‹ Histoire d'IsraelChapitre 94 sur 311 · Aboth, x · texte numérisé non relu

Aboth, x

SGHIMEOÜN-HAZADIQ — ONIA II. 133

s’imposaient les vœux de naziréat, et pour un long temps s’abstenaient de vin. On les appelait Hassidim. les pieux. Un jour, un d’entre eux, fier de ses longs cheveux, qu’il mirait sans doute dans l’eau des fontaines, les voulut couper et avec eux sa vanité. Alors Schimeôn, faisant passer la vertu avant les prescriptions de la loi, l’embrassa sur la tête et lui dit : « Puisset-il y avoir beaucoup de nazirs comme toi en Israëlt ! »

Dans l’année qu’elle vint le saisir, ce sage prédit lui-même sa mort: « L’yom-kippour (jour du pardon), dit-il, un vieillard tout en blanc m'avait toujours accompagné à mon entrée dans le Debir (Saint des Saints) et à ma sortie; cette année, il était vêtu et coiffé de noir. »

+ Après la joyeuse fête des Soukkoth, Schimeün-hazadiq s’étendit sur sa couche, où il expira au bout de sept jours ?,

Il laissait deux enfants, un adolescent et une fille. Celle-ci était mariée à un homme de race sacerdotale, Tobia, dont le fils devait avoir sur Israël une énorme influence. Le fils de Schimeün, Onia, étant trop jeune pour remplir les fonctions de grand-prêtre, un de ses parents, Menasché;, fut désigné pour cet emploi, qu’il exerça pendant l’enfance d’Onia.

Sous le cohénat du fils de Schimeün-hazadiq, le deuxième et le troisième Séleucides, Antiokhos I‘ Soter et Antiokhos Il, luttèrent, pendant dix années, avec Ptolémaios Philadelphos pour la possession de la Cœlésyrie, Tout se termina par un mariage. Philadelphos donna sa sœur, la belle Grecque d'Egypte, Béréniké, pour femme au roi Antiokhos II Théos. « Et la fille du roi du sud vint vers le roi du nord pour la paix 3.»

1. . Nedarim, 1, 13 J. Nazir, 1, $. — J. Derenbourg, Essai... p. 32. — Geïiger, Urschrift, p. 476. Toma, v, 2; Menahoth, 1096. — J. Derenbourg, Essai l'histoire de la Paleshne, p. 48. 3. Daniel, x1, 6.

Mais chassée, en cette occasion, par Antiokhos II, la concubine de celui-ci, Laodikê, l’empoisonna.

Ce fut au fils de Laodikê, Séleukos Kallinikos que revint le trône de Syrie. Le troisième Ptolémaios, l'Évergètès, ayant succédé à son père, résolut de venger sa sœur Béréniké et son beau-frère, et mit la main sur le territoire syrien (240). La Cœlésyrie avec la Judée restèrent à l'Egypte.

Onia désireux, semble-t-il, d'échapper à Miratals avait, pendant la dernière guerre, favorisé le Séleucide. I] refusa aussi de payer au vainqueur les vingt talents annuels qu’avaient coutume d’envoyer les grands prêtres, au nom de la nation. Ptolémaios alors fait partir pour Ierouschalaïm un de ses favoris, nommé Athénion, chargé de porter ses menaces aux IJehoudites. Le peuple pressa Onia II de cesser sa résistance, mais sans le faire fléchir.

Qui sait s’il n’était pas poussé à cette extrémité par son neveu, Joseph bèn- -Tobia, heureux d’exploiter une pareille démence à son profit? (241) Toutefois, quand il vit le moment venu, bèn-Tobia se fit auprès du grand-prêtre l’écho des plaintes populaires, et lui demanda d’être envoyé auprès de Ptolémaios pour l’apaiser. Quittant Onia, il n’eut rien de plus pressé que de convoquer le peuple dans l’avant-cour du temple, et de lui annoncer son prochain départ pour l'Egypte. Il se rendit ensuite près d’Athénion, le favori de Ptolémaios, le combla de caresses et de présents, de festins exquis, et le supplia de le précéder auprès de son maître pour le préparer à sa venuef.

Athénion, arrivé en Egypte, représenta à Ptolémaios l’avarice d’Onia et la générosité d’Ioseph. Pendant que le Grec disposait en sa faveur l’esprit du roi et de la reine Kléopâtra, bèn-Tobia nouait des relations avecles Samaritains, qui seuls lui pouvaient prêter les vingt talents dont il avait besoin. Les

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