CHAPITRE XXII
Des falsifications du sel.
Le sel de cuisine est gouvent falsifié avec de l'eau qui augmente son poids ; celle-ci ne doit pas s'y trouver dans la proportion de plus de 8 à 10 pour cent, caries t^els des salines en contiennent généralement 11 pour cent, et en perdent par le transport.
On ajoute quelquefois aussi au sel de cuisine, du sel marin des salpôtriers, Improprement appelé sel de salpêtre, qui coûte moins cher et qui contient des sulfates sôlubles, un peu de salpêtre, des traces de magnésie^ une légère proportion de matière terreuse, et quelquefois des sels d'iode. Ce mélange n'est pas très-dangereux, mais il n'en est pas moins repréhensible, l'impureté du sel des salpêtriers le désigne pour être employé dans les arts, non dans l'économie domestique. Gomme on n'a pas de moyen simple pour vériûer cette addition, 11 faudrait obliger les salpêtriers à colorer leur sel avec une substance qui, sans le rendre impropre aux usages des arts, servit à l'exclure de la consomiiiation.
On falsifie encore le sel par Taddition du sulfate de soude, du sulfate de chaux ou plâtre, du chlorure de potassium, de matières terreuses, etc. Mais la sophistication qui intéresse le plus la santé publique est celle qui mêle des sels de warech au sel de cuisine ; la proportion d'iodure qu'ils contiennent peut s'élever à un demi millième, et suffirait peut-être pour amener, chez ceux qui en font un usage prolongé, quelques-uns des accidents propres à la maladie iodiqùe de Jahn.
En 1827, plus de quatre cents personnes tombèrent malades dans le département de la Marne pour avoir usé « d'un sel de cuisine qui contenait de l'iode et de Farsenic. Ge sel avait été falsifié avec du sel qui provenait d'une fabrique où Ton préparait en môme temps des sels de warech et des sels arsenicaux. Quelques-uns des sels de waihch mêlés aux sels blancs ont offert à Chevallier un composé de cuivre provena^it des chaudières dans le8« quelles on les avait fait évaporer. Ge même chimiste a vu du sel blanc destiné aux soldats, lequel était du sel de warech réduit en petits grains, et qui, en pitssant k travers un tamis de fil de cuivre, s'était recouvert de vert de gris.