‹ Histoire d'un établissement paroissial de colonisation, St-Jean de Matha [microforme]Chapitre 37 sur 41 · XXXIII · texte numérisé non relu

XXXIII

OBSXRVATIONS GÉNÉRALES

Si toutes les terres de St-Jean de Matha étaient travaillées selon les nouveaux systèmes, il est certain qu’elles deviendraient en peu de temps des terres de fortune, eu égard en général à leurs qualités ainsi qu’à leur force de production. Bon nombre de cultivateurs capables, dispersés dans tous les rangs de la paroisse réussissent bien et augmentent tous les ans. Pourquoi ne pas espérer les mêmes succès chez tous, sur des terres semblables !

Ce qui a retardé l'avancement de plusieurs chefs de famille dans la voie de la prospérité, c'est l’inanité de leurs m5yens en arrivant par ici, ce qui retarde encore auiou:d’hui le progrès d’un certain nombre, &’es: j'obligation de consacrer à payer des dettes contractées avant d’arriver, les épargnes du jour que l’on pourrait em-

ployer à l’amélioration d’une propriété. On a

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attendu un peu tard pour venir prendre des terreg nouvelles, dommage difficile à réparer, Et malgré la connaissance que l'on a de la bonne culture ainsi que des systèmes les plus rémunérateurs,l’on n’a pas eu partout les moyens de les mettre en pratique ; ce qui a, comme de raison, paralysé un peu le succès général; de là les mutations de propriétésqui se font encore sur une assez grande échelle.

Cependant on aurait tort, à notre avis, de ne pas s’encourager à garder ces belles propriétés. Encore quelques années d'énergie, dirons-nous aux possesseurs actnels, et ce que vous avez gagné dans le passé ne vous répond-il pas avec plus d'assurance aujourd’hui du gain futur ?

Vous trouvez que la richesse est lente à venir, mais songez au point de départ. Et quand vous aurez persévéré dans le même travail avec sagesse pendant quelque temps encore, qui sait si tous les biens ne vous arriveront pas comme par enchantement ? Un étranger qui arriverait aujourd’hui pour faire l'achat d’une de vos terres,a:-

gent comptant;,serait sûr de se créer un bel avenir,

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c'est la persuasion générale. Eh bien, le déplacement et le replacement valent pour vous le petit surplus que cet étranger pourrait avoir. Vous l’avez, profitez-en, et courage.

Il y a dans le moment plusieurs propriétaires qui sont absents, quelques-uns pour une année d’autres pour deux, d'autres pour trois, même. Ils sont allés aux Etats-Unis dans l'espérance de faire plus vite l'argent qui leur manque pour compléter leurs paiements on faire de nouveaux achats. On se dépêche de devenir riche, on voudrait que l’aisance arrivât à pleine vapeur. On s'expose à tout, et on s'impose de durs sacrifices afin d’étancher le plus tôt possible l’auri fames, c'est-à-dire la soif violente d’un prompt bien-être.

Nous sommes porté à croire que l’on réussirait aussi biensur sa terre avec la même somme de travail, avec économie et vigilance. Mais le miroitement d’un succès exceptionnel chez un

privilégié entre cent éblouit les yeux, tascine

l'imagination, et donne la demi-conviction qu'une semblable chance est réservée à chacun. Quel-

ques-uns reviennent mieux, d'autres plus mal et

c'est le grand nombre ; en somme l’avantage de l'expatriation momentanée est loin d'être sérieux.

Plusieurs terres sont ainsi délaissées, non à cause de leurs mauvaises qualités ou de leur infertilité, mais parce qu’elles ne produisent pas tout d’un coup la somme d’argent dont on se crée le besoin irnmédiat par le plus violent et le plus impérieux Ge: ‘écirs.

Voilà pourquoi, ::”'à comment il se fait que dans St-Jean de Matha, comme en plusieurs autres localités, il y a des propriétés qui peuvent être acquises à bonne composition. La chose est importante à noter. Ceux qui viendront examiner ce qui en est auront toutes chances de s'établir avec avantage dans une grande et belle paroisse.

Communications faciles au dedans et au dehors de la paroisse, malle quotidienne, chars et chemin de fer à deux lieues, établissements religieux terminés, tout flambant neufs. Les quatre mille livres d’airain qui sous forme de clo-

ches, résonnent au beffroi de la nouvelle et

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splendide église, convient, non-seulement les pa-

roissiens au temple, mais aussi les étrangers au

- 8ol de cette admirable localité.

Compatriotes Canadiens-Français qni avez besoin d'établissements, soit pour vous-mêmes, soit pour quelques-uns des membres de vos familles, écoutez la voix d’un franc et loyal ami qui s’autorise à vous inviter dans ces parages, de la certitude où il est que vous les aimerez et que vous y réussirez. Venez vous joindre à l’excellente population qui s’y trouve déjà, l’augmenter, l’encourager, la faire bénéficier de vos ressources, de vos talents, de vos lumières, pour marcher tous ensemble ensuite vers la prospérité réelle, le vrai bien-être qui couronneront vos efforts communs.

Nous venons de dire, chars et chemin de fer à deux lieues ; nous nous empressons d’ajouter, et bientôt même au village, très-probablement. Car déjà, à l'heure où nous écrivons ces lignes, la Compagnie du Chemin de fer Canadien du Pacifique vient de s'engager à exploiter le pro-

longement de la ligne de St-Félix de Valois à St-Jean de Matha, aussitôt que cette ligne sera construite, Une compagnie privée n'aurait pu le faire avantageusement, tandis que la Compagnie du Pacifique y trouvera son profit. D’un autre côté, une première allocation du gouvernement de Québec a été votée, lors de la dernière session, à la Compagnie organisée temporairement pour travailler à la construction de cette ligne. (nt: actuellement à terminer tous les arrangeinents nécessaires relatifs à l’organisation définitive de .4 Coinpagnie, et il n’y a plus de

doute, certains travaux concernant le tracé, l’ex- ; propriation, le terrassement même seront exécutés dès cet automne. Ainsi les grands obsta-

cles paraissent aplanis, les principales objections résolues. On peut donc considérer comme assuré le fait de voir, assez prochainement, une locomotive avec sa trainée de chars, franchir la première rampe des Laurentides, et se promener triomphalement dans les belles vallées de St- Jean de Matha.

Ce sera une nouvelle ère de prospérité qui

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s'ouvrira pour la paroisse et pour celles qui l’environnent. En effet, du moment que l’on dotera les habitants des montagnes d’une voie plus rapide et par conséquent d’un marché plus rapproché où ils pourront à l'aise écouler leurs pro-

duits, il est certain que ce sera un principe de succès complet dans l’œuvre de l'agriculture et de la colonisation.

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