‹ Histoire d'Italie, de 1789 à 1814 (volume 2)Chapitre 10 sur 38 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

prisons se dépeuplèrent ; tout prit l'aspect de la prospérité. Aussi , cette province, à qui le monde devait déjà de si grands exemples, donna encore , sous la domination du prince le plus humain, celui d'une législation tellement coordonnée , que le gouvernement et le peuple ne pouvaient désirer, l'un plus de garanties, l'autre plus de félicité.

A cet heureux résultat contribuèrent puissamment les nouveaux règlemens de Léopold, relativement à l'agriculture et au commerce. Il affranchit les campagnes de toutes vexations , les terres de toute servitude ; restreignit la faculté d'établir des fidéicommis, réunit le droit de pâture à la propriété ; rapportant ainsi l'ancienne loi du pâturage public , qui empêchait les propriétaires et les cultivateurs de clore leurs terrains pour les préserver des animaux vagabonds et dévastateurs. De cette prévoyance, naquirent des effets très remarquables ; les moissons furent assurées , et les animaux s'apprivoisèrent.

Considérant ensuite combien les fermes générales des impôts étaient mal vues des peuples, et peu utiles à un bon gouvernement , Léopold les abolit. Plusieurs autres fermes particulières furent également supprimées, telles que la vente des tabacs, de l'eau-de-vie et du fer; quelques impôts subirent des diminutions , entre autres ceux des contrats et du timbre ; l'exploitation des

mines rentra dans le droit commun. Léopold savait que toutes ces réformes devaient diminuer les rentrées du trésor ; il y persista néanmoins , plus touché du bien public que de l'avantage du fisc. Cependant les revenus ne baissèrent pas autant qu'il l'avait pensé d'abord ; et la prospérité du pays , la plus grande activité du commerce , suppléèrent en partie aux réductions opérées. Preuve certaine que le bonheur des peuples, garanti par la liberté, est pour le trésor public une source de richesses plus féconde que des impôts onéreux.

Léopold supprima encore les douanes intérieures, ouvrit des routes, creusa des canaux et des ports, établit ou releva des lazarets, assura aux étrangers le libre exercice de leur religion à Livourne , abolit les corporations des arts et métiers, affranchit l'industrie de ses entraves, y substitua des encouragemens , des récompenses et des privilèges , surtout en faveur des ouvrages en soie et en laine, partie la plus essentielle du commerce de la Toscane. L'exportation libre de la soie, moyennant une faible taxe, donna elle seule un tel résultat, que le produit, qui, en 1780, n'avait été pour la Toscane que de i63, 1 78 livres, s'éleva, en 1789, à 3oo,ooo liv.

Pour revenir à l'administration des terres , non seulement Léopold l'améliora de beaucoup en améliorant la condition des cultivateurs , mais

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