‹ Histoire d'IsraelChapitre 50 sur 311 · IOSCHIYA ET L’UNITÉ DU CULTE · texte numérisé non relu

IOSCHIYA ET L’UNITÉ DU CULTE

quoi le roi Ioschiya proclama solennellement l’alliance avec Jahvé1. :

Aussitôt, par son ordre, on détruisit tous les objets appartenant aux cultes étrangers.

Hilqia, le cohène-hagadol, les prêtres du second rang et les gardiens du temple arrachèrent de la maïison d’Iahvé le mobilier de Baal, celui d’Aschéra et de l’armée des cieux, et les firent flamber dans la vallée du Qidron. La cendre en fut portée a Beth-el.

Avec les bamoth disparurent aussi les prêtres qui y étaient attachés, et ceux qui faisaient fumer la cassolette de parfum devant Baal, devant le soleil, la lune, les douze signes du zodiaque et toute l'armée ‘des cieux.

De tous les objets étrangers le plus abominable c'était l’aschéra plantée dans le temple d’Iahvé. Brûlée dans la vallée du Qidron, on sema sa cendre sur les impurs sépulcres du vulgaire.

Dans le temple les pueri sacrés, pour qui les femmes d'’Ierouschalaïm tissaient de belles tentes, s'étaient installés. Le roi détruisit leurs cellules.

Il profana, dans la vallée de Ben-Hinnon, le topheth où l’on brûlait les enfants en l'honneur de Molok,

Défense fut faite de jamais ramener au temple, dans le logis de leunuque Nathan-Molok, les chevaux du soleil. Le char brillant de l’astre devint la proie des flammes.

Les zigurrats assyriens dressées sur la plate-forme du pavillon d’Ahaz, le roi les abattit, ainsi que les autels élevés par Menasché dans les deux cours du temple. Leur cendre fut jetée dans le ravin du Qidron.

Rien ne resta debout sur le mont de perdition (mont des Oliviers), de ce que Schelomo y avait construit pour Aschéra, Kamosch et Milkom. On répandit sur ces lieux, foulés par les charmantes con-

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cubines du fils de David et par les courtisanes sacrées, d’impurs ossements humains.

L’autel et le sanctuaire établis à Beth-el par Iarobeäm, furent mis en poudre. À Schomron, Ioschiya ne garda pas de ménagement.

On enleva les ossements des vieux morts qui dormaient près de Beth-el, pour les brûler sur l’autel où Jarobeäm, fils de Nabat, avait sacrifié au bœuf d’or. C'était la plus horrible profanation que l’on pût infliger aux os des morts et à la fois au sanctuaire de Bethel, On épargna la tombe des deux prophètes qui s'étaient couchés l’un près de l’autre pour dormir, aux jours d’Iarobeäm.

Sur les autels dispersés dans l’ancien royaume d’Israël, Ioschiya égorgea les prêtres, puis brüla leurs os. Effroyable réaction religieuse contre les cultes kananéens ! C'était avec du sang que l’on opérait cette centralisation définitive du culte, ordonnée par le Deutéronome.

Les vieux terafim furent proscrits ; les devins et les nécromanciens, chassés de tout le pays.

Après cette tournée sanglante dans Schomron, Ioschiya rentra dans Ierouschalaïm et ordonna une Pessah (Pâque) solennelle. On n’en avait pas vu de semblable depuis le temps des schofetim (621). De tous les coins du pays on se rendit à Ierouschalaïm pour y installer le nouveau culte.

Dorénavant Ierouschalaïm va devenir la ville des grands pèlerinages, la seule ville sainte où il soit permis d’adorer Iahvé 1.

1. Sur les différents endroits du culte, voir J. Welhausen, Geschichte Israëls. Elle dut sembler dure à un peuple qui, depuis longtemps avait l'habitude de se prosterner sur le lieu de son choix, la prescription nouvelle d’Ioschiya. Pour les gens du sud, pour les pasteurs de Ziqlag, et les vignerons de Hébron, Beer-schéba et Hébron étaient infiniment

préférables, comme lieux de culte, à Ierouschalaïm.

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