‹ Histoire d'Italie, de 1789 à 1814 (volume 2)Chapitre 5 sur 38 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

vidus, je suis bien aise de faire figurer un nom impérial à la tête de mon ouvrage. Joseph n, empereur d'Allemagne, comparé aux princes étrangers à sa maison , brille à leur tête par la vigueur de son génie et son amour de l'humanité. Il occupe encore la première place, ou du moins la seconde , si l'on établit le parallèle entre lui et son frère Léopold. Joseph n pensa beaucoup et travailla efficacement au bonheur du peuple autrichien. Souverain, et à cause de sa dignité même, il fut décrié par les auteurs effrénés de tous les crimes qui se commirent en France pendant la révolution; réformateur généreux, il fut ensuite accusé par ceux qui veulent dans le monarque un pouvoir non seulement absolu , mais encore despotique, et terrible. Toutes ces attaques ne m'empêcheront pas de proclamer Joseph n l'un des plus grands bienfaiteurs du monde. Il voyagea beaucoup, non par ostentation, mais pour connaître les institutions utiles et les besoins des peuples. La cabane du pauvre l'occupait plus que le palais du riche ; il ne visitait jamais le malheur sans lui offrir les consolations du langage, et plus souvent celle de la générosité. Sous son règne, achevant ainsi l'ouvrage commencé par son auguste mère, Marie-Thérèse, des lois prévoyantes protégèrent les paysans contre les vexations des feudataires. Il voulut extirper et il extirpa la féodalité ; ordonna que la justice serait égale pour tous;

io HISTOIRE D'ITALIE.

là il fonda des hôpitaux, des hospices, des conservatoires et d'autres monumens de sa munificence ; ici il créa des universités , protégea spécialement la jeunesse sans fortune, mais avide de savoir. De son temps, l'université de Pavie acquit une renommée que la réputation d'aucune autre ne surpassa. Il remplit cette université dexcellens professeurs en tout genre , dont il reconnaissait le zèle par d'honorables récompenses, dont il n'avilissait pas la dignité , en les obligeant à la flatterie. C'était peu pour Joseph n , il institua des prix en faveur des agriculteurs diligens ; perça des routes, creusa des ports, abolit les douanes à l'intérieur, et multiplia ainsi les communications du commerce. En aucun pays, à aucune époque, on n'honora plus qu'en Italie, sous Joseph n, les sciences qui aident à supporter la vie , les lettres qui l'embellissent. Digne exécuteur de ses ordres, le comte de Firmian arriva dans la Lombardie autrichienne, et cette province devint si florissante sous son administration, qu'on vit se réaliser pour elle , je ne crains pas de le dire , les récits fabuleux de l'âge d'or.

Quant aux institutions ecclésiastiques , Joseph h déclara la religion catholique celle de l'état; mais il ordonna en même temps la tolérance pour toutes les autres ; défendit aux évêques de regarder comme valide toute bulle qui ne leur aurait pas été transmise par le gouvernement ; mesure adoptée anté-

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