Nehem., x
NEHÉMYA. 111
Nehémya, averti sans doute de ce qui se passait, attiré du reste par un amour passionné vers lerouschalaïm, quitta Schoschanna. On ne lui pouvait résister ; tout s’inclinait devant lui, représentant du grand roi.
Son premier soin, en pénétrant dans Ierouschalaïm, fut de jeter hors du temple le mobilier de Tobia.
Au jour du schabbath, on pressait le raisin, ou bien on apportait des masses de blés ou de fruits au marché de la ville; des marchands tyriens amenaient aussi du poisson frais et d’autres denrées pour les véndre, à Ierouschalaïm, au jour du schabbath, Pour empêcher les trafiquants de venir exercer leur commerce, Nehémya, pendant tout le jour d’Iahvé, fit fermer” les portes de la ville.
Après cette mesure, les marchands tyriens s’installèrent aux portes, où les-habitants les allaient trouver. Mais, instruit de ce qui se passait, Nehémya dit aux Tyriens : : « Pourquoi vous tenez-vous près du mur ? La prochaine fois, je mettrai la main sur vous. » A partir de ce moment, ils ne reparurent plus le jour du schabbath 1.
Cet abus réprimé, Nehémya en poursuivit d'antres,
Des Juifs s'étaient unis, en certain nombre, à des filles étrangères, aux belles filles d’'Aschdod, d’Ammon et de Moab. Quelques-uns même, parlant l’idiome des Pelischtim d’Aschdod, en étaient venus à ne plus comprendre facilement leurs compatriotes. Nehémya en frappa beaucoup, et devant le peuple les engagea à ne pas prendre le chemin dans lequel était entré Schelomo. De la ville sainte il chassa même un fils du cohène-hagadol, loiada bèn-Eliaschib qui avait épousé Nicaso, fille de Sanballat.
Faute de la dîme régulière, le service des lévites et des cohènes s’était désorganisé pendant son absence. Il contraignit tout Iehouda d’apporter la dixième partie du froment, du vin nouveau et de l’huile, qui fu-
1, Nehén., xitL.
rent entassés dans les greniers sacrés, à la garde desquels il commit Schélémya le cohène, Zadog le scribe, Fedaia le lévite, et Hanan-bèn-Zakor, petit-fils de Matthania.
Les premiers guides d’Israël après la captivité, Zeroubabel, Ezra, s'étaient, depuis quelques années, éteints. Seul, Nehémya conduit jusqu’à la fin l’organisation religieuse et civile de la nation juive.
Tous deux, lui et Ezra, pouvaient, du reste, descendre en paix dans le scheël. Pour assurer à leur œuvre et au peuple juif la durée, ils avaient créé en face des grands-prêtres légers, jouets quelquefois des rois voisins, une réunion d'hommes instruits, austères, qui s’appelèrent Ansché-Kenéset-haguedola (hommes de la grande synagogue). On les nommait encore sopherim (scribes) et zeqénim (anciens)1. Au peuple, connaissant à peine l’ancienne Jangue hébraïque, ils enseignaient la Thora ?,
1. J. Derenbourg, Essai sur l’histoire, etc., p. 32. — Herzteldi tr:
2. Au retour de la captivité, le peuple juif ne comprend plus clairement l’ancien hébreu, et n’est familier qu’avec l’araméen qui est devenu son idiome usuel. Toutefois Israël mêle cette nouvelle langue qu’il adopte, d’un assez grand nombre d’hébraïsmes, (Fürtz, Lebroebœude der aramaïschen Idiome, t. 3, p. 11.) En même temps que la langue araméenne, les Hébreux adoptent l'écriture araméenne, nommée par les rabbins Aschourith (Assyrienne). (Buxtorf, Lexicon Talmud., p. 241.) Elle était dérivée de lalphabet phénicien archaïque, commun, d’abord, à toutes les tribus de la Syrie. Cependant cette écriture n’est pas encore l’hébreu carré de nos bibles actuelles, qui ne se forma, par une évolution lente, que vers le premier siècle avant notre ère. Avant la captivité, Israël se servait de l’alphabet phénicien archaïque, légèrement approprié à son usage. Sur ses monnaies il garda ses anciens caractères, à peu près semblables aux caractères samaritains, (Vogué, Revue archéologique, 186$, p. 319-341.)