Ibid,, IV, 1v
GUERRE JUIVE. — JIEROUSCHALAÏM. 419
que Hanan avait contre eux ameuté le peuple, se répandirent par les rues, y faisant couler le sang. Après une lutte terrible entre les citoyens que conduisait Hanan et les révolutionnaires, ceux-ci durent rentrer dans le temple et s’y mettre à l’abri des assauts sanglants. :
Sur les conseils d’Iohanan de Giskhala, Éléasar bèn- Schimeôn et Zekaria bèn-Phaleg, d'accord avec les qgannaïtes, appelèrent au secours de la métropole, menacée, disaient-ils, de trahison, les Iduméens, gens avides de mouvement, tumultueux, allant au combat comme à une fête, et qui accoururent au nombre de vingt mille.
Averti à temps, Hanan fit fermer les portes de la ville; et, du haut d’une tour, Ieschou bèn-Gamala tenta de démontrer aux bandes de l’Idumée la folie de leur entreprise. Accroître les dissensions intestines d’Ierouschalaïm et prêter main-forte à des scélérats, était-ce donc, leur disait Ieschou , travailler au salut de la ville sainte?
Mais, irrités d’être ainsi consignés sous les murs de la cité, les Iduméens déclarèrent qu’ils n’en bougeraient pas. Une nuit, au milieu d’une affreuse tempête, une troupe de qannaïtes, descendant furtivement les pentes de l’Hiéron, alla ouvrir une porte de la ville a la horde de l’Idumée. Aux éclats de la foudre, aux horribles lueurs des éclairs, on se battit dans les rues d’Ierouschalaim. Les cris des combattants, les hurlements des femmes, se mêlaient au tumulte des éléments. Ce fut le pillage et l’égorgement de la ville par les bandes iduméennes, qui recherchaient surtout, pour les tuer, les membres des familles pontificales. Et contre la coutume juive, si soigneuse même des suppliciés, ils laissaient les cadavres sans sépulture. Hanan et Ieschou furent du nombre des percés 1 (Adar, févriermars 68). La victoire était aux qannaïtes.
1, Josèphe, Guerre juive, IV, v.
Après cette première boucherie dans les ténèbres, le massacre recommença. On frappa les gens du peuple et environ douze mille nobles jeunes hommes. La terreur était si profonde que ni les parents ni les amis n’osaient pleurer ni même ensevelir leurs morts.
Maîtres d’Ierouschalaïm, les qannaïtes formèrent, semble-t-il, un nouveau synhédrion, composé comme l’ancien de soixante-dix membres. Ce que devint Schimeën bèn-Gamliel, dont la vie toutefois fut épargnée, rien ne le révèle. Sans disparaitre de ce op il disparaît POHIAICIERERE de l’histoire juive.
Cependant, n’ayant pas tiré de leur expédition tout le profit qu’ils en attendaient, les Iduméens se retirèrent en manifestant leur hostilité aux qgannaïtes et après avoir ouvert les prisons 1.
Les patriotes, délivrés de leurs alliés, continuèrent à rechercher leurs ennemis, à frapper même les suspects, et jusqu’à cet Iosèph bèn-Gorion , gouverneur de la ville, un des promoteurs de la révolution. Un héros, Niger, eut beau montrer les cicatrices des blessures qu’il avait reçues en combattant contre les Romains, il fut traîné par la ville et massacré.
Iohanan de Giskhala, éclipsé dans les premiers moments, se fit soutenir des fuyards galiléens et prit en main le commandement des qannaïtes. A la fois habile et résolu, il était fait pour conduire le parti en cette heure de crise. Ecrivant son histoire dans le camp de Vespasianus, d’après les récits des transfuges et sous le coup de ses ressentiments personnels, Josèphe a chargé la mémoire d’Iohanan, qu’il représente comme un brigand.
Les Romains laissaient Ierouschalaïm se dévorer ellemême. En effet, pendant l’hiver de 67-68, l’armée de Vespasianus se reposa dans ses quartiers. Au printemps, les Romains s’adressèrent d’abord à Iaëzer, point central de la Pérée. Là, le peuple avait tué le chef du