Josèphe, Guerre juive, II, xvur
garnison romaine, qui, forcée au bout de deux jours, fut livrée au massacre (17 Ab).
Augmentés de Menahem et de ses sectaires, les ardents patriotes se portèrent de là vers le palais d'Hérodès, d’où les Juifs et les soldats d’Agrippa II furent admis à sortir sains et saufs, mais non les Romains, qui, pressés de toutes Le ts, gagnérent péniblement les tours des murailles, c’est- à dire Hippikos, Phasaël et Mariamna (6 Éloul, août-septembre).
On investit les tours avec soin pour qu'aucun gentil n’échappât.
Après la victoire, la mauvaise intelligence s'établit entre Eléasar, le chef des qannaïtes , et le féroce sicaire Menahem, qui avait égorgé Hanania et Hisqia.
Sophiste de son métier, fier de son nouveau rôle politique, Menahem affectait une grande pompe et quelque chose de royal, se rendant au temple comme l’aurait pu faire Agrippa Il.
Un véritable combat s’engagea entre les qannaïtes et les gens de Menahem. Pris dans l’Ophla, celui-ci, après de cruelles tortures, rendit l’âme.Un petit reste seulement de ses bandes, sous la conduite d’Eléasar bèn-Iaïr, descendant du grand Iehouda de Galilée, put se mettre à l'abri dans le château-fort de Massada.
Cependant le chef des soldats romains, Métilius, pressé dans une tour de la ville sainte, demanda à sortir, la vie sauve. On accepta sa proposition, moyennant qu’aussitôt les légionnaires rendissent leur armes. À peine les piques, les javelots et les boucliers eurentils été déposés, que l’on fit un etfroyable massacre des Romains. Métilius ayant promis de se faire juif jusqu’à la circoncision, sa vie fut épargnée 1.
Une telle effusion de sang accomplie le jour du Schabbath, au mépris de toutes les lois divines et humaines, remplit de consternation toute la ville, qui s’attendit, à partir de ce jour-la, aux suprêmes malheurs.
1, Josèphe, Guerre juive, II, xvir.
En apprenant les événements d’Ierouschalaïm, la population grecque et syrienne de Césarée se mit à massacrer les Juifs, de telle sorte qu’en peu de temps il en tomba vingt mille, près de ces beaux édifices romains, œuvres d’Hérodès. Florus, poursuivant les fuyards, les jetait sur des galères, comme dans des viviers, les réservant sans doute pour les égorgements prochainsi.
Tant de sang répandu de part et d’autre précipita toute la Palestine comme dans un enivrement de fureur et de vengeance. Les Israélites ravagèrent les bourgs des Syriens et les cités de Philadelphia, Sebonitis, Gerasa, Pella.
La jeunesse juive de Tibérias, se jetant sur les villes de la Décapole, assises comme de belles jeunes filles aux bords charmants du lac de Kinnéreth, poussa ses terribles incursions jusqu'a Scythopolis.
Les goïm ou gentils portaient à leur tour le carnage dans les cités juives. Beaucoup de villes même, séparées en deux camps, présentaient le plus étrange spectacle : pendant le jour on s’égorgeait dans les rues; on passait la nuit dans la vigilance et dans de continueiles alarmes.
Les Juifs d’'Aschqlon, de Ptolémaïs, d’Hippos, de Gadara, de quelques bourgs de Pérée furent exterminés ou réduits en esclavage.
Une nuit, à Scythopolis, malgré les services rendus et la foi jurée, les gentils se précipitant sur les Juifs en tranchèrent treize mille.
Jusqu'à Alexandrie s’étendit la guerre entre Juifs et Grecs. Ceux-ci s'étant réunis dans l’amphithéatre pour discuter sur l’envoi d’une ambassade à Néron, lui demandant d’ôter aux Israélites Le droit complet de cité, reconnurent des Juifs dans l’assemblée et les en chassèrent avec des coups. Alors affluèrent, furieux, tous ceux d’Alexandrie, quelques-uns même portant