Berakoth.— L'idée égyptienne de la seconde mort sur le
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Extraordinaire comme sa vie, la mort du grand halakiste laissa, dans le monde juif, un vide effrayant. D’après une tradition, quelques-uns de ses disciples, s’emparant de son corps, l’allèrent coucher dans ce pays de fraîches eaux et de doux gazons qui s’appelait Antipatris.
Bar-Kokba paya de sa vie sa mission avortée. Irrités contre lui parce qu’il avait faussement fait briller à leurs yeux les temps messianiques, les Juifs lui enlevèrent son nom de lEtoile, lui restituant celui de bar-Koziba. Ils rattachaient Koziba à la racine Kazab, mensonge,
Ainsi croula dans le sang la dernière espérance d'Israël.
Avant d’expirer dans les tortures, R. Akiba avait commencé de colliger et d’ordonner les préceptes de la loi orale, les halakoth ou décisions, sous la masse desquelles fléchissaient les plus fermes esprits d’Israël Onignore s’il écrivit son œuvre ou la livra seulement à la mémoire de ses disciples.
Reprise, après la guerre, dans les écoles de Galilée, à Sepphoris et à Tibérias, l’œuvre élaborée déjà par les tanaïtes d’Iabné fut conduite à son achèvement vers la fin du ri siècle. Il y eut, écrite en hébreu mais avec des mots et des formes nouveaux, la Mischna (deuxième loi) de R. Iehouda. C’est un recueil de décisions, un code mieux même que ce Pentateuque où les préceptes sont mêlés de récits et de nombreuses exhortations morales.
Toutefois la Mischna elle-même semblait inviter les docteurs à ne point arrêter. leur travail, Dans la masse des traditions, R. Iehouda en avait fatalement omis quelques-unes, On colligea les baraïtas ou préceptes exclus sous le nom de Tosephta (addition).
Comprenant toutes les décisions, quelquefois contra-
billot infernal, semble, vers la fin, avoir pénétré dans Le dogme d'Israël.
dictoires, des anciens maîtres, la Mischna fournissait une abondante matière à la discussion. Les rabbins de Tibérias s’employèrent de leur mieux à en profiter. On les appela généralement amoraïm (interprètes), et le fruit de leur travail guémara (supplément).
Il semble que vers la fin du rv° siècle fut achevé le Thalmud de Jérusalem, composé de la Mischna de R. Iehouda et de la Guémara, œuvre des docteurs de Sepphoris, de Tibérias et de Lydda.
Les grandes communautés babyloniennes, les florissantes écoles juives de Nahardeä, de Sura, de Pumbeditha, eurent aussi leur élucidation de la Mischna. Les innombrables sentences des docteurs babyloniens furent en grande partie colligées et arrangées par Aschi ou Rabbana (notre maître, 350-430). Vers l'an 499, le Thalmud Babli (de Babylone), avec la Mischna de R. Iehouda et Jes explications des docteurs de V'Euphrate, apparaît comme une œuvre close, pour laquelle on n’admet plus d’additions. Les deux guémaras sont écrites dans un chaldéen corrompu, surtout la Guémara de Jérusalem.
Le temple détruit, Ierouschalaïm absente, la dispersion juive s’est groupée autour de son Thalmud quia pour elle tout remplacé, Semée à tous les coins du globe comme le sable emporté par le vent, Israël a gardé un point de ralliement aussi sacré que l’ancien Hiéron. D’autres peuples lui ont emprunté sa Bible et lisent ses nabis ; mais son Thalmud est uniquement à lui. C’est à ce rouleau, tout plein des noms et des décisions de ses halakistes, qu’il doit, au milieu d’une si étonnante dispersion, sa prodigieuse unité. Ce recueil sec, austère, où paraissent tant de subtils raisonnements, c’est ce qui tient debout, au milieu de civilisations si diverses, le peuple d’Israël. Sen Thalmud, du reste, c’est bien la parfaite expression de lui-même. Qu'on prenne l’Israélite le plus façonné en apparence à la vie moderne, on ne tardera pas à découvrir en lui quelque peu des vieux halakistes d'Iabné, Il y a dans le Juif, même au xix° siècle,
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V’esprit de R. Éliéser, de R. Tarphon et de R. Agiba.
Rien de plus plongé dans l'illusion que l’ethnographe confondant ensemble, dans un groupe unique, tous les Sémites. Israël est un peuple à part, d’une forme d’esprit tout étrange, coulé dans le moule de la Kabbale et du Thalmud, et s’y étant, pendant des siècles, façonné pour l’éternité.