‹ Histoire d'Italie, de 1789 à 1814 (volume 2)Chapitre 15 sur 38 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

elle national présentait une voie canonique pour mettre un terme aux controverses sur la foi et sur la discipline. Le saint siège vit un outrage dans chacune de ces propositions ; mais ce qui offensa le plus la cour de Rome y ce fut l'approbation donnée aux quatre articles posés par le clergé gallican dans l'assemblée de 1682; approbation que, par une bulle spéciale, Pie vi condamna comme téméraire, scandaleuse et injurieuse envers le saint siège.

Les doctrines du synode de Pistoie élevèrent une grande rumeur en Italie , surtout après la censure de Rome. Les hommes les plus versés dans l'histoire ecclésiastique publièrent des écrits sans nombre , les uns en faveur de Rome , les autres en faveur de Pistoie. C'était un procès à décider entre les deux doctrines. Les papistes prétendaient que l'hérésie de Luther s'introduisait en Italie ; les défenseurs de Ricci, qu'un frein salutaire allait enfin resserrer l'extrême puissance de Rome dans de justes limites. Et comme ces derniers mettaient en avant les paroles magiques de simplicité et d'économie, comme leur opinion favorisait le plus grand nombre, enfin comme la puissance excessive de Rome était devenue intolérable, ces derniers, disons- nous, avaient l'avantage sur leurs adversaires, et acquéraient tous les jours plus de crédit.

Ces atteintes touchaient d'autant plus sensible-

3o HISTOIRE D'ITALIE,

ment le cœur du pontife , que des doctrines pareilles ou peu différentes se professaient dans le royaume de Naples. Tous pensaient, et spécialement les princes , que les doctrines dominantes en Toscane devaient non seulement rétablir la discipline méconnue , mais aussi rendre les souverains temporels à l'indépendance qui leur était due, en les affranchissant de la tutelle du pontife romain. On trouvait donc autant de plaisir à les embrasser, que l'on mettait de promptitude à les propager, et de chaleur à les défendre. Le gouvernement des Deux-Siciles avait d'ailleurs des motifs particuliers d'accueillir et de favoriser ces doctrines , qui frappaient si agréablement l'oreille des mots de liberté et d'indépendance. Mais, avant de parler de ces controverses, il est nécessaire d'exposer l'état du royaume, de dire quels étaient les opinions, les penchans dominans; déplorant d'avance la fatalité , qui de principes fondés sur l'humanité et la bienfaisance, a fait sortir les événemens les plus tragiques et les plus affreux dont l'histoire nous ait transmis le souvenir. Horribles extrémités que l'ardeur du climat, ou l'atrocité des injures, ou la soif immodérée de la vengeance, ou tous ces motifs ensemble, ont amenées dans cette portion de l'Italie !

Appelé au trône d'Espagne en iy5o, le roi Charles de Bourbon avait cédé le royaume des Deux-Siciles à Ferdinand iv, le second de ses fils,

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