M HISTOIRE
nait (io voir au stuis- préfet, quand on remit à ce foYictionnaire un hillrt ainsi rom;u :
Au m lin lin |m-ii|i|i rraiii;ai>. le Prr>i«ti-iit it«^ la IlépuMi«|UL* ;i\anl woh' \a (jiii<^tiliiliiiii. lt> |ii iipli' rciilri' ii<iii< la pIfMiitii«l(Mle s«v^(lroits. Kii t'uiis('v|iit'ii«'<\ \ii^ riiiii'tii>n< «liiivi'iit (*«*sS4'r. Kii i|ualiU^ <lt* (i«'>lëf?np» <tij |<t:ii|>|f, iiiiii> Vfiiiiii> vntis n-mpLuvr.
Lr S(iu>-|UTri*l mit qui* et* billet provenait d*une saisie lie la police. H sortait pour s'en en(|uérir, quand^ à la porte (le s(»ii eabinei, il se trouva en face de deux individus : Pujol dit Wrdale, et RimIou . condamné politique. «Qui ètes-vous? (|ue demandez-vous? dit M. (lollct- May<:ri't. — Nous s(»nnnes délégués du |M}uple ; remettez vos fonrtioiis rntn* nos mains et retire/.-vous. — Je tien» mrs fonctions d'un pou\oir régulier, dit le sous-préfet, je uv les céderai pas à une députation de Témeule. — Vous coiikptr/ sur vos soldats? dit Redon, ils ne feront pas frii. Us sa\i*nt, connue nous, que la Constitution r>t \iolér, que le |HHiple eiït rentré dans ses droits; toute résistance rsi impossible. Nous sommes d'ailleurs en nombre : pins de dix mille personnes sont réunies, prêtes à niarclirr. — N*anrais-je que deux homme^ pK*s dr n.oi, répondil aussitôt M. le sous-préfet, que je nMiesiterais pasà me taire tuer avec eux. Je m'adresse à \olre CdUscici.ce; à ma place, agiriez- \ous aulivment? » Kedon . ému , s*a|q>rocba de M. le sous-piéfel , (*t lui dit : ti Ji* M)udrais tout à Tlieure pouvoir mettre mon (orps entre une balle et Viius. » Les deux dêl^uét Ue retirèrent alors et rejoignirent les tiandcs.
D'IN COUP D*ÉTAT. ntl
Le souj^-prcfct envoie un billet au commandant pour lui demander cent hommes qui étaient de piquet à la caserne, descend dans la cour où il appelle aux armes, et prie le lieutenant Montjarres de commander la charge. Bientôt le capitaine Lehongre arrive avec les cent hommes envoyés de la caserne. On montrait à ces soldats, conscrits de huit iours, à défaire leurs carton-* ches et à charger leurs fusils , que déjà les insurgés débouchaient sur la place Saint-Sauveur. Le sous-préfet, ceint de son écharpe, s'avance avec le maire et le commissaire de police. 11 ordonne les sommations. Au second roulement de tambour, les insurgés font feu. La troupe répond, et cotle décharge générale, faite à dix pas, tue sept insurgés et en blesse au moins soixante. Les bandes se dispersèrent, mais allèrent s'embusquer plus loin, derrière les angles des maisons, d'où elles dirigèrent, pendant trois quarts d heure, un feu trèsnourri sur la troupe. A sept heures trois quarts» la troupe était sur le point de manquer de munitions, quand le reste des soldats, qui étaient à la caserne, arrivant au pas de charge , vint décider du succès du combat.
Les insurgés, repoussés sur ce point, se portèrent sur les quartiers Saint-Félix et de la Madeleine, où ils assassinèrent iMM. Bernard Maury et son hcau-père, M. Vernlies, ipii allaient chercher leurs fih et petitsfils au collège, à la nouvelle des troubles. Le premier fut atteint do treize blessures; le second fut tué de deux coups de hache. Us commençaient à se barricader
V26 lllSTOIIiK
dans ces quartiers , quand le capitaine Ducoltmibier, avec quel(|ues soldats du \' hussards , les chargeant \i-> isoureuseineiit , les mit dans mw, drroute Cdnqdèle.
Pendant ce tenq)s-lâ, unt* fouie de citoyens, auiis de rurdre, se réunissaient autour du main* et du sou»préiel. et (M'gahisaient la défense. Uienlôt ils prirent l'olVeusiM*: de forU^s patrouilles sillonnèrent la ville en tiius sens, i*t . à partir de ce nioinent, elle cess<i complètement «l'être trouldée.
I>i> le lendemain, l'état de sié^t* fut proclamé et de iiundm'U>es arrestations turent faites. Le rapport des autorités é\alue I ' noudu'e des priNonnitM's à peu près à quatn* cents.
MM. ilollet-Mav^Tet, mmis- préfet, Lognos, mairCy de Mtmtfdrt, colonel du \' liu.Nsards, le capitaine Ducolomliier «'l le counnissain* de police, ont admirablement tait leur (le\oir. Les jeunes conscrits du 12^ de ligne méritent aussi une mention toute particulière, ainsi que les ofiiciei*s ipii les commandaient, notamment le capitaine Lelnuign' (*t \v lieutenant Montjarres.
Au même signal, rinsurrrction se levait à Bt'*darieux, i (Ia|R'>tan^', à l\*/(*iias. Dans la première de ces trois localités, les d(*mapv^U(*s se constituent en municipalité insurrec'tioniu'Ile. décrètent une conlriJHilion de lOi^tHiO fr. sur l<'s riches, payahie dans la journée. Si cette sonun ■ n'rsl pas payée le sc»ir, la ville doit être pill(*e. La lirtgade dt* gendarmerie insultée, maltraitée par la p«»pulii<'r, se retire ilanssi caserne. On vient l't ab:»adlir. Kile re>i>te. Les insurges attaquent u cou|)s de
D'UN œUP D'ÉTAT. 32^
fusil, cl deux gendarmes reçoivent la mort, ainsi que leur brigadier Léotard. On met le feu à la caserne. Un jeune homme veut sauver le cheval d'un des gendarmes, il est tué dans la rue. Un autre, un enfant blessé et brûlé , veut sortir des flammes , on l'y rejette. On pend un malheureux gendarme, on le garrotte, on l'étrangle petit à petit, et, sur sa prière, on le fusille à bout portant : telles étaient les horreur5 qui se commettaient, quand on annonce l'arrivée de trois cenls hommes du 35*, commandés par le lieutenant-colonel. Le commissaire de police avait pu s'échapper et aller prévenir à Montpellier. Aussi lâcher que cruels, les insurgés prennent la fuite, et la petite colonne entre, sans coup férir, dans la ville, où elle rétablit les autorités et procède à l'arrestation des coupables.
« C'est le 3, au soir, qu'on apprit à Capestang les événements (pii venaient d'éclater à Paris. Aussitôt tous les ouvriers vignerons et travailleurs de terre, qui forment l'immense majorité de la population, cessèrent leurs travaux. Liés entre eux par des serments contractés au sein des sociétés secrètes, ils se réunirent par groupes, et passèrent la nuit du 3 au 4 dans les cafés et dans les cabarets, à organiser le soulèvement du lendemain.
« Avant eu connaissance de leurs desseins, M. Saisset, maire et conseiller général, accourut au milieu d'eux pour les calmer; mais ses exhortations se trouvèrent impuissantes, et il fut obligé de se retirer. Une heure après , vers neuf heures , ils se présentèrent
:*:«) HISTOIRK
lieviuit In Mairie, arm(H» de fusils, «le liachcs, de pi* quesy etc.
« La brigade de gendarmerie, qui était sur le point de se rendre à liéziei-s, comme elle en avait reçu Tordre, ayant \uuln areourir au secours delà nuuiicipalitc, qui Tnisail tout s<»n possilde pour rt'sister à rémcutc, fut a(*cueilli(\ à son arrivée sur la place, par une décharge qui Mi*s>a le brigadier, d(*n\ gendarmes, et en étendit mort un troisième. Quelques instants apn*s, les Itandes dêlilrivnl sur le chemin de lUvJers. oii elles n'arrivèrent pas cependant . parce quelles a|q)rirent en roule la vigoureuse répression qui avait frappé ceusi qui avaient osé y pénétrer.
« IVnd.int que l'émeuie était sur la place de la Mairie, il s'est passi* un fait que nous devons signaler. Un jeune honniiearmé, ayant riTU un ordivd'un desrhefs, se détacha des groupes, se rendit à Téglise où Tun des |u*ètr(s dt* la paroissi* allait monter à l'autel , et lui drfendit di* dire l.i messe jusf|u'à nouvel ordre. Le respectable curé, iiy.int appiis qu'il n'était |)as en sûreté, M»riit dans la soirét* de son |ireshytére, traversa ostensiblement la ville, et alla sur la gmnde route attendre l.i diligence de lU'v.ieiN, où il est resté jusipfau 6 tu malin, «piil e>t rnitré à(^iptstang, après avoir célébré les obsèques ile M. l'abbé Cavalié.» < k,*o du Midi, du 13.)
Le mercredi 10 , le colonel de .Monlfort arrivait i <];qK*s!ang avec deux cents hommes, infanterie et cava« lerie , et une pièce de canon. Avant d*enlrer dann le
D'UN œUP D'ÉTAT. 33!
bourg, la troupe échangea avec les insurgés quelques coups de feu qui leur tuèrent un homme et en blessèrent un autre. M. Lucien Mirabel fut installé en qualité de maire. Après avoir laissé quelques soldats pour maintenir la tranquillité, le colonel de Montfort partit de Capestang , emmenant cinq prisonniers. Le souspréfet, le juge d'instruction et le procureur de la République accompagnaient la colonne expéditionnaire. Â Pézenas, l'insurrection était debout dans tous les alentours , prête à se ruer sur la ville ; mais les mauvaises nouvelles, venues de Béziers, calmèrent l'effervescence et empêchèrent les démagogues de mettre leurs projets à exécution.
Le général Rostolan, parcourant le département avec des colonnes mobiles, ne tarda pas à y rétablir la tranquillité.
Gard. — Des bandes considérables s'étaient réunies pour marcher sur Nimes. Il y en avait trois principales, qui pouvaient former un effectif de sept à huit mille homVnes. La première venant par la Calmette, dans la nuit du 5 au 6 décembre , opéra sa jonction près le Mas-de-Granon aux carrières de Barutcl avec la seconde colonne, qui venait par la route d'Anduze. La troisième arrivait par la route de Sauve. Ces trois colonnes réunies devaient se porter par une marche rapide sur Nîmes, qu'elles espéraient surprendre. Mais les frères et amis de cette ville, étant venus avertir que les autorités avaient pris toutes les dispositions convenables pour repousser
332 HiSTOmE
Tigouniisoiiimt une attai|ii(*, vl qu'il n*y aurait pas kur|)risi\ mais balaillt'. on se sê|iara, et Nimes échappa ainsi ù une invasion.
Drômi-. — Dans ce département, rinsurrection acte vraiment r«tnni(lal)le. Klle comptait sur le concours de Iaoiu suv relui de TIsiTe (*t des autres départements voisins, dans lesquels le général (Mistellane a su niaiotenir si admiralilement la trani|uillité.
Klle N*est levée sur plusieurs points à la fois.
Maigre l'énergique résistance dt* M. Moutiers, maire dt* (j-e^t, qui , avec deux ou trois gendarmes, s'était opposé à une centaine d'insurgés, la casi*rnc avait été envahie le !{, a on/e heures du soir. Prévenu dans la nuit, le préfet en\(»va trente-deux servants d'artillerie et \iiigt-cinq eavaliers qui arri\érent à Oest à huit heures. Plii>iei;r> arrestatituis furent o|iérées. M. L'Ëchelle. c(»nseiller de préfecture, contribua puissann nuMit à organiser le> habitants en gardes volontaires.
h' .1, le> cornu. unes de Chabrillant, de Grai:e, de la Cistre. sonnaient le tocsin. Les movens de défense furent conqdéti*s. l/agitation était aussi extrême autour di Uie.et lesous-|)réret,M.<le Cliazelles, réclamait de pronq»ts s4*cours. { \\v compagnie du 32*, capitaine Fre/iéres. lui fut envoyée. A son arri\ée à Crest, pour se rendre à Die. cette petite colonne eut un engage* nient inunéthat avec une bande de trois cents insurgés, venant de Saillant, à la tète du pont d'Aoste. Les insurgés durent a\oir cinquante tués ou blessés. Du côté de
la troupe, il n'y eut que deux morts, le brigadier Cardinal et le maréchal-des-logis Carrier.
« A sept heures du soir, arriva Tinsurreclion de Grane et de Chabrillant. Sept ou huit cents hommes marchant en colonne, dont cent cinquante marchaient de force, et qui, par une intention atroce, étaient en tête pour essuyer les premiers coups. Au premier rang, se trouvaient le curé et le vicaire de Grane, le curé de Chabrillant et deux prêtres missionnaires. Le jeune Arribat, fils du précédent adjoint, dévoué à l'ordre, adolescent de quinze ans, marchait sur la même ligne, tous ayant le canon du fusil des insurgés appliqué sur le doë. Au premier signal de retraite ou de simple résistance, les misérables qui les contraignaient ainsi
avaient ordre de les tuer. » {Rapport du générai Lapéne.)
Dans l'engagement très-vif qui eut lieu et qui coûta uelques hommes aux insurgés, une main providentielle protégea les malheureux qu'on forçait à marcher en tcMe, car pas un ne fut atteint. Les insurgés prirent la fuite, et le lendemain on trouvait sur le terrain du combat et dans les alentours une foule d*armes de toutes sortes qu'ils avaient jetées en s'enfuyan*.
La compagnie du .12', au lieu de se rendre à Die, resta à Crest. Les insurgés occupaient encore les hauteurs qui domineni la tour de Crest. Le capitaine Frezières escalada la montagne avec vingt-cinq hommes, tandis qu'un autre détachement la prenait à revers et qu'un obusier, placé par les ordres du chef d'escadron Delà-
.13 1 HISTOIRK
iiiolto, sur un platoaiK halayait les posifions do rennemi . qui n<* tint |kis et se replia dans le plus grand disordre.
A priiie cvliv opération énergique tcrniinée, on anuonra qur h >ille allait étrr attaquée par une formiliaMr t'dionne venant (\v Sj)ou, de Puv-Saint-Martin, lt(»urdraii\r!n)nnuiitu'srn\ironnanles. Leronuuandant l)rlanu»tte lit une forte reronnaissance \ers Montélimart a\(r dr rinfaiitcrie, quelqut'S cavaliers et un obusier. A driix kilouH'tres, on vit les insur(;(*s, forts d*environ dt'ux mille litMunies, se ilé|doyeren ligne sur la gauche i\v la eolonne. Deux eoups d*ol)Usier bien dirigés let iirent bê>it('r un instant ; mais connue ils s'avançaient ri'soliunent pour tourner la colonne, le conmiandant lit battiT en retraite* sur Oest. La barricade ((ui formait tête di* pont, fut fortement occupée; une pièce de buit fut min en batterie et Tobusier |dacé sur le «piai, rounnandant la route qui vient |M*rp(*ndiculairc k la Drôine. HientiM 1rs insurgîs attaquèn*nt (*n colonne S4'nvi\ mais la milraillr et une vive fusillade les mirent rn déstu'dre : ils sr dis|»erst*rent |H)ur faire le coup e feu derrién* les maisons. Quelques obus lancés à propi»s, et une cliargc tie cavalerie, dirigée contre un pel(»toii qui s'avançait bardimenl pour tourner la barricade par derrière la culée du pont , mirent les insurgés en pleine déroute. A partir de ce moment, ils ne re|Kirurent pas.
Pendant bs premiers jours, Montélimart fut seule^ ment agitée. Les mesures énergiques et intelligentesda
D'UN œUP D'ÉTAT. 335
major Carmier et du sous-préfet Laurette, assurèrent quelque temps la tranquillité. Plusieurs arrestations furent opérées, entre autres celle de Tex-représenlant Combier. A Rochegude, les insurgés s'emparaient de la Mairie malgré la résistance du maire, M. Ishe. Ils y passèrent la nuit à délibérer en buvant, et le lendemain matin , le juge de paix de Saint-Paul-Trois-Chàteaux , survenant avec des gendarmes, arrêtait les principaux d'entre eux.
Dans la nuit du G au 7, sur la route de Sauzel, on signalait Texistence d'une bande qui voulait marcher sur Montélimart. Le capitaine Palastron, du 63', se porta en avant pour la disperser , mais il ne rencontra que quelques hommes armés marchant par groupes de deux ou trois à la fois, qu'il arrêta.
A on/e heures, dans cette même nuit, le capitaine Pommerais, avec cent hommes des 63* et 13* de ligne, partit pour Marsonne, où, suivant le rapport du garde champêtre , quatre cents insurgés étaient réunis et sonnaient le tocsin. Au village de Saint-Marcel, la colonne se trouva en face de six à sept cents insurgés au moins. Trois hommes, portant un drapeau, s'avancèrent pour parlementer : « Bas les armes! leur dit l'officier. — Nous ne voulons pas être esclaves, répondirent-ils, vive la li<;ne! à nous, nos frères!» Le feu commença. Après deux heures d'un combat fort vif, dans lequel les soldats, qui tous étaient de jeunes recrues, tinrent n.erveillruseinent, le capitaine battit en retraite et rentra à Montélimart à cinq heures et demie du matin.
:<:m IIISTOIHK
Tout Ir l(»fi*: ilii rliriniii, on iMiloiuiait lo tiirsin dans les cain|Ktgn(*s.
Au point <iu jour. \v 7, nnr forlt' colonne partit de MtMilrliniart pour piuissor justprâ Sanxel ; mais |iartout 1rs iiiNur^Ts, tpron \it vu a^M/ •:ran(i nombre, ne voulurent pas ti'utrr (ren^'a*:<*nHMil et prirent la fuite. On mira i!ans San/.rt s;uis voup frrir. M. Laurette, souftpriTcl. i|!ii rt.iit aver la colonne, a monlri* la plus gratiilr 4'iu»r':i<* et le plus ^raml s^nig-froid.
Le jilni ii.*s insur|:c<i, ciunnie on le voit parleur» opiralioiis contre <a'est et contre Mtuitélimart , était de s\MM|)ar( !* lie ces iletix \ilh*s. |u»nr ensuite se |)orler en misse >{\v Val(*nc(*. i|u*auraient attaquée, de leur côté, lescounnum^s de rArdècln*, \oisines du |Hiut sus|)endu. <leu\ de IWrdèche de\aieut être coiniii mdes |Kir un nonnne lUotliuKappan^dleura la<'arrièrei!c (luillcronil.
Apré^ leur défaite an pont deOist, le> insurges île (■rave et coiiinnines \oisincs s\*in|tarerent du \illage île Satdi'e et marchèrent la nuit suivante sur Loriol. Ils inireni le feu au l«dé^ra|dH' . Mdêrent deux lunettes, puis, le lendemain matin 0, \oyant que le feu a^ail epar;:ne les niacliines, ils y riMitrèrent et lu'isèrenl tout à coups de liaelie. Le ntaire de Loriot a\ail voulu résister: mais ni son conseil nuniicipal ni les |Kmipii*rs ne \oulurent lui prêter appui. Vingt-cinq liomnics du 9* d'artillerie, de |iassiige à Loriol pour st* rendre à Bourges, et conunandcs par le maréclial-des-logis- fourrier Ksnest. se mirent à la disposition de Tautorile dans la matinée du S. prirent les fusils des pompiers, et
lèrent impassibles devant les émeutiers, qui n'osèrent pas les attaquer. Ils se retranchèrent dans la Mairie qu'ils protégèrent.
Les insurgés allaient marcher sur Valence en quittant Loriol. Le préfet était à Crest; l'autorité militaire dut aviser seule. I^a garnison de Valence prit ses postes de bataille hors do la ville, avec quatre pièces d'artillerie. Une garde civique de quatre cents hommes fut organisée. Ces précautions intimidèrent les insurgés, qui n'osèrent attaquer. Ayant appris la défaite de ceux de Montélimart, ils quittèrent Loriol dans la matinée du 9, et regagnèrent leurs communes respectives.
Piîudant que les insurgés marchaient sur Crest, Montéhmartet Loriol, la commune de Chavannes avait aussi son insurrection. Le maire , Boffard et son fils, avec une soixantaine d'individus armés de fusils et de fourches, forçaient les gens paisibles à s'armer et à marcher avec eux.
Des forces avaient été demandées ; mais elles n'arrivèrent qu'après la défaite de l'insunection. Il faut donc faire honneur de ce résultat exclusivement au dépôt du i^ régiment d'artillerie, aux recrues de quatre régiments d*infanterie, qui, sans aucune habitude du métier des armes, ont montré la plus grande anleur et la résolution la [)lus intrépide en face du danger. A la date du 1*' janvier, plus de six cents individus étaient en état d'arrestation. Les chefs, pour la plupart, étaient en fuitr.
Comme nous l'avons dit, cette insurrection a été
.1.18 niSTOIIlK
Tune dos plus lorribles, sinon par le non^brc . du moins par Tardeur des insurgés qui se sont mieux battus qu*en aucun autre déparlement. Cependant, en présence de rc fait , que des colonnes de six à sept cents hommes n*onl pu entamer, pendant des heures entières, une scult* compagnie isolée, la nuit, on doit avouer que, quand on \oudra emplovtT l'armée contre le désordre , elle sera in\incible; Tanarchie ne peut rien contrôla disci|)line vi le senlitut'ut du devoir.
.Xhum'uk. — Dans ce départrmrnt limitrophe de la Drôme. It*s insurges etunplaient se porter sur Valence, jNiur donner la main aux bandes qui atlatpiaient Créai et Montéliniart , rt qui de\aient marcher aussi sur le chef-lieu : mais ils furent loin de nutntrer la même énergie.
Tue bamle dr plus de six cents insurgés des villages i\r Sainl-Vinc4iil-de-narrés, de Saint-Lager-et-Brcfrsac , di' Haix-iie-Cruas , de Saint-Symphorien et de Koclie-Sau\e, |»ril la fuite de\atit une demi-brigade de gendarmerie. t\\\\ eut Taudace de Tatlaqurr dans b plaine du Lac. Presque tous Ci's bandits avaient des n;u> rt des |»;inier>, pour emlmller le butin qii*îb ctiiuptaii'nl fairr à Pri\as.
Rcauroiqi dr frnnnes sui\ai(*nt celte armée ilu pillagi'. l/une d'elli s dis^iit <yiioii h allait /mis asseï rîlr, ri (jurllc nanniit pas le temps de faire plusicun loffages,
l)ai:s la nuit du 7 au 8, un rassi*mblcment d*au
D'UN œUP D'ÉTAT. 33
ngioins huit cents insurgés se préparait à marcher sur Aubenas. Quelques gendarmes s'avancèrent contre eux et les mirent en déroute au point du jour. Les sapeurs-pompiers de la commune de Vais barrèrent le passage aux fuyards; les gendarmes purent en arrêter un certain nombre.
A Largentières, ils furent plus hardis; ils attaquèrent le poste du pont Barante, où un sergent les repoussa vigoureusement et donna Talarme. Le poste fut renforcé, et le sous-préfet, accouru sur les lieux, fit faire les sommations, à la suite desquelles une seule décharge, qui abattit plusieurs des insurgés, mit tous les autres en fuite. Beaucoup furent faits prisonniers, notamment plusieurs qui étaient blessés.
M. Tlicron, habitant de Vais, dans une lettre adressée à la Pallie du 1 4, rend ainsi compte de ce qui sest passé dans celle comnmne :
a A la nouvelle du décret de l^uis-Napoléon , le maire de la co nniune de Vais, prévoyant la fureur des rouges qui entouraient sa commune, convoqua son conseil, qui se déclara en permanence et établit à la commune un i)oste de surveillance, avec deux membres du conseil, présents chaque nuit.
« Le (), lendemain de Tatlaque de la préfecture du département, les débris de cette bande, réunis aux Montagnards du canton dAntraigues, le drapeau de ce canton en iéte, au nombre de sept cents, armés de fusils, de fourclu's ol de butons, divisés en trois grou|>es, commandés par MM. Gamon, fils du juge de paix de co
canlon. pistolets cl «vibre cii main; Vi(;oiiroiix, médecin «le Vais, eU\ , etc., etc. . st» portèrent en masse sur le hoiirg <lr Vais. Ce villa;zc, hien peuplé, souriait parfaiteiiM*nt au projet de la <léira<;ogie. \n\r sa |»iisitiou topo* ^raphi<|ue. à cini| kilomètres «rAubenas.
(( i\v h\n\r\: n*a\ail pour m* «léfeiulre iraiitre force puliliipi)' «pu* «leu\ ^'anies t'liampétn*s et une eompa- ^uie «Ir >apeurs-p<»iupit*rs de (piaraut«*-cin«| hommes.
H Pn>\(ivant les é\éneu)euts de la nuit, M. Jules r.h.uupaidu't. main*, et sou frère Louis, oflieirr de ma* rinc en roni:r. a\aii*nt «»r^auisé drux postas de ipiinie lu»uuurs ch.'irun. Tun à !a .Mairie, el Taulresur la route «i'Antrai^Ufs, à Irentr uu'tresdu village, avcr seulinclle a\anm' >ur li roule.
» .\u<^it(M tpir l«'s «léiua«:o^urs furent signalés aui p«isi('> par la sculiu<*llo avancée, le maire prit la caisse et battit lui-uu'*me la ^M'uéralt* dans la (irande-Ruc« et un appel aux amus fut fait aux lialiitauts. Kn un quart d'IuMirt*, mit habitants rt \v reste des pompiers, bien armi's. :i\ançai(*ut pleins «rardeur. M. Louis (^hanipan* h«*l , deux pi>t«dcls au poiri>;. s'avance \crs la troupe «rHu^mie. lui fait s«)mmati«»ii de s*arrehT. .Xpn'^s un l(»n<; cidliMpie, (laïutui m* retin* av(>c sa bande dans la direction «b* Sai!il-.\ïulé«d.
H AiuM se passât la nuit du îi au t». Sans eiïusion de sani:. cent cin«piante hmnmes. c(»iiduits avic talent et eTieruMe. saus fiu'ce publi«pu*, ont sulli pour liissiper wpt cents lirii^antls. •>
DiUs la i.uit du <» au 7. la Ihmuu* contenani*e des
habitants de Vais en imposa aux insurgés qui n'osèrent les attaquer.
Au moment où nous écrivons les dernières lignes de ce chapitre, Insurrection des départements , tout est calme , tout est pacifié , et le repentir, sans doute, est dans bien des consciences que l'esprit d'anarchie avait perverties. Aujourd'hui, ceux qui n'ont été qu'égarés doivent apprécier les doctrines que leur prêchaient les apôtres du socialisme. Nous ne nous sentons pas la force ni de frapper ni de maudire : ces hommes sont des vaincus, ces hommes sont des Français. Âh ! nous voudrions pouvoir déchirer ces pages. Si notre rôle d'historien ne nous astreignait pas à montrer l'enseignement du passé, oui , nous eussions effacé peut-être ces récits désolants ; mais à mesure que notre travail s'éloignait (lu point de départ, nos réflexions sont devenues moins dures, nos jugements moins acerbes. Le lecteur a pu remarquer que nous nous sommes, à la fin, borné à raconter presque sans commentaires.
r/est que deux faits immenses se sont accomplis. L'élection présidentielle a prouvé le repentir ; car, dans les départements insurgés, le chiffre des votes négatifs est loin d'atteindre celui des insurgés eux-mêmes. Donc, ces malheureux qu'on avait trompés se sont repentis. Qu*on nous trouve un autre motif. Puis, pendant que nous écrivions ce récit, fait, quoique non pas imprimé, le dernier de notre livre, la clémence du prince a passé sur les coupables. En présence d'un exemple donné d'aussi haut, notre plume a dû se hâter d'obéir aux
3n msToiiiE iri'N <:ori» d'ktat.
inspirations de notre cœur. Ainsi dune , horreur auK lioclrincs, ro^rels et pleurs sur les crimes qui ont tant anii(!/' notre France ; mais pitié pour les hommes , pour ceux du moins qui n'ont éléqmMi avcu^iles instruments.
Ilahilanls des camp;ignes, qui u*élit'/. point faits pour la lutte impie, et que le veut du di^sonlre a entraînés, malgré vous peut-rtre, retournez où la clémence du lirirtcr vous renvoie : à vos demeures, que vous n*abandonnere/ plus désonnais ; vers vos femmes , qui ont tant pliMiré votre al»sence; vrrs vos pauvres petiU enfants, qui deinaïuiaimt chaque soir pourquoi leur père ne rentrait pas au io>*is. Helourne/ à votre passée de travail , rlliahitudes paisibles : à vos rroyanr(*s héréditaires, à viittv honhrur, en un mot.
Aujourdiiui , vous sivcz où mène Tesprit de désor* «Irr, et re que produisent les doctrines insensées. On vous a préi'he la lieetu*«; ; elle conduit à la perdition par le i'Iiemin du crime. Ne croyez plus désormais qu'A la liLKTté. SeuleiU(*ut, re nu>t dont on a tant abusé, vouleivoiis le liicii comprendre? La liberté. c*est rexercice du droit et raccomplissemcntdu devoir. 1 1 y a longtemps ipii* vous saviez cela, du rrslc. {)uv\ t-st celui d'entre vous qui ne connaisse pas cette ma\ime : Ne fais pas A uitrui ce que tu ne voudrais \\i\s qu'on t(* fil à toi-m^me; et cette autre : Aime/ votre priKrhain comme vous» même? C'est la fraternité de T^Aangile.
ATANT L'éLiCnON
Nous avons fait Tbistoire du coup d*État proprement dit. C'était un ensemble d'actes trop importants pour ne pas Tisoler et le présenter à Tadmiration du lecteur dégagé de tous les faits accessoires. Nous avons fait à part aussi Tbistoire de l'insurrection de Paris et celle de l'insurrection des départements. Il fallait montrer cette lutte sacrilège des partis et du désordi'e isolée également y pour que Tborreur qu'elle inspire ne vint pas se mêler aux sentiments d'orgueil national qu'on doit éprouver en lisant le récit des actes de ce gouvernement, marcbant au salut du pays, inspiré par son honnêteté et appuyé sur sa force.
Dès le matin du 2 décembre^ on afficha la composition d'un ministère provisoire :
MM. DE MORiNY, intérieur ; FOULD, finances; ROUHER, justice ; MAGNE, travaux publics :
LACROSSE, marine; CASABIANCA, commerce; SAINT- ARNAUD, guerre; FORTOUL, instruction publique; TURGOT, affaires étrangères.
Le Jlfouî^ewr devait en faire connaître prochainement la constitution définitive. Pendant les graves événements des premiers jours, le ministère de l'intérieur fut comme l'état-major des autres. Presque toujours, les différents ministres y furent réunis pour concerter les mesures à prendre, pour être immédiatement instruits de ce qui pouvait concerner leurs départements respectifs. Â la tète de cette cohorte d'hommes dévoués et habiles, M. de Morny, comme un général en chef à la tète de son armée, se multipliait d'une façon vraiment prodigieuse, pourvoyant à tout avec une aisance et une sûreté d'action qui étonnent les plus versés dans la science administrative.
; Aussitôt son entrée au ministère, il y avait organisé, sous l'habile direction de M. Gimet, un bureau de censure qui dut immédiatement s'occuper de la presse, diriger son action conservatrice et museler son mauvais vouloir. Au nom de l'état de siège, douze journaux furent
suspendus : V Union, C Assemblée nationale, le National, le Siècle^ la République, V Avènement du peuple^ la Aévolution, le Charivariy r Opinion publique y le Corsaire y le Messager. Les presses furent mises sous scellés et les imprimeries occupées par des soldats. Quant aux journaux qui n'avaient pas été frappés de suspension, ils durent soumettre toutes leurs publications au visa du gouvernement avant d'imprimer. Quelques-uns , la Presse par exemple, n'ayant pas voulu faire les suppressions ou les modifications prescrites par la censure, reçurent défense de paraître. Trois seulement, la Pa-trie, le Moniteur et la Gazette de France parurent le soir. Seule, la Patrie planta son drapeau à côté de l'acte de Louis-Napoléon, Un seul article d'appréciation parut, ce fut le sien, signé de M. de Cesena, qui venait assumer sa part de péril, si péril il y avait.
En accomplissant le grand acte du 2 décembre, le prince Louis-Napoléon prenait le pouvoir suprême d'une main et le rendait de l'autre à la nation. Il n'y a pas eu une minute d'intervalle entre le coup de foudre qui a brisé l'Assemblée et la Constitution, et le décret qui a remis le peuple français entre les mains de sa propre puissance. L*art. 1*' du décret dissout l'Assemblée nationale; l'art. 2 rétablit le suffrage universel; le suivant convoque le peuple français dans ses comices.
Le prince a parfaitement compris qu'il n'était que le délégué de la nation. Il a agi comme tel, et immédiatement il s* est présenté devant son juge. Un ambitieux eût fait autrement, il fût resté maître par Tauto-
3M HlSTOlKli:
rite du fait accoiti|>li : « Au nom de la force, obéissez, » cAt-il dit. Cest ainsi que faisaient jadis oes empereurs romains qui recelaient la pourpre d*une émeute pi^éhH ritiine. lU régnaient un jour, et la force qui les af ait élevés les brisait eux-méuies. Mais lui n*a pas les vues étroites de la personnalité et de Tégoïsme. Le pouvoir pour le puu\oir, ce n*est pas ce qu*il désire, c*esl IM fardeau dunt volontiers il eût déchargé ses épaules, nous n>n doutons \ias, (le qu'il veut, il le dit : Accomplir la grande mission qu*il a rc<;ue.... fermer Tèra des révolutions.... créer des institutions qui survivent aux hommes... et sur Ies4{uelles on puisse asseoir quelque chose de durable. Cest dans ce but d\iveiiir et de salut qu'il a brise* ce qui était une cause permanente de trouble et de discorde... Cest dans ce but qu*il demande le pouvoir.
Il est préoccupé du biMiheur, de Tavenir de la France. Ce n*cst pas un rêve d'ambition personnelle qu*ij veut réaliser, c'est la réédification de la société qui croule, de la civilisation qui va périr peut-être. Il veut refaire heureux et pros|)ère ce piys, auquel Dieu a promis de si hautes destiuées, aujourd'hui compromises par les ambitions, par les égoismes, pui* les aberrations poUl^ qnes el sociales de toutes sorles.
Pour un tel but, il faut un |K>uvoir bien grand, biee fort, un pou\oir à base inunensc. Il faut le pouvoir de la nation elle-même , le déléguant par la grande vois du suffrage universel. Il faut le pouvoir venant de DieUp vox populij t*ox Dei. C'esl celui-là que le prince Louis»
DXN CXMiP D'ÉTAT. 347
NapoléoQ Bonaparte demaDde , parce qu'il ne croit pas qu'on dehor&de oelui-là, il y en ait d'autre qui soit fort, dnrable , et par-dessus tout légitime. Noua déoioutrerons plus loin y de la façon la plus formelle , que la saurce du pouvoir est dans l'élection, qui est le mode qu'a k volonté nationale de se manifester. Cette délé* galion de la souveraineté que fait un peuple dans ses comices, n'a réellement puissance entière et souveraine que quand le peuple tout entier est appelé à exprimer sa volonté. Le suffirage universel est donc la seule voii de la souveraineté populaire. C'est pour cela que ceux même qui avaient exclu du suffrage la plus grande partie de la nation, gardaient à ceux que le privilège déléguait le nom d'états généraux; car anciennement on convoquait le peuple entier. 11 est dit dans la charte de Louis le Débonnaire, qu'on doit consulter la généralité du peuple, generalitatem populi.
Dans le chapitre intitulé : Coup d'État, nous avons ionoé le texte de l'appel au peuple. 11 contient les bases sur lesquelles Louis-Napoléon veut faire une Constitution pour la France. Tout est déOni, clair, précis, et, comme le prince le dit lui-même : « Pour la première fois depuis 1 804 , le peuple vote en connaissance de came , en sachant bien pour qui et pour quoi. »
Mais si Louis-Napoléon fait un appel franc, loyal, à' l'arrêt auquel il promet de se soumettre « il veut que est arrêt soit rendu sans entraves, sans pressions poli^tiqnes , et que Tordre règne en France tant qu'il aura en main le pouvoir provisoire qu'il a dû prendre. C'est
i.^ HISTOIRE
pour sK'ondor n^s inlontions du prince, pour en assu- HT IVuTutuui . (|uc M. ilr Mau pas fait afTicher la prorlauiatioii aux lialûtanls do Paris, que nous avons ci- It't; à la pajio 100 tie re livre.
Le priiin* Lunis-Napolé<m \oulait que rêleclion se fit lo plus pr4MupUMnent possiMe, ne désirant pas garder l(»iigt<'Uips un pou\oir de fait seulement et pro* visoire. Il reiuiit , dis lo i déceinbre, le décret suivant, i|ui ne fut affiché dans Paris que le 3 au matin , mais qui a\ait été en\oyé aux préfels dans la journée du i :
Al NOM W VFAVUïs KHA.NÇAIS.
Lf l*ri«idi'iit ili' la Ur|iutilii|ii(',
i.i»iiMiicr.iiit qiit' l.i M»u\(T.iiiirtc roitli' tlaiis ruiii^iTsilité des cilii\i-ii> vi i|ii\itiriiiii- rr.irtiiui (lu |M'ii)ili' uv |M'iit >*t'ii aUiiliuiT Tvirr- •'II >', \ii li-N l<iio ft arii-tt '«i|iii niit iV'^'ti' jii^|irà ce jour \v iiiuJe ik* Vàp' pfl au pou pif «t iiiitaiiHnrnt \v< <lr(Tft> tlu 5 fructiddr an Ul. 24 fC tu friuiaiii.' an MU, rarrèlc du *J0 tlniial an \, Ir sii'iiatus-i-unsolte du *JK ll>>n'al ail Xll ;
\[tu*ii- i". \.v pt'Uplc rr.inr.ii^ iM MilfiiiiellrniPiit ronTot]uc daiM «M <> (Mniioi *», II' 14 dn-fuilirt' pri"«4iit innis, pi>ur acri'ptcr on rrjeler !• plf|iiM*ili> «uiv int : 1^* ptuplr rran^*ai> vtut li' maintk-n de Taulorilé d< l««>uis-N.i|Mili'Mii |{«ina|»artf, et lui dèU*;;ue lt*s pouvoirs ncceséiirei • |Ni!ir tialilir une OiiiMitutinn muf les tia>os proposées dans «a prorl.iin.ithiii du...
Art. 1*. S«*nt app 'lé« à vuter tous le» Françai.s à^'é» d« 21 an», jouit- Mut de leurs droits riviU et (Mi|itique9. \U devront justifier, toit dt litir in^Tiplioii sur le> li>tes elci'torale> en vertu de la loi du IS m iio \sk*.*, MUt de ra('i-i>mplis>enient, depuis la formation des Iti •!i'N t ••ndition*» eii^'èis par cetti' loi.
D'UN œUP D'ÉTAT. 34t
Art. 3. A la réception du présent décret, les maires de chaque commune ourriront des registres sur papier libre, Pun d'acceptation, l'autre de non-acceptation du plébiscite. Dans les quurante-buit heures (le la réception du présent décret, les juges de paix se transporteront dans les communes de leurs cantons pour surveiller et assurer l'ouverture et l'établissement de ces registres.
En cas de refus, d'abstention ou d'absence de la part des maires, les jugt^s de paix délégueront soit un membre du conseil municipal, »oit un notable du pays, pour la réception des votes.
Art. 4. Ces registres demeureront ouverts aux secrétariats de toutes les municipalités de France pendant huit jours, depuis huit heures du matin jusqu'à six heures du soir, et ce à paitir du dimanche i4 décembre jusqu'au dimanche soir suivant 21 décembre.
Ij's citoyens consigneront ou feront consigner, dans le cas où ils ne sauraient pas écrire, leur vote sur l'un de ces registres, av( c mention de leurs nom et prénoms.
Art. 5. A l'expiration du délai fixé par l'article précédent, et dans les vingt-quatre heures au plus tard, le nombre des suffrages exprimés sera constaté ; chaque registre sera clos et transmis par le fonctionnaire dépositaire au sous-préfet, qui le fera parvenir immédiatement au préfet du département Le dénombrement des votes, la clôture et la transmission des registres tenus par les maires, seront surveillés \vkT les juges de paix.
Art. 6. l-ne commission, composée de trois conseillers généraux désignés par le préfet, fera aussitôt le recensement de tous les votes exprimés dans le département.
\jc résultat de ce travail sera transmis par la voie la plus rapide au ministre de l'intérieur.
Art. 7. Le recensement général des votes exprimés par le peuple français aura lieu à Paris au sein d'une commission qui sera instituée par un décret ultérieur.
Le résultat sera promulgué par le pouvoir exécutif.
Art. 8. Les frais faits et avancés par l'administration centrale et runimunale, et les frais de déplacement des juges de paix pour l'établissement des registres, seront acquittés, sur la présentation des quittances ou sur la déclaration des fonctionnaires, par les receveurs de Tenregistrement ou les percepteurs des cootributioiis
350 nSTOIRE
Art. 9. Le ministre de Tintérieur est chargé d^activer et de régnlariser la formation, l'ouverture, la tenue, la clôture et Tenfoi des registre».
Fait au pala^de T Elysée, le 2 décembre 485i.
Louis-Napoléon Boivapartb.
Ijb ministre de Vintérieur,
De Morny.
Parts, le 2 décembre 1851.
En même temps que ce décret était envoyé aux préfetSy M. de Morny faisait parvenir aux maires la drculaire suivante :
Paris, le 2 décembre 1851.
Monsieur le maire,
La nation est convoquée dans ses comices pour régler les destinées et Tavcnir de la France.
Le décret de co jour convoque le peuple , à partir du dimanche 44 décembre jusqu'au 21 décembre suivant ; il vous charge de faciliter et régulariser, dans le cercle de vos attributions, la manifestation libre et spontanée du vœu public.
Je dois vous retracer en peu de mots les caractères de votre mission et appeler votre attention sur les points suivants :
Ouverture des registres, — Réception des votes, — Relevé des suffrages , — Clôture et transmission des registres, — Rè^ement des dépenses.
Ouverture des registres, — A la réception du décret du vous devi-ez ouvrir au secrétariat de la municipalité deux registres : L'un d'acceptation, l'autre de rejet du plébiscite soumis à la sanction du peuple.
Ces registres seront sur papier libre et conformes aux modales numéros 1 et 2, annexés à la présente circulaire.
11 sera écrit en tète de chaque page du premier registre le mot ACCEPTATION, et en tète de chaque page du second le mot RUET«
Chaque page sera numérotée et paraphée.
D*UN COUP D*ËTAT. m
Dans les grands centres de population^ les maires pourront avoir plusieurs registres.
Vous mentionnerez sur ces registres le jour et Theure de leur on- ▼erture pour fixer le cours et Texpiration du délai de huit jours, déterminé par Tarticle 4 du décret, pour la réception des f oies.
En nièinc temps que ces premières formalités seront remplies, vous ferez avertir les habitants de la commune, dans les divers centres de population qui la composent, par les voies ordinaires de la publicité, c'est-à-dire par des affiches et des publications au son du tambour , que les votes seront reçus pendant huit jours, depuis huit heures du matin jusqu'à six heures du soir.
RéctptUm des votes. — Tous les Français, Agés de vingt et un ans et jouissant de leurs droits civils et politiques, ont le droit de voter. La loi du 31 mai i850 est abrogée; le suffrage universel est rétabli. Vous devez donc faire voter sur les listes électorales dressées en vertu de la loi du 15 mars 1849.
Toutefois, depuis que ces listes ont été faites, un assez grand nombre de Français a atteint Tâge de vingt et un ans. 11 serait injuste de les priver du droit do voter. Vous les admettrez donc lorsque leur droit vous sera personnellement connu ou vous sera attesté par deux autres électeurs.
Vous assisterez, autant que possible, monsieur le maire, à la réception des suffrages, et vous vous ferez remplacer, en cas d'absence, par un adjoint ou un membre du conseil municipal.
Le mode de consignation des votes sera très-simple.
Ceux qui seront d'avis d'accepter le plébiscite inscriront ou feront inscrire leurs noms et prénoms sur le registre d'acceptation.
Ceux qui voudront exprimer une opinion contraire se borneront à inscrire leurs noms et prénoms sur le registre et rejet. ^La spontanéité et l'indépendance des suffrages doivent être respectées par tous. Vous devez surveiller et réprimer au besoin, à l'aide de la force publique, toute manœuvre, toute violence, qui, à un degré quelconque, générait la liberté des votants. 11 ne faut pas que les passions des partis, leur aveuglement, leurs intrigues, leur ambition, puissent dénaturer ce grand acte de la souveraineté nationale.
Belevé da sug'ragei^ clôture et tramtmiisiom des regiêiret, — Après Texpiration du délai de huit jours» vous ferez, mo nii euf le maîre^U
VM HISTOIHK
rlùtiin' «los ilfiix r'j:i«ilri'<: vi»us ffriz au'^M, du iiomlirc don toU's eipriiiit-'i <iiir ilianiii il't'iix, un n-lrvt' ;^''ih'tîiI à la limlu n^gUtn*.
I^'s n^'istrt'S vi W rvWw «Ifs \t»li's <levroiit rlir iiiiiiièdiaU^iiii'iit tran<mi< au «i4»ii--pirfi't.
H^ijUment dfs H^prnses. — \a'.* ili'pfn^îts rtMiilui'*i tiirossairos jwur rrxn'iitMii ilti lit rri't <ii-n)iit ri'iiilHiiir^'is. rniiriiiniriiifiit à rarticle 8 itii iliMTi t. .-iii\ ilivir<> ri>ni*tioiiiiaiic<« Mir Inir df'rtaratiuii im la pré- >«'iitatii»ii (!•-> ifiiittaih'r-, pur li s rt'l'l'\l'll^^ «k' IViiri'^N«tn'iiii*iit nu 1^ (MTftpIl'ur'i «II'» (-••iitriliutii>ii<> «iinrtfs.
\iiii< ili'\rr/ viiii< riiiirnniitT aiix iii>tnirtiiii)< ipii \oii> srront dnniiir^ H-ir M. Il' jiip- «!«• piix. rli.irjri* «If .«urvfiiitT IVxûrnliun du déi-ii't. v\ je U i'oiitic, iiMii^ii-iir II* inairi', à vntn patrii>tionii* t'rlaîré.
Le minittre de i'intërieur ,
l>l. MmILM.
i.i.i\KriMi.>T liti;(;iSTUK V 1.
— \<.aj'TATIi>!<l. ^
Arrondits entent —
il Kii \iTtii (lu plt'lii^nto du les cituyraa
— dont li'< iitiiiis .<ui\i-nl, uiit n'puiidu affirmativement à
MivMi m: la H'Hilution po*M'*e rn ces trrines : 1 b! {N'Uplr fruiirais xcul Iv niniiitirn df Tautunlé
« de Liitii<-Vi|Hd«-nu Riinapartc, l't lui di'lrjrut* le> pou* u viiir> nt'i'i's>ain> |Hiur faire une r.iiii«tituiii»n sur les « Ikin'<» pruiNiMTS ilans sa ppN'lauiatiou du •
>im> 1.1 l•lll.^«l«^ i»i.N sii.>Ai iiNKs.
IMIBMIC.
Tiital du nuiubre des ^ijriiaturos :
\x n-^Miitre n* 1 e>t aliHiluun-nt paix'il au n^^'istre a* I, sauf U MitutitMi duiuot mégativtment au niutafliruiatiTeiucni.
Des instructions furent adressées j pour l'exécution de ce décret^ aux procureurs généraux et aux juges de paix, par le ministre de la justice. Voici ces deux pièces dans leur entier :
Paris, le 2 décembre i85i.
Monsieur le procureur général.
Vous connaissez les événements qui viennent de s*accomplir à Paris. La souveraineté résidant dans le peuple , le Président a cru indispensable de Finvoquer pour réprimer les factions et sauver le pays.
Je vous envoie les proclamations et les circulaires adressées directement aux juges de paix et aux procureurs de la République. Veillez à ce qu'il en soit donné connaissance à chacun des fonctionnaires placé sous vos ordres , faites-leur comprendre toute la gravité de la situation et la nécessité de leur concours dévoué, sur lequel le gouvernement compte comme sur le vôtre.
Le ministre de la justice^