COUP D'ŒIL EN ARRIERE
Louis Bonaparte avait essayé la majorité comme on essaie un pont; il l'avait chargée d'iniquités, d'empiétements, d'éaormités ; assommades de la place du Havre, cris de vive l'Empereur! distribution d'argent aux troupes, ventes dans les rues des journaux bonapartistes, prohibition des journaux républicains et parlementaires, revues de Satory, discours de Dijon; la majorité porta tout.
— Bon, dit-il, le coup d'État passera dessus. Qu'on se rappelle les faits. Avant le 2 Décembre le coup d'État se faisait en détail, çà et là, un peu partout, assez effrontément, et la majorité souriait. Le représentant Pascal Duprat était violenté par les agents de police. — C'est très-drôle, disait la droite. — Le représentant Dain était empoigné. — Charmant! —Le représentant Sartin était arrêté. — Bravo! — Un beau matin, quand toutes les charnières furent bien essayées et graissées, quand tous les ûls furent bien attachés, le