S HISTOIRE
Le colonel lui commanda de se taire et les grenadiers croisèrent la baïonnette sur lui. On le mit en voiture, où il garda le silence jusqu*à Mazas.
On conçoit Texaspération du général Le Flô à un certain point de vue. On faisait contre lui ce qu'il espérait faire contre le Président. Il était de ceux qui perdaient la partie ; mais il devait être juste y même dans son désappointement. Il parlait d'honneur militaire au colonel Espinasse y qui Tentend sinon mieux , du moins aussi bien que personne. La France a répondu avec huit millions de voix qu*il y avait plus d'honneur à défendre le Président qu'à le trahir.
La façon dont M. Bazc a résisté à ceux qui l'arrêtaient nous interdit d'entrer dans des détails. Tout le monde connaît l'àpreté méridionale de ce questeur et l'ardeur incessante qu'il a mise à attaquer sans cesse^ ouvertement, et d'une façon latente, le prince Président. On connaît sa campagne à la prison Mazas. Il nous suffira de dire que M. Baze, sortant de son lit sans se donner le temps de se vêtir, a crié et protesté de toutes les façons et mis le commissaire hors la loi, et qu'il a fallu l'emporter de vive force jusqu'à un étage inférieur, où il a voulu haranguer les soldats. M. Baze, qui jusqu'à ce moment avait fait la plus héroïque défense, a été complètement déconcerté en voyant rire les soldats et de l'état dans lequel il se trouvait, et de l'accent méridional avec lequel il leur adressait ses réquisitions. C'est alors seulement qu'il a consenti à se vêtir. U est monté en voiture sans résistance.
On a saisi chez M. Baze les deux pièces suivantes, qui montrent clairement quelle était l'intention des conspirateurs. Si la proposition eût passé le 17 novembre, la mise à exécution des deux décrets que nous citons ne laissait au pouvoir exécutif ni un soldat, ni même un garde national. Est-ce clair?