CHAPITRE VIII
^Marais salauts du lUtor«l d9UMô(literraiiée.«*Maraiiportug«i«« — Sel de Sôtubal.
D^8 le Midi, les dispositions générales et la manière d'opérer pour Textractioa du sel sont un peu différentes, L*eau de mer, après avoir été introduite dans un yaste bassin peu profond, s'écoule lentement dans une série de bassins rectangulaires plus petits et moins profonds où elle se concentre, et passe de là dans de grandi puits dits puits des eaux vertes. Des macbines bydrauliques, plus ou moins perfectionnées, prennent ensuite cette eau et la déYersent dans de nouveaux bassins d^évaporation, dits chauffoirs intérieurs, d'où elle se rend dans un réservoir appelé pihce maîtresse, et de 1& dans de nouveaux puits nommés puits de Veau en seh Déjà l'eau commence à saliner ; elle marque 22 i 2i^ Baume. Soutirée de nouveau jt Taide de pompes, elle entre dans des bassins beaucoup plus petits et qui sout désignés sous le nom de tables salantes. C'est dans ces derniers compartiments, où la coucbe liquide n'a pas plus de 5 à 6 centimètres d'épaisseur, que le sel sedépos»
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en masse compacte, formée de cristaux très-blancs et très-Tolumineux. L^eau est renouvelée dans ces tables tous les jours ou tous les deux jours. L'opération con. tinue ainsi pendant la belle saison, c'est-à-dire d'ayril en septembre. Lorsque le dépôt de sel a une épaisseur de 4 à 5 centimètres, on procède à la récolte ou au levage; pour cela, on met les tables à sec, au moyen de pelles on enlève le sel, et on en fait des tas allongés connus sous le nom de camelles. Cette récolte n'a lieu que deux ou trois fois, tout au plus, pendant les cinq ou six mois que dure la campagne.
Les eaux-mères, qui renferment du sulfate de magnésie, ont été perdues, sansemploi, pendant de longues années. M. Balard, à qui on doit la découverte du Brome a reconnu, il y a une vingtaine d'années, qu'il était possible d'extraire avantageusement de' ces eaux du sulfate de soude, vulgairement appelé sel de Glauber, bien que ce sel n'y préexiste pas. L'ioflaence du froid donne lieu, en effet, à une réaction très-curieuse entre le chlorure de sodium ou sel marin, et le sulfate de magnésie ou sel d'Epsom. Cette réaction constatée déjà par Scheele, en 1785, et par Green, en 1794, était restée jusqu'alors sans application. Depuis les travaux de H. Balard on l'applique maintenant avec un grand succèâ, dans plusieurs marais salants, qui deviennent ainsi de véritables fabriques de produits chimique^. Dans les marais salants de Berre et de Rossuen, dirigés si babilement par MM. Agard et Prat, et dans ceux de la Camargue à la tète desquels est un chimiste éminent, H. Merle, on emploie les belles machines à faire la glace,
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du' système Carré, basées sur la volatilisation et la condensation de l'ammoniaque dans un récipient clos.
L'extraction du sel a dû être un des plus anciens objets de l'industrie des côtes de Provence. Le nom de Salyès donné au peuple qui les habitaient primitivement, celui de ^alon donné à la ville qui parait avoir servi de marché principal,témoigôent en faveur de cette opinion.
La disposition du golfe et des étangs salés a offert de tout temps des emplacements propres à la saunaieon : un ciel presque .constamment serein, l'élévation de la température, les vents dominants du Nord-Ouest sont autant de ciirconstances qui augmentent l'évaporation de l'eau et favorisent la cristallisation du sel sur les marais. Les salines de Berre, autrefois Gadarosc, ont été exploitées de temps immémorial.
Le sel du Midi est bien différent, par son aspect et la grosseur de ses cristaux, du sel de l'Ouest ; il est aussi plus pur. Ainsi le sel du Languedoc ou de la Provence contient 95 pour cent, environ, de sel marin' pur, tandis que le sel de l'Ouest n'en contient que 88 pouï cent.
Lé sel est produit à si bon marché dans les marais salants que 100 kilogrammes ne coûtent qu'un franc tout au plus ; mais, à la sortie des marais, il est frappé d'un droit de 10 centimes par kilogramme.
Hyères, avec son merveilleux climat, possède égale- . ment des salines remarquables. La récolte du sel s'y fait en août et en septembre. C'est un travail peu dispendieux et fort lucratif. Les bâtiments suédois, uorwégicns et russes, et les fabriques de soude du littoral entrent
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pour la gtuà grande partie dans les voies d'écouleiuent^ Les sattas d^Hyères remontent à urne assez haute antiquité» puisque» en 1290, on voit que Charles U, comte de Provence et de Forcalquier, permet aux habitants d'Hyères d'aller fabriquer le sel dans le même emplacement où sont aujourd'hui les satins, moyennant une rétriljution qui ayait été fixée à la moitié du produit» et ^core de transporter cette moitié à Hyères.
Sel de Sétubah — Sétubal, ville du littoral portugais» et ses environs possèdent 364 salines qui produisent, année commune, de 800,000 k 1,200,000 hectolitres de sel. Ce produit annuel diminue ou s'accroît an proportion du degré de chaleur auquel s'est maintenue la température depuid le mois de juin jusqu'au mois d'octobre. L'état de sécheresse de l'atmosphère influe également beaucoup sur la production.
Les marais salants sont plus ou moins rapprochés de la mer et de la petite rivière du Sado qui se jette dans l'Oeéan à Sétubal. Des digues retiennent Teau des marées montantes» et des réservoirs la distribuent ensuite sur les^ terrains préparés en salines. Chaque saline estformée d'un certain nombre de plates-formes en carrés longs et de diverses dimensions, avec des rebords de 60 centimètres environ. Ces plates- formes sont faites de ferre glaise forte et bien battue, qui atvec le temps acquiert une grande coi^istance. Cette terre forme» dans le commencement, une croûte extérieure qui set brise et se disjoint» et dont les morceaux gâtent souvent le sel» quelque soin que l'on prenne à cet égard. Le temps seul cerrige cet inconvénient et finit par donner au terrain
cette solidité unie et compacte qui le rend propre à sa destinatiou. Il y a des salines qui sont quelquefois pendant 5 à 6*ans avant d'avoir acquis le degré de conais- ,tance nécessaire, et avant que le sol se soit assez imprégné de substances salines, pour donner des produits de première qualité.
Lorsque les chaleurs se font sentir et que la saison^ de faire le sel est arrivée, on dispose les salines, et on y fait passer Peau de mer d'un grand réservoir général qui doit toujours être en état d^en fournir aux bassins ou réservoirs partiels dont chaque saline est pourvue à j;et effet. L'eau salée séjourne dans ces réservoirs paîttels penda'ut quinze jours eC mém€«davaBtage, «elonla température, po«r y «ubir une espèce de cuite naturelle et préparatoire appelée sezona^. Ensuite elle passe 8«r les plates-formes dont nous avons parlé plus lNi«t,oà le sel se forme et se produit définitiveDMQt par Tactioû des vents et l'absorption 4n soidi. dès que le sel est fotinédaQs les pkt«6-formes,ce qui demande de qmnze jouts à uin naois suivant la température, on le ramasse, on le met en piles pour le faire sécher, pais on recouvre ces piles de paille et do glaise pour les préserver tes înUuençes atmospliériques.
Le sel de Sétubal est très-recherché, surtout pour tes salaisons, n existe également des mannhas (marais salants) aux embouchures du Douro, du Mondégo et du Tage. '