Rois, xt, 17, 18. — II Chron., xxiv
contre lui, l’égorgèrent sur sa couche. Son sang coula pour celui du fils d’Ioyada, le cohène, qu’il avait versé. Les meurtriers d’Ioasch furent : Iozakar (Iahvé se souvient) et Iozabad (Iahvé a fait don), fils de Schomer (le gardien). On ensevelit le cadavre royal dans Ir-David; mais, nous apprend la Chronique ecclésiastique, on ne le plaça pas dans le tombeau des rois ?.
Dans une ombre douteuse se tient Ioasch, de telle sorte qu’il est difficile d’assez le distinguer pour l’ap- précier, Le sang dont il est éclaboussé, qui sait si c’est son propre sang ou celui qu’il a fait répandre, et s’il faut plaindre le roi d’Iehouda ou le maudire ?
I] laissa le trône à son fils Amazia (Iahvé est fort).
Pendant ce temps, Bèn-Hadad 11, héritier de Ja haine de son père contre Israël, mit le siège devant Schomron. Là, dans cette ville entourée de plaines fertiles, sévit une effroyable famine, On y vendit jusqu’à cent pièces d’argent une tête d’âne, et cinq
1. I Rois, x11, 20. — II Chron., xiv, 25. La Chronique, dans ce récit, contredit les Rois.
2. Le but de l’auteur de la Chronique dans son œuvre a été de donner une histoire abrégée des Juifs, groupant ce qui était dans les livres historiques précédents, et aussi parfois le complétant. Il est surtout préoccupé du royaume de Judas, des tribus de Judas et de Lévi, de la royauté de David et de Jérusalem.
Selon toute vraisemblance, l’auteur de la Chronique est le même que le dernier rédacteur des livres d’Esdras et de Néhémie. La fin de la Chronique n’a pas même été bien détachée du livre d’'Esdras avec lequel elle faisait corps. L'édit de Cyrus qui la termine n’est pas complet; pour le comprendre il faut en aller chercher la fin au commencement du livre d’Esdras. C’est dans les dernières années de la domination grecque qu’a vécu l’auteur, jérosolymite et lévite.
Dans son œuvre il revient constamment sur le culte lévitique, sur la musique religieuse, et par là même décèle son origine.
IOAHAZ D'ISRAEL. 9
des croupions de colombes, la valeur d’un quart de gab. Un jour même, une femme cria au roi d’Israël, qui passait : « Sauvez-nous, Ô mon seigneur roi! — Puisque Iahvé, lui répondit-il, ne te sauve pas, comment le ferais- e? — Une femme m'a dit, reprit-elle : « Donne-moi ton fils, que nous le mangions aujourd’hui! » Nous nous en sommes nourries; ainsi nous l'avons cuit, et nous l’avons dévoré. Aujourd’hui, je lui ai dit: « Donne-moi ton fils, que nous le mangions ! » Mais elle l’a caché. » A ce récit, le roi saisi d'horreur, déchira ses habits, de telle sorte que Je peuple aperçut son vêtement de dessous,
loähaz mourut, et fut remplacé par Ioasch d’Israël, son fils. \
On accusait Elischa d’avoir déchaîné l’angoisse sur Schomron. Le vieux nabi, subordonnant la patrie à ses idées, semble avoir vu, en effet, avec quelque satisfaction, les douleurs d’une ville qui n'avait pas voulu abattre son aschéra, et où les qedeschim et les qedeschot ne cessaient de prodiguer les joies insensées. Cependant, vaincu lui-même par la souffrance commune, il se mit à désirer la fin de ces malheurs. Il navait plus que peu de temps à vivre.
Un jour que le roi Ioasch, tout en larmes, s'était jeté à ses genoux, lui adressant, pour le flatter sans doute, la dernière parole que le vieux nabi avait dite à Eliya et qui avait couru dans tout Israël : « le char d'Israël et toute sa cavalerie, » Elischa ouvrit sa fenêtre dans la direction d’Aram, ordonna au roi de lancer des flèches, et lui promit la victoire sur l’ennemi.
La délivrance de la vilie fut subite. Cinq lépreux, chassés de Schomron et rôdant dans les environs, se rendirent une nuit, mourant de faim,au camp d’Aram. ‘Il était vide; une panique s'était emparée des bandes araméennes et les avait dispersées. Peut-être aussi avaient-elles appris tout à coup une incursion d’As-