‹ Histoire d'IsraelChapitre 46 sur 311 · Layard, pl · texte numérisé non relu

Layard, pl

2. Dumichen, Historische Inschriften, pl. xLvirr, a. b. — Mclanges d'archéologie égyptienne, t. 1, p. 18. — J'ai retrouvé quatre cônes funéraires de Mentou-em-hat (E. Ledrain, monuments égyptiens de la Bibliothèque nationale, 3e fascicule).

viteur de Molok), Assour-akhi-idin s'était jeté su Gaza.

Ses lieutenants poussèrent même jusqu’à Ierouschalaïm, devant laquelle avaient échoué les bandes de Sin-akhi- irib, et dont le temple devait enfermer un riche trésor, Ce qui se passa en cette campagne, ni la Bible ni les textes assyriens ne le découvrent. Seulement, d’après les Chroniques, peut-être suspectes en cet endroit, Menasché, appelé Masnaki sur Pun des deux prismes d’Assour-akhi-idin, aurait été emmené, chargé de fers, à Babilou.

Le siège, qui eut pour terme la captivité de Menasché, n'aurait été en réalité qu’un léger épisode de la guerre d'Égypte. C'était comme en se jouant que le grand roi, sur son passage, enlevait, ou faisait prendre par ses lieutenants, des villes comme Gaza et Ierouschalaïm, dont il transplantait les habitants dans son grand empire.

Fatigué de ses triomphes, il rentrait dans le palais de Kalah, qu'il avait fait élever. Merveilleux édifice, avec un escalier monumental. On y pénétrait par un double portique, orné d’un triple rang de lions, parmi lesquels se dressaient deux sphinx assyriens Î.

Le petit roi des Juifs, enchaîné, tenait peu de place au milieu de ce monde colossal.

Comme ses prédécesseurs, Assour-akhi-idin avait le goût des violents déplacements de peuples. S'il amena

comme des troupeaux, dans son territoire, les gens de .

Zidon, il transplanta dés habitants de Babilou, de Kutha, de Sepharvaïm, dans le district de Schomron. Evénement gros de conséquences pour l'avenir d’Iehouda.

Les nouveaux venus, qui s’appelèrent Kuthéens ou Samaritains, se laissèrent aller aux coutumes des

d’Iaroboäm, Beth-el redevint un lieu sacré, où se ren-

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Israélites restés dans le pays. Comme aux jours +

MENASCHÉ. — AMON 61

daïent en pèlerinage les exilés kuthéens. Assour-akhiidin leur envoya, pour les instruire, un cohène déporté. Sans abandonner leurs dieux particuliers, ces étrangers adoraient Jahvé, VÉlohim de leur nouveau district. Ils avaient un roi, Abi-Baal, compté parmi les tributaires d’Assour-akhi-idin 1. est question de lions qui les tuaient. Peut-être faut-il entendre par là les rayons du soleil, aux ardeurs terribles, qui les empêchaient de se rendre pour adorer jusqu’au temple de David. Le lion est, on ne l’ignore pas, un symbole de l’astre, et dans tout mythe solaire fait son apparition,

Ce serait après avoir établi une colonie puissante, hostile à Iehouda, et l’isolant de la Phénicie, qu’Assourakhi-idin aurait laissé retourner à Ierouschalaïim ce faible Menasché si peu redoutable.

Broyé par le malheur, le roi d’Iehouda se remit aux mains des nabis et devint un des plus fermes soutiens d’Iahvé, dont il releva tout à fait l’autel dans le D Les bamoth subsistèrent, mais ne servirent qu’au culte de l’Elohim d’Iaqgob.

Sur les lèvres du roi repentant, on a mis une prière apocryphe, mais qui semble bien exprimer les sentiments de contrition dont il était oppressé.

Toutefois, malgré son retour, Menasché resta toujours odieux aux nabis. À sa mort (641), il ne fut pas enseveli dans Ir-David, comme ses ancêtres, mais à Millo, dans le jardin d’Ouzza, vraisemblablement sous quelque aschéra.

Son: fils Amon, qui lui succéda (Oro), n'avait que vingt-deux ans. Esprit obtus comme son père, il ressemblait aux derniers rejetons des races dégénérées. Avant de lui parvenir, le sang de David avait passé par bien des canaux quelquefois impurs. De son père a lui, on remarque même une certaine dégénérescence. Menasché, pour faire respecter ses ordres, savait en-

me 1, ur plré:

core déployer de l’énergie et verser le sang des rebelles. Dans Amon, la mollesse s’unit au manque d’intelligence. Il veut que règnent les cultes assyriens et kananéens, mais il laisse paisible celui d’Iahvé, et ne réprime point les nabis, comme avait fait son père dans les. jours de sa jeunesse. Il ne fit, du reste, que passer, comme une de ces ombres crépusculaires dont on se demande si en réalité on les a même entrevues. De: sa vie, le seul trait saillant fut sa mort. Son maire du palais conjuré avec les grands, l’égorgea dans sa demeure,

A cet adolescent, qui paraît avoir eu la grâce efféminée dont sont marqués les fils des vieilles races abâtardies, le peuple juif portait un singulier amour. Il massacra ses meurtriers, et à sa place proclame son fils Joschiya, enfant de huit ans.

Le pâle et gracieux Amon s’étendit près de son père, dans le jardin parfumé d'Ouzza. Les deux amants d’Aschthoreth et de Mylitta étaient bien Ja pour dormir, dans ce paradis plein de fleurs et de chansons.

Sous la minorité d’Ioschiya, la violence et l’iniquité furent maîtresses dans Ierouschalaïm. De la ville sainte, à cette époque, le nabi Zephania (Sophonie) nous a tracé un sombre tableau :

Ses sars sont des hions rugissants;

Ses juges, des loups du soir

Qui ne se réservent rien pour le malin.

Ses nabis sont des emportés et des imposteurs. Ses cohènes détruisent le sanctuaire,

Ef violent la Thora1.

En face de cet état lamentable, Zephania, écho affaibli des nabis précédents, fait surgir l'idéal messianique qui est dans la conscience d'Israël.

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