‹ Histoire d'Olivier Cromwell (volume 2)Chapitre 38 sur 56 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Stuarts, tout en évitant les forfanteries et les imprudences. Ils sentaient leur faiblesse autant que les prestiges de leurs ennemis. Eux n'étaient que de nobles défenseurs du passé. Ils avaient l'hésitation de ce qui n*est déjà plus, tandis que les presbjiiériens avaient la hardiesse de ce qui est, comme les puritains la témérité de ce qui sera. Dans cette situation où la circonspection était si nécessaire, qu'on juge de l'étonnement et des regrets de lord Falkland, d'Edward Hyde et de sir John Colepepper, lorsqu'ils apprirent la tentative étourdie du roi à Westminster et à Guidhall. C'était une double défaite.

Le parlement poussa vivement ses avantages. Il réclama la sanction du bill sur l'expulsion des évêques du sein de la chambre des lords, et du bill qui remettait le commandement des forteresses, de la marine et de l'armée à des oflSciers institués par les deux chambres. Sir John Colepepper obtint par la reine le consentement du roi au premier de ces bills. La reine avait besoin d'une popularité passagère, afin de pouvoir partir et de mener la princesse Marie au prince d'Orange, son époux. Elle eut cette éphémère popularité et s'éloigna ulcérée de l'Angleterre. Lord Digby s'était échappé presque en même temps. Il avait persuadé au roi et à la reine la guerre civile. La reine emportait avec ses diamants les diamants de la couronne, dans le dessein de trouver sur ces gages de l'argent, des vaisseaux, des soldats, des armes et des munitions. Charles P', qui avait accompagné la reine à Douvres, au lieu de retourner à Londres comme le parlement l'y conviait, s'achemina vers le nord par Cantorbery, Greenwich, Théobalds et Newmarket. Il était entouré d'une cour peu nombreuse, ainsi qu'il arrive aux rois qui tombent. Son fils aîné, le prince de Galles, brillait dans ce sombre cortège. Le plus jeune fils restait à Richmond. Il ne fut mandé que plus tard dans la ville d'York, où s'était installé le roi (19 mai 1642). York devint par là le centre des affaires de la cour, la capitale de Charles, comme Londres était la capitale du parlement.

Le roi cependant n'avait répondu au bill sur la milice que par des paroles évasives. Le parlement ne s'étonna de rien et mit le royaume en état de défense. Qui aurait le commande-

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ment de Tarmée et de là marine par le choix des officiers et des généraux? Le roi s'acharnait à garder ce commandement, le parlement à le conquérir.

La guerre commença ainsi sans déclaration préalable. On ne se battait pas encore, mais on se préparait à se battre.

La place de HuU était fort importante pour le roi. Elle contenait beaucoup d'armes et de munitions ; elle serait plus tard le grand arsenal des cayaliers et elle était située à souhait pour les troupes qu'on attendait de Hollande. Sir John Holham était gouverneur de cette ville. Bien que nommé par le parlement, il n'était pas, disait-on, fort attaché au parti populaire. Le roi lui envoya d'abord son fils, le duc d'York, et son neveu, le prince Rupert. Ils furent reçus comme des promeneurs illustres, et sir John Hotham leur montra une courtoisie pleine de déférence. Le roi y fut trompé. Le 23 avril 1642, il se présenta lui-même devant HuU, à 11 heures du matin, et fit dire au gouverneur qu'il désirait dîner avec lui. Hotham refusa, et ni promesses, ni menaces ne purent soit le séduire, soit l'intimider. Le pont levé, les portes fermées, il parut sur le rempart en grand uniforme. Il salua, se mit à deux genoux et pria le roi de l'excuser si, institué par le parlement, il tenait ferme pour lui-même contre Sa Majesté. Il mêla ainsi l'étiquette à la révolte, et il donna, pour ainsi parler, à sa désobéissance solennelle un air de cour. Il y eut, sans intention de la part d'Hotham, dans ce céromonial irritant une pointe d'ironie qui blessa Charles. A bout de patience, après six heures de négociations inutiles, il ordonna de proclamer, à son de trompe, sir John Hotham déloyal et traître. Il se plaignit au parlement qui se hâta de glorifier sir John Hotham pour avoir accompli un devoir si difficile, et M. Hotham fils qui apporta la nouvelle d'une aussi patriotique- résistance. Le parlement déclara que c'était à lui de décider quand et comment il fallait employer les milices au service de la nation.

Charles, qui ne reconnaissait pas le parl-ement pour juge, lui disputa de plus en plus l'armée, la marine, les citadelles. La guerre civile, quoique dans uii crépuscule, était déjà partout. Edward Hy^e décida lord Littleton à porter le grand sceau à

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