‹ Histoire d'un grain de selChapitre 25 sur 36 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Poche de la morue. — Historique. — Découverte du banc de Terre Neuve. — Préparation des morues. — Importance de iapéche.

Parmi les grandes pêches auxquelles prennent part la marine '{rançaise, celle de la morue occupe sans contestation la première place, et par la quantité de ses produits, et par l'importance du mouvement maritime auquel elle donne lieu. Gomme au temps où elle prit naissance, cette Industrie s'exerce encore aujourd'hui dans certains parages que la nature semble avoir assignés de préférence pour séjour à cette espèce de poisson. Ce sont, à FOuest, le grand banc et les côtes de Tlle de Terre-Neuve ; au Nord, les abords de rislande et les fonds du Dogger-Bank. Ces derniers lieux de pèche, plus particulièrement fréquentés par les nations du Nord» n'entrent que pour une faible portion dans les expéditions françaises. Depuis quelques années même le Dogger- ^ Bank a été complètement abandonné, et c'est vers les parages de Terre-Neuve que se dirige la masse de nos pêcheurs.

Le grand banc et Tile de Terre-Neuve découverts en

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Coupe de mer sous un bâtiment à Terre Neuve.

1497, par Jean Gabot, n'ont révélé qae vers le milieu du xyi« siècle les richesses naturelles que recouTraient leurs eauxr

Vers 1539; François I envoya Jacques Cartier pour reconnaître ces contrées. Cartier découvrit le golfe de Saint-Laurent et reconnut Terre-Neuve. Il est probable qu'alors nos pêcheurs en s'éloignant des côtes ne tardèrent pas à reconnaître le grand banc. Qaelle surprise ne durent-ils pas éprouver lorsqu'ils reconnurent pour la première fois, cette montagne sous -ùiarine qui, dans une étendue de 150 lieues, semble être devenue, par une sorte d'attraction inexplicable, le rendez-vous de toutes les morues de Tunivers, et où chaque pécheur peut recueillir daos un jour jusqu'à 3 ou 400 poissons, sans avoir d'autre peine que de plonger sans cesse et de retirer sa ligoe ! Qu'étaient auprès d'une pareille source de richesse, ces mines delà possession desquelles l'Espagne aveuglée s'est applaudie si longtemps!

Ce n'est que vers 1585 que les Anglais s'établirent sur l'Ile. En 1713, la possession de l'Ile de Terre-Neuve, qui, par suite de l'occupation du Canada, avait passé en partie à la France, fut définitivement cédée, par le traité d'Utrecht, à l'Angleterre qui la possède encore aujourd'hui. La faculté de pécher en commun sur le grand banc, et exclnsivement sur les parties formant l'extrémité septentrionale de Tile, c'est-à-dire entre le cap Rouge et le cap Saint-Jean, ainsi que celle d'y établir des sécheries, nous furent cependant réservée^, et ces droite auxquels la France ajoute les lies Saint-Pierre et les deux Miquelons constituent ses titres à l'exploitation

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de la pêche à la morue dans les mers de Terre-Neuve. . La pêche de la morue a lieu, soit en février, «oit en mai; au grand banc de Terre-Neuve, c'est en mai. Le départ ded bateaux pêcheurs pour les côtes de Terre- Neuve est fixé tous les ans par un règlement dans les premiers jours d'avril, à cause des dangers que la navigation dans ces parages offre avant cette époque. Cette pêche se fait avec de longues- lignes d'une forme partica- Jière. Âpres avoir pris les morues on les sale ou bien on les fait sécher. Dans le premier cas on les éventre et on leur ôte le foie et les œufs, après avoir coupé la léte et la langue que Ton meta part; elles portent alors le nom de morues vertes. Oo appelle morMc^ blanches celles quioDt été salées mais séchées promptement, et sur lesquelles le sel a laissé une sorte de croûte blanchâtre. Pourles sécher plus promptement on les expose au soleil et souvent à la fumée ; ces dernières portant le nom de morues sèches ou parées ; on les confond souvent aussi sous le nom de merluches avec le merlan préparé de la même manière sur les côtes de la Provence. Dans la Baltique les morues sèches portent le nom de stockfisch,

Lels langues de morue, fraîches ou salées, sont considérées comme des morceaux délicats. On retire du foie une huile qui est très-employée en médecine.

La pêche de la morue a pris une extension considérable; elle fournit annuellement plus de 25 millions de Içilogrammes de poisson. Il est vrai que la morue, salée et séchée, se conserve longtemps et peut se transporter sur tous les points du globe. *

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160 HISTOIRE d'un GRMN DE SEL

Le 6 octobre, les côtes doivent être abandonnées par toiis les marins qui sont venus temporairement les peup'er^ Les bâvres se vident, et l/eur rivage désert n'est pllisbabitéquepar un gardien préposé par le gouvernement anglais à la surveillance de ces solitudes. Les établissements, dépouillés de leurs installations d'emprunt, soiut abandonnés aux intempéries du climat qui les préserve en les enveloppant d'épaisses couches de neige. Les banquises de glace qui s'étendent au large enchaînent les eaux des baies ; et cette terre, inculte et sauvage, est rendue au silence de mort dont elle ne sera tirée que lorsque Tété ramènera les pêcheurs français* sttf ses bord?.

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