‹ Histoire d'Olivier CromwellChapitre 103 sur 217 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

ses sœurs, et je soahaite de plus que tous lui obéissent .comme à leur roi. Ce que je souhaite beaucoup aussi, c’est que Charles lise souvent cette Bible que j'ai tant lue moi-même, t* Leroi remit encore' à M. Herbert,, pour le duc d’York,, son cadran solaire d’argent en. forme d’anneau, pour la princessej Élisat beth, pour le duc de Glocester et. pour le.comte de Lindsey différents livres qui avaient appartenu à Sa Mî^esté, enfin < sa montre d’or pour la duchesse de ‘Richmond.

. L’évêque Int ensuite le vingt-septième chapitre de l’Evangile de saint Matthieu; où il est dit : « Ils l’ont maltraité par haine, et ils ont crucifié leur roi; «» Charles supposa que le pirélat avait choisi ce. chapitre pour luiien faire l’application ; mais lorsqu’il sut que c’était l’évangile du jour, il se découvrit en dir sant.: « Je: rends grâces à.Dieu de . ce que cela se rencontre ainsi. »

- Il se détacha dans une longue méditaUon de toutes les séduot tiens de ce monde, et, sortant de cette préoccupation religieuse^ il dit d’un ton qui n’aurait pas déplu à Buckingham- et qui ré^ vêlait le cavalier, sous, le saint': «-Maintenant, que les-coquins viennent (Mèm, de ‘Warmek, p. 294) ; je suis indulgent mêmé pour eux et réagné. « A cet instant; le colonel Hacker entrd ■et. dit au roi, avec émotion, que. c’était l’heure d’aller à White- Hall. ««‘Bien, monsieur^ répondit froideraent le prince; je vais vous, rejoindre.!»/ Hacker sortit, et- Charles,, étreignamt la main de Juxon^ dit.: « Partons 1 » Il ordonna à M. Herbert de décrocher sa montre- d’ai^ent, et'il s’achemina vers WMte-Hall par lés jardms; Ifis-enquit en rOute de L’hetipe auprès de M. Herbert; qui» èonsuitai la. montre d’argent: elle marquait dix heures et' quelques immites. Le rot demanda la montre; et J l'ajàjat’ consultée à son;tDur,.il !«■ pendit àf son bon senôteur en disant : U Gardez-kt en ‘mémoire de moi, Herbert..» ^ '

■ Oromvneü,' le même matin, /était'idans^la chambre qiie Har-^ rison occupait à White-Hall; Hacker, Huncks.et Phàgne, Ax-» telLMretbn et Harrison y i étaient aussi. Le lieutenanit général voulut 6bliger.’Hanck»:â [écrire! et à-signer l’ordre an' bourreau. Huncks^relusa obstmément,' et Cri)niw'ell,'/dans .uqe<impâtienG8 fébrile ÿ rédigea luâ-iiiémel' ordre qu’illitsigiieraucoloireâ Hapker^

HISTOIRE d’olivier CROMWELL

Ce n’est qu’ après cette scène que Hacker avait rangé les troupes en haie, du parc de White-Hall aux jardins de Saint- James, où passa le roi. Hacker marchait en avant, derrière une compagnie de hallebardiers. Le roi venait à peu de distance de Hacker, et avait à sa droite l’évêque Juxon, à sa gauche le colonel Thomlinson, qui lui adoucit la prison et auquel il donna son étui d’or à cure-dents. M. Herbert suivait le roi et était suivi d’une seconde compagnie de hallebardiers.

Ce fut ainsi que le roi gagna l’escalier de White-Hall et sa chambre à coucher. Il s’y assit dans un recueillement de plus en plus religieux. Vers midi, Juxon l’engagea très-affectueusement à ne pas aborder l’échafaud sans s’être fortifié d’un peu de nourriture. Le roi, qui avait d’abord refusé, céda ; il mangea un peu de pain et but un verre de vin que lui apporta M. Herbert, auquel le roi dit qu’il mettrait son bonnet de nuit de soie pour le supplice. M. Herbert l’alla chercher et le confia à l’évêque. Le colonel Hacker ne tarda pas. A ce dernier signal, le confesseur et le serviteur tombèrent à genoux en gémissant. Le roi leur tendit sa main à baiser, releva le prélat en cheveux blancs et s’avança sur les traces du colonel Hacker, le long de la galerie et de la salle des banquets, entre deux files de soldats parmi lesquels, ce jour-là, il n’y eut pas un insulteur. L’une des fenêtres de cette salle des festins avait été refaite de plain-pied avec l’échafaud adossé contre la muraille de White-Hall. Le roi alla donc droit à cet échafaud par la fenêtre de la salle des banquets. Plusieurs régiments d’infanterie et de cavalerie séparaient du peuple Charles I®^, et ce ne fut qu’aux officiers de son escorte , surtout à l’évêque Juxon et au colonel Thomlinson, les plus proches de lui, qu’il adressa son discours.

« Messieurs, je ne puis être entendu que de vous, et néanmoins je parlerai afin de confesser mon innocence et de me faire connaître à tous pour un honnête homme, un bon roi et un bon chrétien.

« Et d’abord ce n’est pas moi qui ai pris l’initiative de la guerre avec les deux chambres. Le parlement m’a enlevé la milice qui m’appartenait. Tout le mal est venu de là. Cependant, quoique irréprochable dans la guerre dont je ne suis point

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