Josèphe, Guerre juive, IV, 11, 2 AIbides2 IN tTIr
Une grande espérance animait Ierouschalaïm, peuplée et vivante comme elle ne lavait jamais été. De merveilleuses clartés illuminaient pour tous le présent et l'avenir. On croyait à la proximité du royaume de Dieu : « Ayons la ceinture serrée sur les reins et les lampes allumées, se disait-on, car le fils de l’homme ne tardera pas à veniri.» A la veille du monstrueux égorgement, on poussait l'illusion jusqu’à se préparer au banquet messianique.
Dans son enceinte, [erouschalaïim comprenait les deux faubourgs de Beth-Hiné (Béthanie) et de Bethphagé. La cité elle-même se divisait en quatre quartiers: la ville haute ou Zion, la plus riche partie de la capitale des Iehoudites ; la cité basse (Akra), bâtie en forme de demi-lune, montrant le palais des Haschmonides, un second palais d'Hérodès, celui de la reine Hélène, un théâtre, la maison du conseil, les archives qu'avait déjà ravagées le premier mouvement révolutionnaire.
Au nord de la cité basse, c'était le faubourg de Bézétha, dont Agrippa I** avait entamé la construction.
Au nord-ouest, l’Hiéron et la forteresse Antonia, séparés de Bézétha par de profonds fossés, formaient comme une ville particulière. L’Ophla surgissait, au sud du temple, avec le palais de la princesse adiabénite Grapté.
De trois côtés, sud, est et ouest, la ville était couverte par ses collines.
Plus accessible, le nord avait cependant, pour le protéger, une triple ligne de circonvallation. Dans la muraille en zigzag de Bézétha paraissait une tour, celle de Pséphinos, que l’on apercevait du pays d’au delà; on voyait aussi, dans cette première enceinte, une autre tour qui s'appelait Tour des Femmes. La deuxième ligne de murs, enfermant la cité basse, comptait quatorze tours. La muraille intérieure, la
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plus ancienne et la plus haute, avait soixante tours, dont les trois plus célèbres, élevées par Hérodès, se nommaient Hippikos, Mariamna et Phasaël. Elles possédaient des habitations avec des citernes.
Le temple lui-même, sur sa colline, n’était-il pas une forteresse imposante, dont Pompéius avait éprouvé la puissance ?
Ainsi défendue, Ierouschalaïm pourra résister cinq mois aux formidables engins de siège des Romains.
De plus en plus submergée par la conquête, la ville sainte s’isolait du reste de la terre et ressemblait presque à une île dressant sa tête au-dessus des flots.
En effet, malgré trois hommes intrépides, Iohanan PEssénien, Silas de la Pérée et le Babylonien Niger, Aschqlon resta aux mains d’Antonius, qui triompha de l’impétuosité désordonnée des bandes de qannaïtes.
La Pérée elle-r1ême, ayant son point d'appui à Iaëzér, n’allait pas tarder à devenir la proie des Romains.
Seuls se tiendront encore debout, avec Ierouschalaïm, quelques châteaux-forts, tels que Massada, commandé par Eléasar bén-laïr et qui était comme la ville sainte des sicaires.
Les redoutables bandes armées du poignard avaient fait une recrue: Schimeôn bar-Giora , né au bourg de Gérasa, se distinguant par sa force core et par cette audace qui ne l’abandonna qu'avec la vie. L’'Akkrabatène fut d’abord le théâtre de ses exploits et de ses dévastations.
Ennemis de bar-Giora, les qannaïtes envoyèrent d’Ierouschalaïm contre Massada une troupe que défit le chef de bandes.
Avec vingt mille hommes, il assiégea l’Idumée, lui enlevant tout l'espoir même des récoltes prochaines 1,
Inquiétés par les sicaires comme par les Romains, tous ceux de la Palestine s’amoncelaient dans Ierouschalaïm.