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LES SOPHERIM OU SCRIBES

dant l’exil, quand on était loin d’Ierouschalaïm et que le temple n’existait plus, les fidèles hébreux se rassemblaient de temps à autre, peut-être chaque schabbath, dans un endroit déterminé, pour y entendre la parole réconfortante de quelque nabi. Là sans doute on lisait aussi la Thora, les prophéties, et on les expliquait autant qu’il était nécessaire. De retour en Palestine, Ezra continua la coutume de lire publiquement la loi.

Même après la restauration du temple, cette mesure était urgente. Avec l’unité de lieu pour le culte, Ja plupart des Juifs ne paraissaient au temple que peu de jours chaque année. Il fallut çà et la, dans la Palestine, des lieux de réunion et de prières. Il y eut de petites synagogues, non pas opposées au sanctuaire du Moriâ, mais suppléant à son insuffisance, et fournissant à tous les Hébreux un endroit où ils se groupaient pour invoquer Iahvé, et apprendre sa Thora,

Nul désormais ne pourra plus se soustraire à l’observance de la Loi, sous le prétexte qu’il ne la connaît pas. On l'enseigne dans les bourgs d’Iehouda, ainsi que la tradition orale.

Malgré le formalisme de plus en plus étroit et compliqué, qui naît sous l'influence des sopherim, on ne peut cependant les accuser d’avoir contraint la volonté du peuple. Ils ne faisaient que diriger le mouvement qui emportait Israël. Un groupe de psaumes de cette époque célèbre avec enthousiasme la Loi comme Ja source de tout le bonheur dont l’homme peut jouir 1.

On a déjà pu observer la grande différence qui règne entre le scribe et le prophète: celui-ci s’adressant à la nation tout entière qu’il veut former et qu’il maintient dans le monothéisme; le scribe visant sur. tout l'individu, dans la vie duquel il s’efforce de faire passer la Thora d’Iahvé.

Un des fruits de cet individualisme créé par le s0opher, c’est la croyance à l’immortalité personnelle qui

mr Ps. -19,

devient plus précise et que chantent les nouveaux psalmistes. Chez les nabis règne surtout la foi en la perpétuité d'Israël considéré comme nation.

L'époque des sopherim, avec la Thora expliquée et amplifiée, avec la Loi orale développée, n’est donc pas. une époque stationnaire. On peut même dire que, sous l'influence du sopher, il se produit dans le caractère même de l’Israélite, une transformation radicale. Auparavant, nous avions l’Hébreu, le Sémite léger et libre; maintenant, c’est le Juif qui nous apparaît, c’est-à-dire l’homme attaché à un ensemble de doctrines et de préceptes, croyant à un Dieu unique, créateur et maître du ciel, de la terre, de la mer, èt ajoutant à cette foi la pratique de Thora et de la loi orale. Le judaïsme et le Juif sont nés sous l’action des scribes et de la grande synagogue.

Grâce à eux tout s'organise et se codifie. Il est probable qu’il y eut même à cette époque un commencement de liturgie juive.

Ils semblent aussi avoir laissé le parsisme s’introduire dans la doctrine d’Israël. Encore rudimentaire, la notion des anges, des Elohim (dii minores), acquit, parmi les Juifs, du développement et de la précision.

Dans Ja doctrine iranienne le dieu de la lumière ou bon principe, Ahoura-Mazda avait six génies, ou Ameschaçpentas (immortels), ayant chacun son nom. Après eux venaient les Yazatas, répandus partout pour veiller à la conservation de l’univers et à tous ses mouvements. Il y avait encore, au-dessous des Yazatas, es Fravarschis ou anges gardiens. Ennemi d’Ahoura- Mazda, indépendant de lui, dieu des ténèbres, apparaissait dans la religion de l'Iran, Agro-Mainyous (Arihman) ou le destructeur, qui aux six Ameschacrentas opposa six génies mauvais, et aux Yazatas les daevas,

Ces doctrines contenues dans l’Avesta ou recueil sacré, attribué au prophète Zarathoustra (Zoroastre), provoquèrent, dans le judaïsme, un développement religieux fort singulier, Les six anges principaux que

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