‹ Histoire d'Italie, de 1789 à 1814 (volume 2)Chapitre 13 sur 38 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

tus , avaient été admises en Toscane sans la moindre opposition; mais aussitôt qu'Ippoliti fut élevé à l'évèché de Pistoie , les écrits de Port-Royal commencèrent à circuler parmi les ecclésiastiques. Arnauld, Nicolle, Duguet, Gourlin et Quesnel devinrent les auteurs favoris des prêtres. Cette tendance vers les doctrines de Port-Royal devint beaucoup plus sensible au moment où Scipion Ricci remplaça Ippoliti sur le siège épiscopal de Pistoie. Léopold s'en réjouit, convoqua, en 1787, une assemblée générale des évêques de Toscane, et leur soumit cinquante-sept propositions , toutes relatives à la réforme de la discipline ecclésiastique. Beaucoup furent accordées, d'autres modifiées , quelques unes réservées pour des temps plus convenables.

L'adhésion de prélats , aussi respectables par le savoir que par l'intégrité des mœurs, permit au prince de procéder plus franchement dans son système de réforme. 11 établit que les cures se donneraient au concours , que leurs revenus seraient augmentés, qu'elles cesseraient de payer aucune taxe aux évêques étrangers ; affranchit les bénéfices de ces cures de toute espèce de pensions; changea la destination des fonds affectés à certains usages religieux, sans intérêt ou sans utilité ; employa ces capitaux à l'augmentation des portions congrues les plus modiques; voulut qu'en retour les curés se désistassent de la dîme et de

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tout autre émolument de l'étole; qu'ils fussent oblige's à résidence ; que personne ne pût jouir à la fois que d'un seul bénéfice encore bien que peu considérable, mais surtout si c'était un bénéfice à résidence ; que tout prêtre qui aurait un bénéfice de cette nature relevât de l'église dont dépendait ce bénéfice; les simples prêtres, de la paroisse où était leur domicile, et cela, sous la dépendance du curé , et avec l'obligation de l'assister dans l'exercice de son saint ministère; que les bénéfices, soit de collation ecclésiastique, soit à la nomination de la couronne , se conférassent uniquement à qui aurait servi ou à qui servirait actuellement l'Église; que les réguliers et les chanoines dépendissent du curé, et fussent, dans l'obligation de l'aider toujours au besoin. Il pourvut à la subsistance des ecclésiastiques pauvres ou infirmes ; supprima les ermitages dont l'utilité n'aurait pas été reconnue ; en fit autant des compagnies , congrégations et confréries, les remplaça toutes par les seules associations de charité ; remit gratuitement aux paroisses les églises, oratoires, réfectoires et couvens de ces congrégations. 11 décida que les religieux réguliers dépendraient de l'évèque; que la prise d'habit ne pourrait avoir lieu avant l'âge de dix-huit ans pour les hommes , de vingt ans pour les femmes ; que les hommes ne pourraient prononcer de vœux avant l'âge de vingt-quatre ans , les femmes avant leur trentième

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