‹ Histoire d'un hôtel de ville et d'une cathédrale;Chapitre 27 sur 43 · Commines, Mémoires, livre V, chap. xviii · texte numérisé non relu

Commines, Mémoires, livre V, chap. xviii

ET d'une cathédrale. 2I9

deniers sur toute la France, avec une singulière apreté et plus qu'en aucun autre temps, car la Pragmatique sanction^ supprimée par Louis XI, laissait le royaume à la merci des entreprises du pape sur le temporel, contrairement aux usages du ro3'aume depuis saint Louis. Puis enfin, Louis XI, pour payer ses gens d'armes, officiers et étrangers qu'il tenait près de lui, et faire les grandes dépenses qu'exigeaient ses entreprises, avait peu à peu aliéné tous les biens du domaine de la couronne, et était ainsi obligé de recourir entièrement à Timpôt qui s'aggravait d'autant.

Les cinq cents royaux d'or donnés par le roi étaient dépensés que les bâtiments n'étaient pas montés à moitié; les notables avaient, en adoptant leur projet d'hôtel de ville, consulté leur désir de bien faire' plus que leur bourse.

Toutefois, les bâtiments prenaient une si bonne apparence que chacun dans la ville désirait les voir terminer, et que plusieurs gros bourgeois s'empressèrent de donner des sommes considérables pour aider à l'achèvement de l'édifice.

En Tan 1483, au moment de la mort de Louis XI (3o août 1483), les ouvrages les plus voisins de la tour du beffroi étaient montés, couverts et occupés ; il ne restait plus que la partie de gauche, c'est-à-dire la grande salle et ses annexes.

La mort du roi fut accueillie comme une délivrance, et les États généraux, convoqués en 1484, ayant obtenu la réduc* tion des impôts, le nouvel hôtel de ville put être terminé en 1485.

Maître Michel de Blamont avait mis tous ses soins au pavillon du milieu, qui contenait la loge. Ce pavillon plut

fort aux habitants de Clusy et aux étrangers qui visitaient la ville (fig. 43^).

Six statues, surmontées de dais, ornaient les contre-forts de cet avant-corps. Il y eut de longues discussions entre les notables et les eschevins pour savoir quels seraient les personnages dont on exposerait ainsi les portraictures sur la façade de Thôtel de ville. Les uns voulaient des figures allégoriques : la Vigilance, la Prudence, la Force, la Justice, la Charité et la Liberté ; les autres demandaient des statues de souverains : Charlemagne, Louis le Gros, Philippe-Auguste, saint Louis, Charles VII et Louis XL

On admit un compromis : deux figures de rois, saint Louis et Charles VIII (Louis XI étant mort, personne ne songea à réclamer sa portraicture) et quatre figures allégoriques.

D'autres parties de l'édifice reçurent l'approbation de tous : la grande salle avec ses deux cheminées aux deux extrémités et sa belle charpente lambrissée*, les portiques de la cour, délicatement ouvrés, avec l'étage qui les couronnait (fig. 44).

Les travaux entrepris à la cathédrale furent, pendant le même temps, poursuivis avec assez d'activité. La flèche de la tour centrale qui, à diverses reprises, avait été endommagée par la foudre, fut presqu'entièrement rebâtie sui* vant le goût du temps, avec belles lucarnes ajourées de pierre et clochetons finement découpés. Cet ouvrage coûta gros et ne put même être entièrement achevé que sous le règne de François P"". Tous les arcsboutants du chœur durent être, en grande partie, refaits avec pinacles ouvra-

I. En A est donné le plan du pavillon central à rez-de-chaussée; en B, au premier étage ; en C, l'élévation sur la place du Marché.

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LOGE DE L HOTEL DE VILLE EN Kjyo.

PORTIQUE DE l'hOTEL DE VILLE EN ï470'

ET D UNE CATHIÎDRALE.

gés à leur tête. On répara les chéneaux et balustrades, les combles et les tours; mais Tévcque ne put achever les chapelles du rond-point, car l'argent lui faillit pour cette entreprise. A sa mort, advenue en i486, son successeur, trouvant le trésor de Févêché obéré, suspendit les travaux.

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