‹ Histoire d'un dessinateur, comment on apprend à dessiner;Chapitre 29 sur 41 · QI · texte numérisé non relu

QI

matière; s’il s’agit de statuaire ou de peinture, le caractère principal de l’individu ou du sujet.

« La nature met toujours du style dans ses productions, parce qu’elle procède suivant un ordre logique, adoptant les formes qui sont la conséquence de la destination, aussi bien dans les séries inorganiques que dans les séries organiques. Si donc il s’agit de créer, c’est-à-dire de produire un objet appartenant à une des industries de l’homme, il est bon de procéder comme elle procède, de tenir compte de la destination de cet objet et des qualités de la matière employée pour le façonner. De telle sorte qu’un vase de terre ou de verre ne pourra adopter la forme propre à un vase d’argent ou de bronze, qu’un meuble de fer ne devra pas ressembler à un meuble de bois. C’est donc pour cela qu’il convient de connaître parfaitement les divers procédés industriels, pour ne point s’en écarter, dans la composition des objets que fournissent les diverses industries. »

Pendant quelques mois, petit Jean s’exerça donc à composer des objets très divers, et il fallait qu’il indiquât les moyens à l’aide desquels il devrait les faire exécuter, ce qui ne l’empêchait pas de dessiner d’après le modèle vivant ; et M. Majorin, chaque fois qu’il examinait les études de son élève, insistait sur le caractère propre à chaque individu, lui faisant sentir comment il y a harmonie dans la physionomie de chacun, comment les gestes, les attitudes, la conformation des os et des muscles possèdent, aussi bien que le visage, un caractère individuel. PetitJean avait pris l’habitude, toutes les fois qu’une physionomie le frappait, de la graver dans sa mémoire et d’essayer de la reproduire (fig. 109), ou bien il s’exercait à copier des animaux et d’essayer de faire entrer leur structure dans ses compositions; ou encore, il analysait les plante?, leurs organes, et trouvait là des éléments charmants de formes nouvelles, des sujets d’observations délicates dont il faisait son profit.

et ii s’apercevait chaque jour que les artistes de l’antiquité, que ceux du moyen âge n’avaient pas procédé autrement. Ces exercices étaient très bons, en ce qu’ils l’habituaient à distinguer tout d’abord les linéaments principaux , personnels à chacun, ce qui est la première condition du style.

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