IL Rois, xvr
AHAZ. — TOUKLAT-ABAL-ASAR. 27
ment, où il fit fumer l’holocauste et répandit les libations. Il déclara au grand-prêtre, qui ne semble pas avoir eu grand souci de la loi, que désormais l’autel assyrien appartiendrait au cohène, tandis que lui, le roi, se réservait celui d’airain. À tous les ordres du roi obéit ponctuellement le jeune et débile grandprêtre. Détachant la mer d’airain des grands bœufs sur lesquels elle reposait, il l’étendit sur des pierres f.
Ahaz n'était qu’a ses débuts. Il poussa fort loin la manie d’assyrianiser, introduisant à Ierouschalaïm le culte du soleil, de la lune et des planètes. A l’entrée du temple, il paraît avoir placé le disque solaire rayonnant. Il avait des chevaux avec des chars consacrés au soleil, et qui se tenaient près de l’avant-cour du temple, sous la tente de l’eunuque Nathan-Molok. Dans les grandes processions, ces beaux attelages devaient faire l'admiration des gens d’Ierouschalaïm. Ahaz, selon la coutume babylonienne, fit encore dresser, sur les toits de son palais, des zigourrats aux planètes. Selon la mode du grand empire, il plaça aussi près de son palais un cadran solaire, auquel il donna son nom. Il ne rejetait pas pour cela les rites kananéens. Dans la belle vallée de Hinnom, fertile et arrosée par la fontaine de Siloa, il alla jusqu’à élever un bûcher, où monta son propre fils, qui fut dévoré par les flammes. Jamais, en Israël, pareille fureur ne s'était vue. Sur les hauteurs se dressaient les pieux de Baal 2,
Placé sous le vasselage de Touklat-abal-asar, assyrianisant dans Ierouschalaïm, Ahaz pensait sans doute faire œuvre de profond politique. Damesseq et Schomron écrasés, qu’avait-il désormais à craindre?
Sans doute il essayait de faire partager à la masse du peuple la confiance dont il était plein lui-même. Mais, plus prévoyant, le nabi Eschaya tentait d'éclairer cette