‹ Histoire d'un grain de selChapitre 13 sur 36 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Exploitation du sel chez les anciens. — Ses usages môdiclBaux dans l'anliquitô et de nos jours.

Le sel est connu depuis la plus haute antiquité. Il était fort en estime chez les anciens, car Pline nous apprend que la voie salaria était ainsi nommée parce que, en vertu d'une convention particulière, les Sabins faisaient venir leur sel par cette voie.

Le roi Ancus Marcius donna au peuple, dans un con* glaire, 6,000 boisseaux de sel, et il fut le premier qui établit les salines.

Pline entre dans beaucoup de détails sur les endroits où on trouvait le sel de son temps, sur ses différentes propriétés, et sur la manière dont on l'obtenait.

Le sel commun, et le plus abondant, se faisait dans les salines avec l'eau de la mer qui s'y répandait et qui £*évaporait sous Taction du soleil. Dans Tile der Crète et sur plusieurs points du littoral de l'Italie et de rAfrique, il y avait de véritables marais salants. Dans la Gaule et la Germanie, dans la Gappadoce, ainsi que dans beaucoup d'autres pays de Tempire romain, on exploitait, comme on le fait encore, des fontaines salées. En

Chaonie, on faisait bouillir Teaa d'une fontaine et parv. le refroidissement on obtenait da sel.

On extrayait le sel gemme en Gappadoce, à Agrigente, à Tragasée, à Oromène. Certaines montagnes produisaient aussi du sel en roche, telle était, dans les Indes, rOroménus où le sel se taillait en blocs, comme des pierres dans une carrière. En Gappadoce, on le coupait en lames comme la pierre spéculaire (gypse). Le roi Ptolémée trouva ce sel auprès de plusieurs campements qu'il y fit, et d'après ses ordres on rechercha et trouva le sel en Egypte et en Arabie, dans les lieux arides, où il était mélangé avec le sable. Les Romains avaient remarqué également que, dans certains déserts de TAfrique, le sel se faisait en une seule nuit; ils attribuaient ce fait à l'influence de la lune. Ils avaient également connaissance de lacs salés. Dans la Bactriane, il y en avait deuXf l'un du côté de la Scythie, l'autre du côté de l'Asie. Auprès de Gitium, dans l'île de Chypre, et dans les environs de Memphis, on tirait de ces lacs du sel que l'on faisait sécher au soleil.

A chacun de ces sels les anciens reconnaissaient des qualités particulières. Ainsi parmi les sels marins, les plus estimés étaient ceux de Salamine et de Chypre ; parmi les, sels d'étang, on recherchait pour les maladies d'yeux les sels de Tarente, et ceux de Phrygie qu'on nommait sels de Tatta ; celui qu'on apportait de Gappadoce, dans des vases de terre, donnait, dit-on, de l'éclat à la peau, celui de Gitium en effaçait mieux les rides ; aussi, on l'employait en frictions mélangé avec du miel.

Il y avait aussi des différences dans la couleur ; ainsi

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102 HUTOmE D'UN OBAIN W fBI.

le sel, rouge à Memphie, était ronx rar les bord» do rOxos, pourpré à Gentaripes. À Oéla, en BicUet il était tà laieaiit qu'il réfléchissait les images des objets. Bu Gappadoce, il atait la couleur du safran, était d'uno grande traosparence^et possédait une tréa-bonne odeur.

Pour les maladies des yeux des bétes de somme, on se serrait du sel de Tragata et du sel de Bétique.

Le sel Jouait un grand rOle dans la médecine des anciens. On remployait contre les morsures des ser« pents, des scorpions, des frelons, des guêpes ; contie les ulcères de la tête, les migraines, les pustules, les termes, pour les maladies d'yeux, etc.

Aujourd'hui, comme médicament, son rôle est beau* coup moins important.

On l'a Tante pour certains cas d'engorgement ohro* nique du foie, pour les affections scrofnleuses, et pour quelques maladies cutanées. On s'en sert asses fréquem^ ment comme irritant sous forme de bain de pieds et de laTsment^Sous cette dernière forme son emploi a étécon* seillépour les cas d'asphyxie etde congestion cérébrale.

On se sert quelquefois d'eau salée pour le pansement des blessures.

Les dames qui font usage pour blanchir leur peau, de blanc de fard on 80us*nitrate de bismuth, sont expo* séesàTOir la coloration passer rapidement au noir à la suite d'émanations sulfureuses^ Cette coloration presque indélébile, puisqu'elle ne disparait complètement que par la destruction de l'épiderme, peut cependant être bien dimmuée par des lotions souvent répétées faites aï ee une dissolution de sel marin*

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