expédition contre la forteresse était Menahem, aussi auda-
t. Josèphe, Guerre juive, Il, xvi.
cieux dans les coups de main qu’habile dans l’art de la parole.
Au temple même, se manifesta ouvertement la haine contre Rome. Le jeune Eléasar, préteur du sanctuaire, persuada aux officiers du culte de ne recevoir d’un étranger ni offrande ni victime, et par conséquent de ne faire aucun sacrifice pour les empereurs 1,
En vain les prêtres, les parouschites de l’école d’Illel, exhortèrent-ils le peuple à revenir sur cette résolution, lui représentant que jusqu'alors on avait toujours accoutumé d’accepter les présents religieux des étrangers; on m’écouta point leurs conseils, À partir de ce moment, le temple appartint à Éléasar et aux qgannaïtes.
Affolés, les partisans de la paix prirent, pour arréter la marche des événements, juste le moyen qu’il fallait pour l’accélérer. Ils dépêchèrent deux ambassades, l’une à Florus, l’autre à Agrippa II, pour les prier de venir comprimer à lerouschaiaïm la révolution naissante.
Désireux de voir les choses poussées à l’extrême, le procurateur ne bougea pas. Agrippa II fit partir, sous la conduite de Philippos bèn-Iagqimos et de Darious, trois mille cavaliers auranites, batanéens, trakhonites,
La cité basse et la montagne du temple étaient aux mains des qgannaïtes, Il y eut sept jours de batailles, les .qannaïtes essayant de prendre la cité haute, et les troupes du roi les positions occupées par les hardis patriotes (8-14 Ab).
Mais, le 15, à la Fête du bois, les derniers, se ruant furieux sur la ville haute, s’en rendirent maîtres, y brülèrent le palais d’Agrippa II et de sa sœur Bérénikê, la somptueuse maison du grand-cohène Hanania, et enfin les archives renfermant les inscriptions de dettes.
Les qannaïtes assiégèrent, dans la tour Antonia, la