CHAPITRE VII
l'hôtel de ville de la fin du xiii" siècle.
Désormais la commune de Clusy vivait en paix, s'enrichissait et prospérait grandement.
Les Établissements de saint Louis, sorte de code de jurisprudence, avaient été discutés dans un conseil composé de barons et de prudliommes, c'est-à-dire de nobles et de bourgeois. Le roi, ne voulant pas rester étranger à la nomination des officiers et magistrats des villes, lendit deux ordonnances, en 1266, par lesquelles la nomination des maires de toutes les villes du royaume était fixée au lendemain de la Saint-Simon, Saint-Jude.
Le nouveau maire, l'ancien et quatre notables, dont deux avaient participé pendant Tannée à Padministration de la ville, devaient venir à Paris, aux octaves de la Saint- Martin, pour rendre leurs comptes.
Quant au mode à suivre pour l'élection des maires, le maire sortant et les notables faisaient une liste de quatre prud'hommes qu'ils présentaient au roi à Paris. Le roi choisissait le maire parmi ces candidats \ ceux qui
n''av^ient pas été élus devenaient conseillers de la commune.
Après la mort de saint Louis, la législation touchant les communes fut non-seulement respectée, mais prit de plus grands développements. Beaumanoir nous montre Tétat de ces communes, insiste sur le soin que prenait le pouvoir royal pour empêcher les mairies de se fixer dans les familles opulentes, pour que le peuple participât à ces charges, qu'il assistât à la reddition des comptes, etc.
Des commissaires-voyers étaient envoyés dans les provinces pour inspecter les routes, pour surveiller la navigaon des rivières et pour donner leur avis sur les travaux à entreprendre aux murailles des villes. Les seigneurs terriens furent rendus responsables des crimes ou délits commis sur les routes de leur territoire, depuis le lever du soleil jusqu'au coucher.
On comprend qu'en face de cette organisation, qui tendait de plus en plus à affranchir la commune de toute autorité locale autre que celle déléguée par le roi, les bourgeois des villes n'aient plus eu grand souci de consacrer leurs ressources à construire des cathédrales.
Aussi, toutes celles qui n'étaient pas achevées vers 1260, ne le furent jamais ou furent continuées péniblement par les évêques eux-mêmes, sur leur propre avoir.
Par contre, Thôtel de ville, délaissé de 1 1 5o à 1260, pendant la construction fiévreuse des cathédrales, prend alors une nouvelle importance. Les bourgeois s'occupent de rebâtir ces édifices ou de les agrandir en raison des besoins nouveaux de la cité.
Nous avons vu, figures 11 et 12, ce qu'était l'hôtel de ville de Clusy au commencement du douzième siècle. En 1280, 11 n'avait guère changé, mais alors les bourgeois résolurent
fi^28