LIVRE PREMIER
« des intentions innocentes et dirigées vers le bien; u mais l'entêtement et l'ambition naturels à l'hu- « manité finissent toujours par enfanter des de's- « astres. N'écoutez pas les discours emmiellés et « modestes en apparence de certains hommes : ce « voile d'humilité , cette feinte douceur de pa- « rôles ne sont que le manteau de l'orgueil qui « les domine. Ils se refusent à la soumission pour « arriver au despotisme. Faibles, ils supplient; puisée sans, ils écrasent. Les doctrines pernicieuses se « propagent avec rapidité ; au maintien de la moie narchie spirituelle est attaché le salut des monar- « chies temporelles; la chute de l'une met toutes « les autres en péril; et déjà, sous ce rapport, les « projets des philosophes modernes ne sont plus « un mystère. Enlever à un souverain la vénéra- « tion des peuples, c'est un moyeu facile de l'enee lever à tous les princes. Dans un siècle effréné , ce l'autorité absolue du pontife romain est le plus « ferme appui des monarques. Je ne prétends ce point d'ailleurs abuser de cette autorité contre u les rois , quoique les papes en aient été autrefois « accusés. Aucun signe ne l'annonce, et l'esprit « du siècle s'y oppose ; mais réfléchissez mûrement (( à la puissance du roi de Prusse, voire rival, et ce chef du protestantisme en Allemagne. Par perce suasion ou par habitude, les catholiques suivront «toujours l'impulsion de l'Église romaine; où « sera votre espoir , votre appui , votre force , si
i4 HISTOIRE D'ITALIE.
« vous vous séparez d'eux? Souvenez -vous de « Charles v , le plus glorieux de vos ancêtres , « contraint de fuir à la hâte, et chassé d'Inspruclt (f par ces mêmes protestans qu'il avait comblés | de faveurs excessives. Suivez plutôt les traces (( de votre auguste mère et de tant de princes de (c votre maison, fameux par leurs grandes actions u dans la paix et dans la guerre, plus fameux ence core par leur piété et leur dévouement envers (( le saint siège. Abandonnez ces maximes fallace cieuses, ces dangereuses innovations ; jetez-vous « dans mon sein, mes bras vous sont ouverts ; je te vous y recevrai comme le plus tendre des pères « y recevrait le plus cher de ses fils. Je sais que « les institutions humaines s'altèrent par la suc- « cession des siècles, et qu'il est nécessaire quelce quefois de les ramener à leurs premiers prince cipes : père commun de tous les fidèles, je suis ec prêt à le faire autant que le besoin de la religion ce l'exige, autant que la dignité et les droits du « saint siège le permettent ; mais de moi seul , ce comme de la source universelle et en vertu de « ma toute puissance apostolique, doivent venir ec les réformes. A les obtenir par une autre voie, « il y aurait scandale aux yeux du monde , outrage «à mon honneur, subversion des prérogatives « du vicaire de Jésus-Christ : dans une vieillesse « déjà avancée , animé de l'esprit divin qui ne « trompe jamais, et voulant écarter tout inter--