Ezéch., xxv. —"Abdias
IOYAKIM.— ISRAÉLITES A BABEL. 89
phrate et du Tigre, et qui était un marché pour les rapports de l'Arabie et de l’Inde, ils purent se livrer au commerce le plus étendu.
La langue en usage dans la Kaldée, c'était l’araméenne, sœur de la langue hébraïque. Les exilés la parlaient aisément. Après un court séjour en Babylonie, Iehezqel emploie déja des mots araméens.
Au grand Nabou-koudour-ousour succéda (561) Avil-Mardouk (l’homme de Mardouk, Evil-Mérodach).
Il n’unit pas, comme son père, les vertus guerrières au goût des grandes constructions. Vivre dans le luxe, tel fut son unique souci.
Dans son immense et somptueux palais, il installa comme eunuques des membres de la famille de David 1. Son eunuque juif, privilégié, puissant à la cour, obtint même qu'Ioyakin fût délivré de ses chaînes, traité honorablement, admis à la table du sar. Dans Îles solennités, le sar faisait même dresser un trône au roi captif ? au-dessus de tous les trônes des autres rois exilés à Babel. Sans doute Ioyakin, investi d’une certaine autorité sur ses compatriotes, fut le premier Rosch galouta (prince de la captivité).
Au milieu de ses plaisirs, Avil-Mardouk fut tué par son beau-frère Nirgal-sar-ousour (550).
Parmi les exilés, les grands prenaient doucement la vie. Pasteurs du peuple, ils tondaient la laine des brebis pour s’en vêtir et en buvaient le lait. Ils étaient rapaces et violents avec le troupeau qu’ils auraient dû consoler et soutenir dans les rudes épreuves.
Cependant, guidés par les nabis de l’exil, les petits et la masse du peuple ne suivaient pas l’exemple des grands. Ils célébraient quatre fêtes funèbres, pour ne pas oublier Ierouschalaïm. Le dixième mois, on faisait Ja commémoration du premier jour de malheur, quand
SES 2. Jérém., Lit, 31 à fin.
avait commencé le siège de la ville sainte par Naboukoudour-ousour; au quatrième mois, le dix-sept, les exilés gémissaient sur la prise de Zion; le troisième jour du septième mois était consacré au souvenir du meurtre de Guedalia. Mais c'était surtout.au jour anniversaire de Ja destruction d’Ierouschalaïm qu’éclatait la douleur des fidèles hébreux : couverts d’habits de deuil, assis sur les cendres, la tête courbée sous le repentir, ils tiraient de leur poitrine des gémissements et des sanglots.
Ce fut sans doute pour ces anniversaires douloureux que les chanteurs firent entendre les sept psaumes appelés Psaumes de la Pénitence.
Un cantique, postérieur à la captivité, a bien exprimé les sentiments des vrais Juifs que la douceur de Babel ne désarmait pas :
Près des fleuves de Babel,
La, nous étions assis et nous pleurions
En souvenir de Zion.
Aux saules du rivage nous suspendions nos harpes. Nos ravisseurs nous demandaient des chansons, Nos ennemis des [sons] joyeux.
« Chantez-nous [disaïent-ils] quelques chants de Zion. » Maïs comment ferions-nous entendre le cantique d’Tahvé Sur une terre étrangère ?
Si je toublie, 6 Terouschalaïm,
Que ma droite s’oublie !
Qu'elle s'attache, ma langue, à mon palais,
Si jene ne souviens de toi!
Si jene fais pas monter Terouschalaïm
Par-dessus toutes mes joies!
Souviens-toi, lahué, des Bené-Edom,
Le jour d’'Ierouschalaïim,
Eux qui disaient : « Rasez, rasez,
Jusqu'à ses fondements. »
Fille de Babel, 6 la brigande,
Heureux qui te donnera la rétribution
Qui te fera payer ce que tu nous as fait!