‹ Histoire d'IsraelChapitre 96 sur 311 · LA DOMINATION DES SÉLEUCIDES · texte numérisé non relu

LA DOMINATION DES SÉLEUCIDES

Précédé de lettres du roi, Hyrkanos retourna vers Ioseph et vers ses frères. Jaloux, ceux-ci allèrent audevant de lui avec des hommes armés. Bèn-Tobia, mécontent de la somme énorme que son fils le plus aimé avait dépensée à Alexandrie, n’était pas non plus disposé à lui montrer un bon visage. Prévoyant sans doute ce que pourrait la haine de ses frères, Hyrkanos était prêt à les recevoir : il en tua deux et plusieurs de leurs gens; après quoi, il pénétra dans Ierouschalaïm ; mais, rejeté de tous et craignant pour sa vie, il alla se réfugier au delà de l’Iardèn, où il semble s’être livré au brigandage. f

Après avoir déchaîné, pendant vingt-deux ans, Vhellénisme sur la Judée, bèn-Tobia s’éteignit, laissant sans doute sa place de collecteur d'impôts à son fils Hyrkanos que préférait Philopator.

Mais quand Hyrkanos voulut rentrer dans Ierouschalaïm, ses frères, ayant avec eux le nouveau grandprêtre Schimeôn II, fils d’Onia II, l’en chassèrent. En vain courut-il à Alexandrie pour y implorer des secours ; son patron Philopator venait d’expirer (206), laissant un enfant de cinq ans, Epiphanès, et l'Egypte elle-même en proie, comme la Judée, à des déchirements. 3

Antiokhos le Grand profita de cette faiblesse de l’Egypte pour s'emparer de quelques villes et de quelques districts de la Cœlésyrie. [1 rêvait même une expédition dans la vieille terre de Kem. Irrités contre la cour d’Alexandrie qui leur avait préféré Hyrkanos, les fils de bèn- Tobia setournèrent vers Antiokhos et formèrent un parti de Séleucides dans Ierouschalaïm. Ils sacrifièrent à leur haine particulière le repos et le bien-être de leur pays. Les partisans de Piolémaios et d’Hyrkanos furent écrasés. Un siècle après que les Lagides en eurent pris possession, la Judée tomba, comme partie de la Cœlésyrie, sous la domination des Séleucides (203-202).

En vain l’impur Agathokiès qui régnait à la place d’'Epiphanès enfant, envoya-t-il Skopas, un Etolien avec une armée, dans la Cœlésyrie.

Celui-ci, d’abord, s’empara rapidement des districts voisins de l’Iardèn et marcha sur Ierouschalaïm. Dans la défense de Ja ville, les Tobiades déployèrent une ardeur désespérée, ce qui n’empêcha pas l’Etolien de prendre la cité sainte et d’y faire régner la terreur (201). Il mit une garnison dans Baris ou Akra.

Mais cette conquête fut aussi éphémère que rapide. Avec une puissante armée et ses éléphants, Antiokhos écrasa Skopas, dans la belle vallée qui s’étend aux pieds de l’'Hermon, aux sources de l’Iardèn. Ce lieu charmant vit s’écrouler, à tout jamais, la puissance des Lagides en Cœlésyrie.

Lorsqu'il fut rentré dans le territoire d’au delà, en possession de Batanéa (Baschan), d’Abila, de Gadara, de Schomron, Antiokhos envoya son armée vers Ierouschalaïm, dont les chefs du parti séleucide lui ouvrirent les portes.

Le roi de Syrie, par son lieutenant Ptolémaios, fils d'Œropos, assura les Juifs de toutes ses intentions bienveillantes. Pour rebâtir les ruines de la ville et restaurer le temple, il leur promettait le bois du Libanon. Il accordait aux proscrits une amnistie com-

lète, la liberté aux esclaves juifs des dernières guerres, . et le rétablissement dans leurs biens. Les habitants de la Judée et les exilés qui rentreraient jusqu’au mois d'Hyperbérétaios (Tischri, 200), seraient, pendant trois ans, libres de tout impôt ; le tribut, dans la suite, serait diminué d’un tiers ; et même affranchirait-on de tout impôt les membres du grand-conseil, les prêtres, les employés du temple, les chanteurs. Pour les sacrifices de bêtes, et les offrandes de vin, d’huile, d’encens, il leur donna vingt mille drachmes, et y ajouta de la farine, du froment et du sel. Il leur permit en outre de vivre selon leurs propres lois.

Pour vaquer sans crainte à l’accomplissement de ses vastes projets et à la conquête de l'Egypte, il était nécessaire à Antiokhos de s'assurer, par de douces mesures, l’obéissance de la Palestine. Mais, au moment

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