‹ Histoire d'Olivier CromwellChapitre 126 sur 217 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

VOUS prie de me rappeler à Tamitié de ma chère sœur, à notre fils et à notre fille, à ma cousine Anna, et je suis toujours

** Votre très-affectionné frère,

« Olivier Cromwell. >•

Cromwell avance, et, tout en surveillant jusqu’aux moindres détails, il est attentif aux incidents et il y prend part. Il est toujours ainsi en rapport avec ses vétérans, soit qu’ils prient, soit qu’ils s’exercent, soit qu’ils prêchent. Leurs facéties même l’amusent. Le colonel Hodgson raconte que dans un repas, au bord de la mer, à quelque distance de Berwick, le général en chef se divertit singulièrement à voir un soldat coiffer son camarade d’une jatte de lait caillé. « Olivier, dit le colonel Hodgson, riait à se tenir les côtes; car notre Olivier aime une bonne farce. »»

La bouffonnerie passée, Cromwell redevenait sérieux ou terrible. Le badinage avec lui ne durait pas. Il ne plaisantait qu’à ses heures.

Depuis le commencement de la guerre civile, on peut compter trois généraux en chef. Milord Essex, un presbytérien modéré, commandait l’armée pour le parlement et pour le roi. Sir Thomas Fairfax fut le général du parlement seul. Cromwell fut exclusivement le général de l’armée. S’il ménageait la chambre et le conseil d’État, c’était pour suffire au présent. Il leur demandait pendant leur jour assez d’autorité pour les renverser le lendemain; mais avec une activité dévorante, il ne se pressait pas dans les grandes choses et il agissait à propos. Il ne devançait pas l’occasion ; il savait l’attendre pour la mieux saisir.

Pour le moment, sa grande préoccupation était l’Ecosse.

J’ai voyagé lentement de Londres à Berwick par York, Durham, Newcastle, Morpeth, Alnswick, entre les montagnes et la mer; j’ai voyagé de Berwick à Musselbourg par Cockburnspath, afin de recueillir sur les traces de Cromwell dos souvenirs. Cette route fut son itinéraire dans cette redoutable campagne de 1650, où ce grand homme se montra, sans effort et

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dans une harmonie naturelle, théologien, politique et capitaine.

Il faut l’entendre :

** Av, très-honorahie lord 'président du conseil d'État

cette lettre.

c Musselbourg, 30 juillet 1650.

« Nous sommes partis de Berwick lundi, le 22 juillet, et nous avons couché dans la maison de milord Mordingtou lundi, mardi et mercredi. Jeudi, nous nous sommes dirigés sur Copperspath; vendredi, nous sommes allés à Dunbar, où nous avons reçu quelques vivres de nos vaisseaux; de là nous avons marché sur Haddington.

«... Nous couchâmes à Musselbourg (26), campés tout près de l’ennemi, l’armée écossaise étant entre Édimbourg et Leith, à environ quatre milles de nous, retranchée par une ligne flanquée de Leith à Édimbourg; leur canon de Leith battant la plus grande partie de la ligne, de façon que leur position est très-forte. »»

Cromwell demeura plus d’un mois entre Dunbar et Édimbourg, cherchant à attirer le général David Lesley hors de ses retranchements, luttant d’un autre côté contre la famine qui menaçait l’armée anglaise; car le pays était un désert, tant Cromwell inspirait de peur. Les paysans écossais, dans la

crainte d’être traités comme les Irlandais, s’étaient repliés sur »

Edimbourg, emportant tout et ne laissant que le vide. Cromwell ne désespérait pas. Il réclamait de l’Angleterre des approvisionnements par la flotte ; il soignait ses soldats que l’humidité, les privations, les intempéries du climat infectaient de maladies; il dressait des embusC/udes et méditait des escarmouches, afin de contraindre l’ennemi à une bataille.

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