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LE PLAN DU NOUVEL HOTEL DE VILLE EN I47O

ÉLÉVATION DE l'hOTEL DE VILLE DE CLUSY, FIN DU XIII'= SIÈCLE.

ET D UNE CATHEDRALE. l33

d'ajouter au vieux bâtiment deux ailes et un vaste perron avec loge.

A cet effet, des maisons voisines furent acquises, avec Tautorisation royale, et on projeta à droite et à gauche de la tour du beffroi, à la place des deux galeries étroites, deux corps de bâtiment contenant chacun une salle à rez-dechaussée et une salle au premier étage (fig. 28). Un perron à double degré, couvert, permettait de monter de la place à une loge également couverte qui donnait entrée aux salles du premier étage ; les salles latérales du rez-de-chaussée servaient de dépôt des armes de la milice ; dans la vieille salle centrale basse se réunissaient les dizainiers lors des prises d'armes. De la loge du perron, le maire, assisté des jurés, parlait au peuple assemblé sur la place quand les circonstances le demandaient.

Le maire et les jurés se réunissaient au premier étage dans Tune des salles latérales; dans Tautre étaient disposées des tables pour les scribes et officiers municipaux, afin qu'ils pussent se livrer à leurs occupations de comptables ou d'administrateurs. La grande salle centrale était réservée aux assemblées des notables et au jugement des causes ressortissant au tribunal du maire et jurés, car ce tribunal connaissait des délits de police.

Autour du beffroi étaient disposées des prisons à rez-dechaussée et au premier étage, indiquées dans notre plan.

Le trésor était renfermé dans la salle voûtée du deuxième étage de la tour sous le beffroi.

Ces adjonctions au vieil hôtel de ville furent conçues et bâties par le maître des œuvres de la cathédrale, Guillaume de Courtenay, qui vivait encore.

La figure 29 donne l'élévation de la façade sur la place, avec son grand perron couvert. Au-dessous, nous avons

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tracé en A le plan du rez-de-chaussée, et en B, le plan du premier étage de cette nouvelle construction.

Mais Pautorisation d'augmenter les bâtiments de Phôtel de ville de Clus}^ ne fut accordée que moyennant une somme de 3oo livres au profit du trésor royal. De plus, l'état prospère de cette cité avait été le prétexte d'une augmentation des redevances à payer au roi et à Tévêque, surtout depuis la mort de Louis IX. Si bien qu'alors, ces redevances annuelles ne s'élevaient pas à moins de cinq cents livres. En ajoutant à ces sommes les dépenses imposées par les prévôts royaux pour remettre en état les murailles de Clusy, et celles enfin qu'occasionnaient les constructions de 1 hôtel de ville, l'état des finances municipales était loin d'être satisfaisant. Il fallait donc augmenter les impôts qui frappaient certaines denrées, et de là, un grand mécontentement parmi les bourgeois. — Car il faut observer que plus ceux-ci s'enrichissent, plus ils tiennent à leur avoir et ne veulent en distraire que la plus faible portion possible.

Les plaintes devinrent si vives que le maire et les jurés élus durent s'en émouvoir. D'ailleurs, quelques notables parlaient déjà de demander l'abolition de la commune, son maintien étant une charge trop lourde, et d'obtenir du roi que la ville fut gouvernée par un prévôt royal qui régirait les habitants suivant leurs coutumes, libertés et franchises, ainsi que cela avait été établi dans d'autres localités, lesquelles se trouvaient ainsi déchargées, moyennant une redevance annuelle et fixe, de toutes les dépenses qui incombaient à la commune lorsqu'elle s'administrait ellemême : dépensas de voirie, de police, de guet, de défense, 'de bâtiments, éventuelles, etc.

Çette opinion réunissait chaque jour un nombre plus.

ET d'une cathédrale.

considérable d'adhérents, et le maire crut devoir assembler les bourgeois afin de s'en expliquer avec eux.

Le 10 avril 1282, ceux-ci furent donc convoqués dans la grande salle, demeurée dans son état ancien (fig. 3o).

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Le premier qui prit la parole était un riche bourgeois, Pierre POrmier, qui faisait le commerce des vins et qui possédait dans les environs de beaux vignobles. C'est ainsi qu'il parla :

« Chers concitoyens ! Il fait beau de nommer son maire et ses échevins, de pourvoir soi-même, et sans que le sire notre roi et le seigneur évêque s'en mêlent, à l'administration de la cité, à sapolice, à sa garde, à la perceotion des

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impôts-, de rendre la ustice s'il s'agit de délits, d'avoir ses jiirés^^ ses paiseurs ^ ^ son sigillier^^ son argentier''^ ses ménesireiix^ ^ ses vigiders ^\ mais tout cela coûte gros. Or, nous sommes endettés de plus de mille livres, et nos charges s'accroissent, rien que pour satisfaire au plus pressé et aux dépenses de chaque jour.

« Vienne un tumulte dans le royaume, nous n^avons pas dix sous en réserve afin de pourvoir aux levées royales.

tt Où trouverons-nous de l'argent, puisque nous sommes hors d'état de payer ce que nous devons déjà? Je dis que cela est grande folie. Je vois que nos maires et eschevins tirent leur épingle du jeu et que tous, les uns après le^ autres, vident notre bourse pour faire des dépenses qu'il nous faut payer : que les assemblées du commun peuple, qui n'ont ni sens ni entendement de discerner et pressentir le bien du mal, choisissent, non les plus sages et les plus économes, mais ceux qui font des largesses avec notre argent. Tout cela nous mène à la ruine et à la misère. Je propose donc qu'il soit demandé au sire le roi, ainsi que cela a été demandé par d'autres villes plus sages que celle-ci, de faire administrer notre cité, suivant ses coutumes, par un prévôt royal, et cela moyennant une somme que nous payerons chaque année fidèlement, mais sans être exposés à voir chaque jour augmenter les impôts sous le bon plaisir de messieurs nos eschevins et pour satisfaire à leurs fantaisies et bobans. J'ai dit! »

Un des eschevins, Jacques Santier, homme d'âge et vénérable, se leva et répondit ainsi à ce discours :

I. Conseillers qui rendaient la justice. — 2. Officiers de paix.

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