‹ Histoire d'IsraelChapitre 49 sur 311 · Zephania, 11, 13 à fin · texte numérisé non relu

Zephania, 11, 13 à fin

IOSCHIYA ET LE NAB!I IRMIA, 6$

rienne Mylitta. Elle ravagea encore Iehouda, pillant les troupeaux, incendiant les villes et les bourgs. Ce fut sans doute en leur jetant aussi des trésors pour les apaiser qu’Ioschiya (Josias) préserva Ierouschalaïm.

A peine Ioschiya eut-il la libre disposition de ses actes, que les nabis s’emparèrent de lui. C'était une pature pieuse, qui était née pour leur appartenir. Son premier soin fut de rétablir le culte d’Iahvé. En même temps il réparait les’ portiques et les bastions du temple, pleins de crevasses et menaçant ruine. Aux ornements de la maison sainte, détériorés, il voulut redonner leur fraïcheur. Il convoqua les aharonides et les lévites dispersés, les chargeant de restaurer à Ja fois le temple et le culte pur,

À leur tête Ioschiya plaça le grand-prêtre Hilqia, fils de Schalloum, dont la famille était demeurée vierge d’idolâtrie. Rude fut le labeur du cohène-hagadol. Ce pays avait été tellement appauvri par le passage des Scythes, qu’il était difficile d’en obtenir, pour les réparations du temple, des subventions volontaires. Des lévites portiers durent aller quêter de maison en maison.

Ioschiya, à restaurer le temple, avait été excité par les prédications d’un jeune nabi. Né en 645$, dans la petite ville d’Anathoth, à une demi-licue au nord-est d’Ierouschalaïm, Irmia (Jérémie), fils de Hilqia, avait grandi dans une maison qui ne connaissait précisément ni la richesse ni la pauvreté. Son oncle, Schalloum, dont le fils était Hananiel, possédait un fonds de terre dans Anathoth.

C'était une âme tendre et mélancolique qu’Irmia, claire en même temps comme les fontaines. Ce qu’il a vu dans son enfance, la fausseté, la violence, la désertion de la loi, les consciences vendues, lui a donné sa teinte d’éternelle tristesse. Son sens reli-

TOTEROTS, XXIe DADTILNOZS, XXIE,) 4

rit ?

gieux, si droit et si inflexible, dû tant à sa nature qu’à la méditation des vieux prophètes, change à certaines heures le sensible Irmia en un mur d’airain, en une colonne de fer, contre les rois d’Iehouda, les sars, les prêtres et le peuple.

S’adressant à la masse, Irmia n’a pas le style merveilleux d’Eschaya. Celui-ci est un aristocrate, un délicat, ne visant guère dans ses prophéties que les hommes en état de le comprendre, mais jamais la plèbe. Irmia est plus abrupt, et dédaigne moins la rhétorique usée, mais qui risque toujours de produire son effet sur les imaginations populaires. Cependant, tout inférieur qu’il soit à Eschaya, c’est encore un grand artiste. Il est surtout précieux par les renseignements qu’il fournit. Dans son livre se retrouvent tous les événements de l’époque où il a vécu.

Sur lui s’abat l’esprit prophétique vers l’an 628.

Son premier cri semble avoir été contre les nabis et les cohènes infidèles à Iahvé et dont la vue le remplit d'horreur.

Aux nabis : « Mon cœur se brise en moi; ils frémissent, tous mes os; je suis comme un homme ivre, comme un vaillant vaincu par le vin, devant Iahvé et ses paroles saintes : car le pays est rempli d’hommes adultères; c’est pour eux que cette terre est en deuil, et que sont désséchées les pâtures du désert. Leur abord est mauvais, et leur force c’est l'injustice. Aussi bien le nabi que le cohène sont souillés. Jusque dans mon temple je les trouve mauvais, parole d’Iahvé.. Chez les nabis de Schomron j’ai vu des inepties : ils prophétisent par Baal, et ils égarent mon peuple, Israël. Chez les nabis d’Ierouschalaïm j’ai vu des horreurs, Vadultère et la marche dans le mensonge; ils affermissent les mains des méchants... Ils sont tous pour moi comme Sedôm et comme ceux qui habitaient Gamora. C’est pourquoi Iahvé-Zebaoth a dit sur les

N.Jeren., D 18, 1E9e

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nabis : « Moi, je leur ferai manger de l’absinthe, et je les abreuverai de fiel, car des nabis d’Ierouschalaïm sortira la souillure pour tout le pays. »

En même temps, par les lèvres du nabi, Jahvé s'adresse à la nation, sa fiancée, qui l’a suivi dans le désert, dans un pays sans semence. De ces premières heures d'amour, le bien-aïimé a gardé un doux souvenir. Mais pourquoi la chérie l’a-t-elle quitté, et sur chaque colline, sous chaque arbre touffu, s’est-elle livrée à la prostitution? Elle a mis bas ses vêtements, dénoué sa ceinture, pour s’abandonner aux étrangers, à Assour et a Mizraïm. Au bord des chemins on l’a vu assise, guettant les passants.

Ces peintures vives, jointes à des menaces de prochains malheurs, portent leurs fruits. La famille de Schaphan se donne au parti des prophètes.

Par les discours d’Irmia, le roi Ioschiya lui-même est encouragé à rétablir le culte d’Iahvé. Il préposa à la restauration du temple Schaphan, Maasséïa, gouverneur de la ville, et Ioah, son chancelier 1, C'était à eux que le grand-prêtre devait remettre l’argent nécessaire pour acheter les matériaux de construction et payer les architectes. Alors Hilqia livra à Schaphan un-rouleau en disant : « J’ai trouvé dans le temple le livre de la Thora d’Iahvé. » Au roi Ioscniya, Schaphan communiqua le rouleau, qui devint le fondement de la réforme religieuse.

Nommé Mischné (répétition), ce livre était, semblet-il, le Deutéronome, qui se présente ainsi comme le premier des cinq livres du Pentateuque, colligé par le sacerdoce.

Belles pages, pleines de poésie, où les commandements (mizvoth), les préceptes (houkkim), les jugements (mischpatim) sont mêlés aux souvenirs historiques. Sans cesse Israël, tombé aux pieds des Kenaanites, y est rappelé à la grandeur de sa vocation.

1, M CON. KXXIVe

Le Deutéronome marque les principales qualités requises dans Je roi: ce ne doit point être un étranger; le trop grand nombre de chevaux et de femmes lui est interdit1; une fois dans sa vie, lors de son avènement au trône, il doit, de ses mains, copier Ja Thora. /

Se conformer à la loi, telle est Ja seule règle; il n’est pas nécessaire de l’aller chercher au ciel ni dans Ja mer : cette loi, Iahvé l’a donnée aux Aharonides, et Ja fait déposer dans le saint des saints près de la barque d'alliance. C’est elle qui interdit de faire passer les enfants par le feu, ainsi que toute alliance avec les Kenaanites.

Après avoir entendu la lecture de la Mischné que lui fit Schaphan, Ioschiya déchira ses vêtements et envoya plusieurs personnages, parmi Jesquels Hilqia et Schaphan, pour consulter la nabi Houlda. Iahvé devait être terriblement irrité contre Israël, qui avait tant violé sa loi. Sans doute la prophétesse indiquerait comment on pourrait éviter sa fureur.

Effrayante fut Ja réponse de Ja nabi, femme de Schalloum. « Parce qu’ils m’ont délaissé, s’écria Jahvé par les lèvres de Houlda, et qu'ils ont présenté la cassolette de parfum aux Elohim étrangers, ma fureur s’est versée sur ce lieu et ne s’éteindra pas... Cependant voici (ajouta la prophétesse), voici ce que vous direz au roi d’Iehouda, qui vous a envoyés : « Comme tu t'es humilié devant Elohim,... que tu as déchiré tes habits et as pleuré devant moi, je te réunirai à tes pères, tu seras joint à eux en paix dans leur sépulcre, sans que tes yeux voient le mal que j'amènerai sur ce lieu et sur ses habitants. »

Ayant appris les paroles de Houlda, le roi réunit tous les zeqgénim (anciens) avec les prêtres, les nabis et le peuple. Lui-même, d’une estrade où il était assis, dominait toute l'assemblée, On Jut la Mischné, après

ï. Deut,, XVII, 14, 20.

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