‹ Histoire d'IsraelChapitre 39 sur 311 · En assyrien, tourtanou · texte numérisé non relu

En assyrien, tourtanou

chef des eunuques, et le rabschagé ou chef d’étatmajor. Le soin du sar semble avoir été de provoquer à la révolte le parti contraire aux nabis, et d’exciter les murmures du peuple.

En proie à la famine, accroupis comme des spectres sur les murs de leur ville, réduits à manger leurs excréments et à boire leur urine, travaillés par un parti antinational, les Juifs étaient bien près de céder. Le rabschadé leur criait de la part de son maître : « Faites avec moi votre paix... Alors chacun de vous pourra manger de son figuier et boire de sa citerne, jusqu’à ce que je vienne, et que je vous emporte dans une terre semblable à la vôtre, une terre de froment et de vin nouveau, un pays de pain et de vignobles, d'oliviers riches en huile, et de miel, où vous ne courrez pas le danger de mourir. Gardez-vous d’écouter Iehisqia, car il vous trompe en vous disant : « Iahvé nous sauvera. » Les Elohim des nations ont-ils sauvé leurs pays du roi d’Assour ? » En vain Eliaqim, Sebna et Ioä le suppliaient-ils, pour ne pas déranger les gens du rempart, de leur parler en araméen ; il continuait de crier en hébreu, de manière à être entendu

de tous, les paroles les plus propres à faire tomber.

le courage des assiégés.

De Lakisch, le sar s'était transporté en personne au siège de Libna ou Péluse d'Egypte, à l’embouchure orientale du Nil, distante de 260 kilomètres de Lakisch 1. De la, il essaya d’intimider encore Iehisqia lui-même. La lettre qu’il lui adressa était pleine d’injures contre Iahvé, dont il se riait comme d’un dieu sans puissance. Monté au temple, le roi pria l’'Elohim d’Israël de confondre l’insolence du roi d’Assour. En même temps, le parti des prophètes s’agitait et em-

1. Oppert, Mémoire, etc., p. 34-36. — Hérodote II, c. xzr. Sur le siège et la prise de Lakisch, voir en même temps qu'Oppert, Mémoire..…, Layatd, Monuments of N'eineveh, seconde série, Pl xx=xxIV, ete del 1 RS

IEHISQIA ET IN-AKHI-IRIB 53

plissait d’espoir les imaginations populaires. Les bandes laissées en Palestine, par Sin-akhi-irib, suffisaient à entourer Ierouschalaïm. « Quant à lui, dit le sar dans l'inscription du prisme de Taylor en parlant d’Iehisqia, je l’enfermai dans sa capitale, comme un oiseau dans sa cage ». (700) 1

Cependant, grâce à un événement imprévu, les rues d’Ierouschalaïm ne furent pas foulées sous les pas d’Assour, L’immense armée assyrienne occupée devant Péluse dut reprendre la route de l’Euphrate, entraînant avec elle les détachements laissés dans la Palestine. L'auteur du Livre des Rois parle d’un ange exterminateur qui fit tomber en une nuit cent quatre-vingtcinq mille Assyriens 2, Sans doute, cet ange, dans le style apocalyptique, ce fut Ja peste de Péluse, qui sévit dans le camp de Sin-akhi-irib, et contraignit le grand roi de quitter le delta, aux funestes exhalaisons, qui menaçait de devenir le sépulcre de ses innombrables bandes.

Toutefois, à Ninoua, sa capitale, le sar emportait de riches tributs : trente kikars d’or, huit cents d’argent, des métaux, des pierreries, des perles, des bois précieux, des filles, des femmes du paiais, des esclaves des deux sexes 3, que lui avait livrés Iehisqia,

Quand, des hauteurs d’Ierouschalaïm, on vit les vallées voisines délivrées des nuées d’Assyriens qui les remplissaient, ce fut une joie délirante.

Élohim, voilà notre refuge et notre force, chaniaient les Qoras- [chides,

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