‹ Histoire d'Italie, de 1789 à 1814 (volume 2)Chapitre 32 sur 38 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

puissance , avait malheureusement trop ne'gligé ceux que, d'après les préceptes de son divin Auteur, elle devait protéger comme ses enfans de prédilection, La philosophie entreprit de remédier à cet oubli ; elle y réussit jusqu'au moment où des hommes sans frein , déshonorant le titre de philosophe , remplirent le monde de sang et de carnage ; comme autrefois des hommes non moins farouches avaient , au nom de la religion dont ils faisaient un horrible abus, épouvanté la terre d'un spectacle de ruine et de mort. Ajoutez à cela que dans certaines parties de la péninsule se trouvaient réunies tantôt la grossièreté et la force, tantôt la civilisation et l'impuissance. Ici, des armées faibles et des opinions prononcées; là , des armées excessives , mais par cela même nuisibles. Du reste , il y avait en Italie des espérances légitimes , et point d'ambitions coupables. Loin de désirer une révolution , on ne soupçonnait même pas qu'elle pût avoir lieu, et la prudence chez les Italiens vient toujours à propos régler l'impétuosité de leurs premiers mouvemens.

Tel était l'état de l'Italie, lorsque, vers 1789, éclatèrent en France des opinions et des événemens d'une extrême gravité ; or, la France ne peut s'agiter sans ébranler toute l'Europe. Ces troubles éveillèrent en Italie l'ambition , l'espoir ou la crainte, selon les lieux, les esprits et les passions.

Les princes conçurent de la défiance, et suspendirent les réformes ; le peuple s'autorisa de l'exemple, et les réclama avec plus d'ardeur. Personne ne doutait qu'en deçà comme au delà des monts , la proximité des lieux , les relations journalières du commerce , et la conformité des opinions, ne déterminassent des événemens de la plus haute importance.

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