IT Rois, XXII
fausse sécurité et de montrer que le grand péril était précisément la où l’on puisait cette assurance aveugle. C'était Assour qui devenait dans l'avenir la grande menace pour Iehouda, Il ne fallait pas trop battre des mains devant les flammes qui avaient dévoré Damesseq et les villes d'Israël. N’allaient-elles pas bientôt s’étendre et s'emparer des villes mêmes d’Iehouda ? Assour lui-même prend une voix pour le nabi, et, ministre des colères divines, s’adresse ainsi aux habitants du royaume de David :
N'en a-t-il pas été de Kalno comme de Karkémisch ?
De Hamath comme d’Arpad ?
De Schomron comme de Damesseq ?
Comme ma main a trouvé ces royaumes aux Élohim impuissants, Ainsi je trouverai les sculptures d’'Terouschalaim comme de Schom- Ce que j'ai fait à Schomron et à ses Élohim, [ron. Je le ferai à Ierouschalaïim et à ses cippes 1.
Mais ce regard prévoyant d’Eschaya, qui s’étendait à l’avenir, déplaisait au faible Ahaz, tout absorbé par le présent et chez qui le goût d’assyrianiser semble avoir dégénéré en une passion aussi puérile que folle. Mikaya, disciple d’Eschaya, dont il semble partager toutes les vues, tâche aussi de faire entrevoir combien Assour, le conquérant, le plus grand chasseur d’hommes et de pays qui fut jamais, est redoutable pour Iehouda, Il broiera un jour sousses pas Ierouschalaïm, commeil a fait de Damesseq et de Schomron, et en déportera les habitants.
Zion, comme un champ, sera labouré [s’écrie le nabi], Terouschalaim sera une ruine, Et la montagne du temple une hauteur boisée... Maintenant, pourquoi ces cris de douleur ? N'as-tu pas de roi?
A-t-il péri, ton soutien, Pour que la terreur s'empare de toi, Comme d'une femme en enfantement ?