LL PROS EYE
PÉQAH. — L'INVASION D’IEHOUDA. 33
Dans Ierouschalaïm, un parti opposé à la maison de David avait des intelligences avec les coalisés. Ceux-ci traînaient dans leurs rangs un fantôme de roi qu’ils voulaient poser sur le trône de David, Azria-bèn-Tabel1.
Ils avaient compté sans le peuple d’Ierouschalaïm, attaché à la famille de David, et sans les chanteurs et les nabis, qui étaient pour elle. Les poètes de la grande ville s’élèvent contre Ephraïm et contre Schilo, qui n’ont pas su garder la barque d’alliance :
Tahvé a pris en dégoût la tente d'Iosepn, Et la tribu d' Épbr aim il n’a pas choisie.
Mais il a choisi la tribu d’Iehouda,
C’est la montagne de Zion qu'il aime. ?
Excité par les nabis, le peuple d’Ierouschalaïm se rangea autour de la famille élue par Iahvé, repoussant à la fois Éphraïm et Bèn-Tabel.
Péqah d'Israël et Rezin de Damesseq, rencontrant dans Ja ville sainte une résistance désespérée, s’éloignèrent par le sud-est. Passant au sud de Âa Mer- Morte, ils gagnèrent EÉdom, vassal d’Iehouda et par là même leur allié naturel. Édom avait alors pour roi Kamosch-Molok 3, Avec son aide, ils prirent le beau port juif d’Ailath, sur la Mer- Rouge, où finirent par s’installer les Édomites, Ce fut sans doute le prix de leur union avec Rezin et Péqah.
Après cette conquête, les alliés songèrent à l’invasion d’Iehouda, Édom se jeta sur le sud, pendant
1. Azria est nommé dans les inscriptions de Touklat abalasar. W. 4. I, 111, pl. 9. Aventurier heureux, Azria fut engagé dans une lutte de la Syrie contre le grand roi.
UPS, 78
3. W. A. I., 11, pl. 67. — Ménant, Annales des rois d’Assyrie, p. 144. Pour les inscriptions de Touklat-abal-asar 1, et les renseignements qu’elles fournissent sur l’histoire des Juifs : Smith, Assyrian Discoveries, p. 253 à 287.
Te J $
qu’au nord-ouest les Pelischtim s’emparaïent de Beth- Schémesch, d’Aïalon, de Guedéroth, de Soko,de Timna et de Gimzo. Réunissant enfin toutes leurs forces, Rezin, Péqah et leurs nouveañx amis vinrent entourer Terouschalaïm.
Ceinte de toutes parts, la ville fut prise d’une grande angoisse. Les cœurs y étaient tremblants comme les arbres d’une forêt secoués par le vent.
Ahaz ne vit qu’un moyen d’échapper à cette foule armée et terrible dont il était environné, c'était d’appeler à son aide le grand roi Touklat-abal-asar II.
A cette alliance s’opposait la politique éclairée d’Eschaya. Près du réservoir qui s’étendait au nordouest de la ville, il se présenta avec son fils, Schéar Iaschoub (le reste reviendra), et peut-être sa femme, devant le roi, et lui promit, de la part d’Iahvé, la victoire contre Rezin de Damesseq et Péqah d'Israël. Mais il fallait, pour obtenir ce résultat, mettre uniquement sa confiance dans l’Elohim d’Iehouda.
« Demande, dit encore Iahvé à Ahaz par l’entremise du prophète, demande un signe terrestre ou céleste » (qui te prouvera la vérité de ce que j’avance). Abaz, ayant refusé de tenter IJahvé, son Elohim, le nabi s’écria : « Cette femme-ci, qui est enceinte, enfantera un fils dont le nom sera Immanou-El (Dieu avec nous)... et, bien avant que le nouveau-né sache faire la distinction du bien et du mal, tu auras ravagé le pays dont les deux rois t’épouvantent. Puis, après cette catastrophe, Iahvé fera fondre sur toi, sur ton peuple et sur la maison de ton père, des temps tels qu’on n’en a pas vu depuis le jour où Ephraïm s’est séparé d’Iehouda 1 »,
Iehouda, en effet, n’était-il pas destiné à voir des temps effroyables ?” En appelant l’Assyrie, le roi ne provoquait-il pas l’empire rival, Mizraïm ? Le royaume de David allait fatalement servir de champ de bataille
TO CESS EVIL.
AHAZ D'IEHOUDA. — PÉQAH D'ISRAEL 3$
aux masses d'Égypte et d’Assour. « Iahvé appellera la mouche qui foisonne sur les bords du fleuve de Mizraïm, et l’abeille du pays d’Assour. Elles viendront, s’abattant dans les vallées, dans les fentes des rochers, sur tous les buissons, dans tous les trous... Ce pays tout entier ne sera que ronce et épine...1 »
Peu touché de ces terribles prévisions d’Eschaya, le roi ne songea qu'a se délivrer du péril actuel qui l’étreignait si violemment, et il envoya au roi d’Assyrie des présents tirés du trésor du temple et du trésor royal. Alors Touklat-abal-asar se jette sur Damesseq, ce qui oblige Rezin à laisser le siège d’Ierouschalaïm, Péqah seul reprend le chemin de Schomron. Ainsi se brisa la ceinture qui pressait la ville de David.
La riante Damesseq, enlevée d’assaut, vit sa beauté profanée par le vainqueur. Touklat-abal-asar, inflexible, fit de la ville charmante un amas de ruines 2. Quant aux habitants de Damesseq, le farouche roi d’Assyrie les déporta loin de leurs belles montagnes. Cette ville devint une cité assyrienne, et le vieux pays d’Aram, prenant le nom du pays conquérant, s’appela, par abréviation, Syrie.
Poursuivant Rezin qui lui avait échappé, le sar le rejoignit dans les montagnes, s’empara de lui, le tua avec ses huit cents compagnons, et mit la main sur ses trésors 3.
De Damesseq, Touklat-abal-asar se jeta sur les pays voisins, qui étaient entrés dans la ligue formée contre lui. Djébal avec son roi Sibit-Bel, Moab gouverné par Salamanou, Ammon qui avait pour roi Sanipar, Aschqlon dont le chef s’appelait Mitinti, Edom conduit par Kamosch-Molok, durent lui envoyer de l’or, de l’argent, du fer, des tissus de laine, des chevaux #.