LIVRE SlXlàMB
ümes, des brigands et. des voleurs de grand chemin , par exemple. (Charles adressait . ainsi à ses juges îles mêmes ob}iur^ étions qaensa grand’mèrei Marie Stimrt à Pawleti) Souvenez* .vous, ajouta le prisonnier, que 'je suis votre: roL Songez an jugement deiDieu> sur vous et. sur ce pays avant de passer dn (crime «de ma captivité à un crime plus grand. .On^a parlé, de imssion, d'élection ;' je n'ai point de mission, car je n'ai pas été élu. 'Ma'-- cnoronne m’est venue -par .une ancienne succession d'alfenx. Ceci n’est pas un- parlement; il y faudrait les lords, il y faudrait le roi sur son trône. Justifiez, monsieur, je.le' répète, l’autorité, en vertu de laquelle ivous agissez et je vous 'répondrai. ♦* .Bradsharw^ dit.: — Monsieur, .nous sommes vos juges par . le vœn du • peuple. d'Angleteire, votre .'souverain et ie> nôtre.! Sir l’autorité que vous méconnaissez^ notre autorité, -ne vous )Soôit pas, elle' nous suffit à nous , puisqii’elle se. fonde •sur l’autorité supérieure de Dieu et de la nation. •
: La cour, c’était le . samedi 20 janvier, s’ajouma au lundi ‘è dix heures du matin dans la chambre peinte, et ensuite dans la. grande salle (Prochs d% roi). Le lord président commanda au colonel Hacker de se retirer avec le prisonnier et de l’escorter avec la garde. « A la bonne heure, monsieur «, dit le roi, toujours couvert et sans saluer. Puis, dirigeant vers l’épée qui était sur la table des clercs le bout de sa canne, il diten partant: « Je n’ai pas peur de I cela. » Quelques spectateurs crièrent : >• Dieu sauve le roi! « Plusieurs criaient Justice! justice ! * Rentré dans la maison de Isir Robert Cotton, Charles s’agenouilla et
^ria. IL témoigna ensuite le désir que M. Herbert couchât près ^ »
de lui, comme il avait fait à White-Hall. Emu de .ce désir,
âe swviteur courut chercher une natte qu’il étendit pour le sommeil, ou plutôt pour l’insomnie, près du lit de soin maître.
Le 21 était un’ dimanche. Presque tout le jour, le rodécmita ‘les exhortations^ de Juxofi, le seul- de ses 'évèqucss qui hii cût ‘conseillé'autrefois de ne pas consentiraubill d’attainder contre l^rafford.' Charles aimait Juxon à cause de cela; il l’aimait aussi pour la pureté de sa doctrine anglicane.il fut pénétré de la parole “et de la présence de Juxon, et, le soir, il dit à sir Thomas Herbert ^ne cette longue* visite lui avait été une grande consolation.
HISTOIRE d’olivier CROMWELL
■ Le lundi 22, le roi entendit sur son chemin et jusque dans la salle de Westminster, ces cris : Justice , justice \ Il n’en fut point ébranlé, 11 continua de nier avec énergie la juridiction de la haute cour. Le lord président ayant ordonné de l’emmener, Charles dit : « C’est bien, monsieur; vous ne permettez pas au roi de donner ses raisons en faveur des lois et des libertés dont l’ensemble est la constitution même de ses sujets. — C’est à l’Angleterre et au monde, repartit le lord président, à estimer quel grand ami vous avez été des droits du peuple. » Pendant que le roi s’en retournait à la maison de sir Robert Cotton, un soldat proféra distinctement : « Dieu bénisse Votre Majesté! » Un officier frappa le soldat, et le roi dit : « La punition excède la faute. ** Dès qu’il fut dans sa chambre, il demanda à Herbert s’il n’avait pas démêlé çà et là les cris de Justice, *< Oui, reprit Herbert, j’ai démêlé ces cris et j’en ai été consterné. — Non pas moi, dit Charles; c’est une consigne des officiers. Au fond, les soldats ne me veulent pas de mal. » Le roi dit encore « qu’il avait bien considéré un à un les membres du tribunal, et qu’il n’en avait pas connu plus de huit à leur figure. »» Cromwell était un de ces huit.
• Le roi persista, le mardi 23, à rejeter la juridiction de la cour. « Moi, reconnaître une nouvelle cour contraire à la constitution de mes sujets et altérer ainsi les lois fondamentales du. royaume! Non, monsieur, dit-il au lord président, je m’en dispenserai. — Monsieur, répliqua Bradshaw, c’est le troisième jour que vous désavouez publiquement la cour ! Clerc, ajouta-t-il, inscrivez le dédain du prisonnier et son obstination à ne pas répondre, the default and eontempt of tlie prisoner, » Le roi fut reconduit à la maison de sir Robert Cotton, et il recueillit quelques acclamations aflfectueuses en y rentrant.
Le 24 et le 25, la cour n’appela pas le roi. Des témoins déposèrent devant elle dans la chambre peinte, où furent lus aussi des lettres et d’autres papiers qui prouvaient la participation principale du roi à la guerre civile. C’est le 25 que Charles fut condamné à mort. Say, Lisle, assesseurs du lord président Bradshaw, Harrison, Martin, Scott, Ireton et Love furent chargés de formuler l’arrêt. Il y avait eu seulement quarante-six