I10OSCHIYA. — IMITATION DE L'ÉGYPTE
A ce temps, il semble que sur la manie d’assyrianiser ce fut celle d’imiter l'Egypte qui prévalut. Celle-ci était dans une radieuse expansion d’art et d'idées. C'était l’époque où Psamétik (xxvi® dynastie) s’était installé à Saïs, la ville de Neith, et où l’art égyptien, se dépouillant un peu de la raideur grandiose des premiers temps, prenait des formes plus flottantes et plus exquises. Il s’attendrissait déjà aux rayons de Ja Grèce, sa fille. La statuette funéraire elle-même, si rude aux époques précédentes, va jusqu’à revêtir, à l’époque saïte, un certain charme.
Psamétik étend sa domination sur la Philistie et conquiert Aschdod. Alors les objets de Mizraïm arrivent en Israël. Ce peuple, à qui les images d’Iahvé étaient interdites, porte sur lui, comme ornements ou comme amulettes, des médailles avec des dieux égyptiens; l’une représente Horus, (Et sortant du lis printanier 1.
A l'entrée même D eidoechaties sa un autel en l’honneur du bouc de Mendès.
Toutefois, le parti d’Iahvé ne fut pas noyé dans le sang, comme sous Menasché. Aussi le nombre des anavites augmenta-t-il.
Il se dressa même des nabis d’un tempérament plus vigoureux, d’une parole plus enflammée. Parmi eux se distingua Zephania, Ierouschalymite de grande naissance 2. L’imitation inconsidérée des peuples voisins l’exaspère. Les sars et les fils de roi qui revêtent un habit étranger, rendront à lahvé, il le déclare, un compte terrible.
Prêtant l'oreille, le nabi entend dans le lointain les pas sourds et précipités des masses qui s’avancent contre les pays de Schem. Elles marchent sur Ninive. Aussi Zephania chante-t-il :
1, Voir E, Ledrain, Egyplo-Semitica, dans la Gazetle archéologique de 1879.