‹ Histoire d'Italie, de 1789 à 1814 (volume 2)Chapitre 6 sur 38 · LIVRE PREMIER. u · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. u

rieurement par quelques autres princes , mais qui n'avait pas toujours reçu d'exécution. Il établit que les ordres des religieux réguliers ne dépendraient plus de leur général résidant à Rome, mais de leur supérieur ordinaire, c'est-à-dire de l'évêque : persuadé que de cette manière , il agissait à la fois pour la sûreté, pour l'honneur de son état, et dans l'intérêt de la discipline ecclésiastique. Quelques couvens lui parurent inutiles, il les supprima, ne conservant parmi les établissemens de femmes, que les maisons d'éducation pour les filles. Il institua aussi de nouveaux évêchés, en amalgama plusieurs autres , en régularisa les revenus , et augmenta considérablement le nombre des cures , plus empressé d'assurer l'instruction et le salut de tous les fidèles , que de pourvoir au luxe de quelques prélats.

Ces innovations éveillèrent fortement l'attention du souverain pontife Pie vi, homme d'un caractère vif, et jaloux surtout des prérogatives du saint siège. Fort de l'autorité de son rang, de l'aspect imposant de sa personne, de l'éloquence qu'il possédait au suprême degré ; sans réfléchir à l'échec qu'un refus pouvait faire à sa réputation , Pie vi se rendit à Vienne. Il y fut reçu avec d'autant plus d'honneurs, peut-être, qu'on était résolu d'écarter ses réclamations. Les premières félicitations passées, il entra en conférence avec l'empereur, entama le sujet de sa négociation, et

parlant avec une majesté inexprimable, il l'avertit d'apporter toute son attention aux événemens du jour ; qu'on parlait pompeusement de la simplicité antique , mais qu'elle ne convenait point à un siècle qui l'avait oubliée; que le dérèglement était dans la morale , la tiédeur dans la

< foi , l'ambition dans tous les esprits ; que l'appax reil extérieur devait donc soutenir la croyance

< ébranlée, imprimer le respect aux uns, et satisfaire les prétentions des autres ; que la condition de l'Eglise restreinte, pauvre et persécutée, n'était point applicable à l'Église riche , triomphante , et n'ayant d'autres limites que celles du monde ; que si les petits états admettaient les formes républicaines , les grands empires ne voulaient que des institutions monarchiques ; et, que dans une domination aussi étendue, on ne pouvait sans péril affaiblir la suprême puissance du saint siège, parce qu'alors éclateraient bientôt les ambitions individuelles et le schisme : Voyez, ajoutait-il, combien de discordes, combien de sectes sont nées de la seule erreur de Luther, uniquement parce qu'on osa secouer le frein régulateur du successeur de saint Pierre. Les mêmes principes amèneront les mêmes déchiremens dans le reste de l'Eglise catholique, et les agneaux errans loin du pasteur accoutumé , deviendront la proie des loups dévorans. Qui s'érige en réformateur , commence peut-être avec

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