‹ Histoire d'IsraelChapitre 24 sur 311 · TOI AD IT · texte numérisé non relu

TOI AD IT

Eschaya (Jahvé sauve), le plus grand d’entre eux, commença sa mission à âge de trente ans, l’année même de la mort d’Ouzia (758), et, d’après 7e Thalmud, l’aurait terminée d’une façon tragique, sous Menasché. Né à Jérusalem, d’un père nommé Amos, il fut, paraît- -il, célèbre, non seulement par sa parole, à Ja fois si ardente et si correcte, mais encore par 8es connaissances médicales qu’il dut déployer auprès du roi lehisqia (Ezéchias). Les trente-neuf premiers chapitres de ses prophéties dont, sauf quelques-uns, l’authenticité n’est guère douteuse, sont comme un clair miroir où se reflètent, pendant plusieurs règnes, la vie intérieure d’Iehouda, ses fêtes, ses angoisses, les armées assyriennes en marche et les incendies qu’elles allument, les terreurs dont elles remplisssnt Ierouschalaïm elle-mêmel, La éclate aussi l'idéal d'Eschaya et des autres nabis de cette époque : Ierouschalaïm, ville sainte gouvernée par un roi pacifique, dominant elle-même, du haut de ses collines, toutes les cités, et voyant tous les peuples s’acheminer vers elle et gravir, pour y adorer Iahvé, la montagne sur laquelle le temple est planté. Elle impose la paix à toutes les

1. La collection des œuvres portant le nom d’Isaïe se divise en deux groupes bien distincts : 1er, chapitres 1-xxxIx — 2°, xL-XLvI. Le second groupe suppose Jérusalem détruite, les Juifs captifs, Babylone maîtresse, puis l'apparition des Mèdes et des Perses, et celle même de Cyrus. Le premier groupe est presque en entier du vrrre siècle, le second du vit, et mis au compte d’un nabi que nous sommes obli- gés d’appeler Isaïe 11. Les nabis eux-mêmes se divisent en : 19, nabis de l’époque classique ou syro-assyrienne : Joël, Amos, Oschéa, Zekaria rer, Eschaya 17, Mika, Zephania, Nahoum, celui-ci ayant vu cependant les premiers coups portés à Ninive ; 20, nabis de l’époque chaldéenne (700-736) apparaissant après la chute de Ninive : Irmia (Jérémie), Zekaria 11, Habaqouq, Jehezqel, témoins de la captivité; 3°, nabis de la période perse : Haggaï (Aggie), Zekaria 1x, Malëaki.

LES NABIS. — ESCHAYA I. — MIKAYA. 29

nations, ses vassales, changeant leurs épées en socs de charrues et leurs lances en faucilles 1. Tel est l’idéal merveilleux décrit par Eschaya.

Mikaya (qui est comme lahvé, Michée), de la même époque et sans doute disciple d’Eschaya, chantele même radieux avenir : Ierouschalaïm, reine des villes, régie par le même roi à la fois victorieux et pacifique. C’est de Beth-léhem-Éphrata que doit s ’élancer,comme David, le futur maître d’Israël :

De toi, Beth-léhem-Éphratba,

Le plus petit des bourgs d’Iehouda,

De toi sortira celui qui doit régir Israël... ?

À la fin des jours, la montagne du temple d’Iahvé Sera établie à la tête des montagnes.

Plus élevée sera-t-elle que [toutes] les collines,

Vers elle les peuples couleront [comme des torrents].

Les nations se metlront en marche, innombrables.

Elles diront: « Allons, montons à la montagne d’'Iahvé, Aw temple de l'Élohim d'Iagob,

Pour qu’il nous enseigne ses voies,

Et que nous marchions dans ses sentiers. »

Car de Zion sortira la Thora,

Et la parole d'Tahvé d'Terouschalaim.

Il prononcera entre des peuples innombrables ;

Et aux nations puissantes les plus lointaines il dictera des lois. Elles forgeront leurs épées en charrues,

Et leurs lances en faucilles.

Une nation n’élevera plus l'épée contre une autre nation, Et elles ne sauront plus la guerre.

Chacun s’assoira sous sa vigne

Et sous son figuier sans rien qui l’effraye.

N’a-t-il pas, Mikaya, emprunté à Eschaya tous les traits dont celui-ci dépeint la future époque messia-

DNES, XXX VII 2 Ta 2.sMGeh:, x, = 1v4.

nique? À ce moment, le prophétisme, avec sa prédication et ses rêves, se concentre dans Iehouda. Mikaya était de Morescheth-Gath, au sud-ouest d’Ierouschalaïm.

L'idéal qui se levait alors dans la conscience d’Israël et qui allait y briller éternellement, un autre nabi du même temps, Zekaria 1°", l’a également perçu :

Tressaille, s'écrie celui-ci, fille de Zion,

Aie la clameur de joie, fille d’Terouschalaïm. Voici que ton roi entre dans tes murs,

Juste et victorieux.

Il est humble et chevauchant sur un dne, Et sur un poulain, fils des dnesses \.

Moins vive et moins complète que celle d’Eschaya et de Mikaya, est la perception de Zekaria I. Il a décrit moins largement l'idéal messianique, dont la race juive doit vivre jusqu’à la fin. Cependant il a bien marqué, en traits saisissants, ce roi, ce bien-aimé qu’'Israël appelle encore, avec des accents si pathétiques, chaque vendredi soir, dans ses synagogues, à la prière de l’entrée du Schabbath : « Viens, ô mon bien-aimé, vers la fiancée?! »

Comme Schemouël et Elischa, Eschaya fut à la tête d’une école de prophètes. Mais combien ses disciples sont loin de ressembler à ceux du dernier schofète d'Israël et du rude adversaire d’Izébel ! A la musique et au service divin s’employaient les nabis rangés sous la discipline de Schemouël. Conserver le culte pur, écarter Baal et Aschtoreth, telle était la préoccupation des disciples d’Elischa. Avec quelle âpreté ceux-ci accomplissaient leur mission, c’est ce que nous révèlent tous les traits qui les concernent. Eschaya a, près de

1, Zacharie, 1X, 9 et suiv.

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