GUERRE JUIVE SOUS HADRIANUS
mais portant l’âme fougueuse d’un zélote!. Béthoulie ou Beth-Eloah (la maison de Dieu), attaquée par les gentils et siège du patriotisme juif, c’est bien, semble-t-il, Bether, aujourd’hui Bittir, à deux lieues et demie d’Ierouschalaïm?.
D'abord petit village, assis près d’une source et dominé par une acropole, le bourg, si célèbre dans la dernière guerre juive, avait vu affluer, après l’an 70, une foule de fugitifs, qui fondèrent là des synagogues et des écoles. Des maisons s'étaient étagées sur l’âpre coliine. À peu de distance de Lydda et d’Iabné, Bettir était devenue, non la capitale théologique d’Israël, mais son camp retranché. Elle apparaissait de loin aux regards, sur son escarpement, comme le suprême boulevard. Ce fut là tout naturellement que l’effrayant aggadiste plaça son héroïne Iohoudith et lui fit accomplir la délivrance d’Israël et le décollement d'Holopherne.
L'an 132, éclata comme une éruption volcanique
arévolte dont l'issue devait être l’anéantissement final de la Judée.
L'histoire en est difficile à retracer. Les textes d’origine thalmudique la dépeignent, en effet, selon un modèle convenu, la représentant toute semblable au premier soulèvement de l’an 66.
C’est Dion et Eusèbe qu’il faut consulter de préférence pour avoir des clartés sur la guerre de l’an 132, Le dernier, reproduisant les événements d’après un contemporain, Ariston de Pella, garde une grande s0-
‘ briété dans sa Chronique, se laissant entraîner ailleurs aux imaginations thalmudiques.
Monceau de ruines, gardé par la X° légion Fretensis, avec quelques femmes et quelques vieillards
1. Renan, Les Évangiles, p. 29. — (2) Volkmar, Handbuch der Enleilung in die Apocryphen, 1e part, Judith. Tubingen, 1860, p. 56 et suiv., croit que Lucius Quietus, le féroce préteur, est peint sous les traits d'Holopherne.
2, Guérin, Description de la Palestine, La Judée, t. 1,385.