‹ Histoire d'IsraelChapitre 97 sur 311 · PARTIS EN JUDÉE, — ONIA III · texte numérisé non relu

PARTIS EN JUDÉE, — ONIA III

même où il se préparait à envahir la terre de Kem, il fut arrêté par les menaces de Rome.

Etant allé se heurter inconsidérement aux légions il se fit écraser près de Magnésia (190), et perdit ses possessions grecques, et celles de l’Asie Mineure. Il s’éteignit en 187. Ses brillantes qualités, son esprit plein de vastes projets, tout cela s’était retourné contre lui, parce qu’à toutes ses vertus il en manquait une, sans laquelle les autres ne sont rien, la prudence.

Une grande haine contre les Juifs fermentait dans les villes philistines, parmi les Iduméens établis au sud, et chez les Samaritains. La Galilée était peuplée de familles juives que les Séleucides y avaient transplantées de Babylone, et qui différaient autant par les coutumes que par la langue des Iehoudites. Ceux-ci parlaient l’hébreu mêlé de mots araméens ; mais les Israélites de Galilée n’entendaient que le pur araméen.

De l’autre côté de l’Iardèn, en Guileäd (Galaditide) dans le district de Baschan (Bactanée), au pays d’Ammon jusqu'aux frontières nord du Hauran (Auranitide), habitaient aussi des Juifs. Exécrés de la population indigène, ces Israélites, pour s'assurer l’appui des Gréco-macédoniens, allèrent jusqu’à faire élever leur jeunesse dans les gymnases grecs.

Contre eux et contre leurs amis de Jérusalem se groupèrent les Hassidim ou pieux, formés de Nazirs. Entre les deux camps se tint une foule, amie des plaisirs et de la civilisation grecque, que rebutaient les austères Hassidim, mais qui cependant ne voulait pas que l’hellénisme, complètement maître, vint corrompre toutes les anciennes mœurs du peuple.

À la tête des pieux était le grand-prêtre Onia III, fils de Schimeôün et chef politique de la nation. On le représente comme un homme doux, mais zélé pour la Thora et ennemi mortel de l’héllénisme. Aussi les hellésinants lui portaient-ils une haine profonde.

Ses principaux ennemis étaient trois frères d’une famille beniaminite fort distinguée : Schimeün, Onia appelé Ménélaos, et Lysimakhos, Ils avaient avec

eux les Tobiades, irrités de ce que le grand-prêtre, ennemi des nouveautés, avait encore de la bienveillance pour leur frère Hyrkanos.

Celui-ci avait trouvé anelque faveur à la cour du jeune roi Ptolémaios V Épiphanès et obtenu la collection des impôts sur un territoire situé au dela de llardèn, qui avait été réuni à l'Égypte par suite de l'union du roi avec la fille du roi de Syrie, Kléopâtra. Sans doute Hyrkanos avait, comme son père, une troupe qui devait l'appuyer dans l’exercice de son émpioi. Les Juifs, installés dans ce district, lui étaient certainement attachés.

D'accord avec eux, il mit à contribution les Arabes ou Nabathéens qui habitaient le territoire de Heschban et de Medaba, ne les épargnant pas plus que son père Ioseph avait fait pour les peuples de la Cœlésyrie,

Les Nabathéens, pour se défendre, ayant fait la guerre à Hyrkanos, celui-ci tomba sur eux, tua leurs chefs, leur fit des prisonniers qu’il vendit. Avec le trésor qu’il amassa dans cette circonstance, le chef de bandes put se batir, sur un rocher, près de Heschbon, une sorte de château qui était à la fois une forteresse et un paradis. La construction était tout entière en marbre blanc, orné de toutes sortes de figures de bêtes.

Là, tout était disposé pour le bien-être et la joie. Autour du bâtiment s’étendait une large cour où jaillissait une fontaine dont l’eau arrosait de spacieux jardins.

Cette résidence, nommée Tyros, était ceinte d’un large et profond fossé plein d’eau. L'entrée; par le rocher, en était si étroite que deux hommes n’y pouvaient passer de front. À l’abri dans cette retraite inaccessible, Hyrkanos (181-178) vécut dans la bonne chère et dans les plaisirs, comme à la cour des Lagides.

De temps à autre, il envoyait le surplus de ses trésors à Ierouschalaïm, dans le temple, où son ami, le

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grand-prêtre Onia, les faisait jouir de l’inviolabilité attachée au trésor sacré.

Schimeün, l’apprenant, le fit savoir au chef militaire de la Cœlésyrie et de la Phénicie. Sans doute, pressé d’argent, le roi de Syrie ferait prendre le trésor de Hyrkanos, et, en le défendant, Onia encourrait la disgrâce du maître.

Grâce à la folle équipée de son pèré, Séleukos IV devait payer chaque année plus de mille talents aux Romains.

Aussi, à peine eut-il su qu’il y avait de l'argent entassé dans le temple de Jérusalem, il envoya Héliodoros, son trésorier, pour s’en emparer, Onia s’opposa aux desseins d’Héliodoros, affirmant qu’en dehors du trésor sacré il n’y avait guère dans le sanctuaire que quatre cents talents d’argent et deux cents d’or, dont la meilleure partie appartenait aux veuves et aux orphelins, et le reste à Hyrkanos.

Mais Héliodoros passa outre. La légende raconte qu’au moment où il se présenta pour mettre la main sur les biens du temple, un cavalier, monté sur un cheval splendidement enharnaché, se jeta au-devant du sacrilège. De son sabot le cheval lui frappait la poitrine. Deux beaux jeunes hommes accompagnant le cavalier accablèrent aussi de coups de verges Héliodoros, que Von emporta tout inanimé, et qui reprit la vie seulement grâce aux prières du grand-prêtre Onia III.

Schimeün ne s’arrêta pas dans les témoignages de sa baine contre le cohène-hagadol. Il poussa la fureu: jusqu’à poster des assassins sur le chemin d’Onia.

Par toutes ces menées et ces menaces de mort, Ierou schalaïm était profondément troublée. Inquiet sur la ville sainte, le grand-prêtre partit pour Antiokhéïias, laissant, pour le remplacer dans ses fonctions, son frère Ioschoua.

En labsence d’Onia, les hellénisants tentèrent d’en-

LIEN a CES Et

lever le souverain pontificat à la maison de Zadoq, pour le faire passer à une famille qui leur était dévouée.

Epoque triste, où Israël, abandonné d’Iahvé, semble à Ja veille de se "dissoudre !

Un sage, Ioschoua (Jésus) bèn-Sira, troublé par ces événements, et a cause de tant d’hommes de son peuple qu'il voit marcher par des sentiers pervers, écrit un livre de proverbes, pour tâcher de ramener ses concitoyens dans le droit chemin.

Nous ne savons rien de la vie de bèn-Sira. Dès son adolescence, il cherche la sagesse, et, dans le temple, conjure Elohim de le tenir toujours attaché a Ja Thora. 11 est heureux que Dieu lui ait donné une langue, et qu’il puisse passer ses jours à le prier.

Bèn-Sira n’était pas un poète; sa forme est plutôt ingénieuse qu'artistique. Ses maximes, fruit de la vieille sagesse sémitique, et à la fois appropriées au temps de l’hellénisme juif, sont abondantes :

Comme un vendangeur, j'ai rempli ma cuve. 1

Lemoraliste n’appartient pasaux durs Hassidim; il ne dédaigne ni la musique, nile vin, ni la bonne ordonnance de la table. 11 désavoue les dévots qui attaquent la médecine et la considèrent comme un empiètement sur les droits de Dieu :

Adonaï a fait produire à la terre des médicaments, Et l'homme sensé ne les rejette pas ?.

Mais s’il ne donne point danslesexagérations des Hassidim, bèn-Sirase garde, d’un autre côté, d approuver les hellénisants. Il flétrit les riches, qui sacrifient a Mammon, qui, àpres pour le peuple, le trompent afin de le voler, Son chapitre x111 est la plus sanglante sa-

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