‹ Histoire d'un livreChapitre 48 sur 53 · PRESSE POUR FAIRE DES MOULES DE CIRE · texte numérisé non relu

PRESSE POUR FAIRE DES MOULES DE CIRE

Dn bois gravé maintenu dans son cadre de fer et une plaque de cire préparée pour en faire le moule sont posés à tirro.

sorte que sa surface devient d'un beau gris ronce, mais luisant, vif comme le métal poli. Cela se fait pour un.' raison toute particulière, dont je vous dirai un mot plus loin. Le moule préparé, il s'agit d'y déposer au mêlai, du cuivre. Mais qui s'en chargera, puisque nous oe pouvons employer la chaleur pour rendre le métal lluide? Qui s'en chargera? Ce sera l'électricité, — cette même électricité qui circule par les lils du télégraphe, cette même électricité qui est la cause île la

foudre et de ses terribles phénomènes. — 11 me serait impossible de vous luire comprendre \e principe de ce procédé) de vous expliquer ici comment agit cette force qu'on appelle électricité, et qui est, pour dissocier les atomes, pour séparer et rendre libres les parcelles infiniment petites des substances, aussi puissante que la chaleur elle-même : je ne puis que vous montrer les résultats de son action.

Il y a une sorte de sel en très gros grains, d'une couleur bleu-verdatre magnifiquement transparent, et qu'on appelle vulgairement du vitriol bleu. Son vrai nom est sulfate de cuivre; ce nom, donné par les chimistes, exprime que ce sel est composé de cuivre, de soufre, et d'une troisième substance encore (V oxygène, un des deux gaz qui forment l'air). Retenez du moins ceci, que dans ce sel bleu il y a du cuivre, quoiqu'on ne voie pas la moindre parcelle de ce beau métal rouge; il y a du cuivre, comme il y a du fer dans la rouille, comme ily a du charbon dans le bois... Les atomes an cuivre sont entremêlés avec ceux du soufre, avec ceux de l'oxygène, à tel point qu'il est impossible de discerner le métal ; pourtant, dans une certaine quantité de sulfate, environ un tiers est du cuivre. On fait d'abord dissoudre dans de l'eau ce sel, qui s'y fond, absolument comme ferait du sel ordinaire; cette dissolution forme une liqueur d'un beau bleu vert, — violent poison, entre parenthèses. C'est ce qu'on appelle, en termes d'atelier, le bain parce que les moules vont y être plongés, baignés. Ce bain, contient donc du cuivre en assez grande quantité, sous forme d'atomes flottants, errants, mêlés à l'eau, invisibles, excepté par la couleur qu'ils donnent au liquide.

Le moule a été mis dans le bain. Eh bien, maintenant il s'agit d'aller chercher, dans toute la liqueur, les atomes de cuivre flottants, invisibles, de les amener sur la surface du moule, de les forcer à venir s'entasser là, à se serrer les uns contre les autres, pour faire une certaine épaisseur de métal, et de métal solide, tenace, résistant!... Voilà ce que va

faire l'électricité; comment? — c'est, répété-je, ce qu'il m'est impossible de vous expliquer complètement, parce que, pour le comprendre, il vous faudrait des connaissances de physique et de chimie, et vous ne les possédez pas sans doute. — Je dois pourtant vous dire que le moule, d'une part, et d'autre part une grande plaque de cuivre rouge plongée aussi dans le bain, doivent être attachés à deux longs fils de cuivre qu'on nomme conducteurs, et qui jouent un rôle tout semblable aux fils du télégraphe, que vous voyez, sur les routes, tendus entre les poteaux; par leur autre extrémité, ces fila aboutissent à un appareil qui produit l'électricité , et qui porte le nom de pile. J'ajouterai encore que la couche de plombagine étalée à la surface de la cire est justement nécessaire pour permettre à l'électricité de trouver facile passage. Par les deux fils à la fois, l'électricité arrive invisible dans le bain; et tout aussitôt commence son merveilleux travail. — La voilà qui recueille de toutes parts, dans le liquide, les atomes errants de métal : elle les amène sur le moule, en nombre immense; là, elle les groupe, elle les entasse, elle les soude ensemble. Au bout de quelques instants la surface grise de la plombagine est devenue toute rouge. Le cuivre déposé forme une couche, excessivement mince d'abord, comme une pellicule qui va augmentant peu à peu d'épaisseur; il pénètre dans toutes les cavités de la cire, il suit tous les reliefs. Attendons deux jours environ, et L'épaisseur sera suffisante; le métal formera une plaque résistante de beau cuivre rouge, qu'on pourra détacher de la cire. Du côté de la cire, elle a suivi toutes les formes du moule, et par conséquent elle est absolument semblable au bois gravé, et peut être imprimée de la même manière. C'est ce qu'on appelle un cliché galvanique.

Toutefois cette plaque de cuivre est trop minée encore; pour lui donner la résistance suffisante, il faut la doublât d'une épaisseur asseï grande de plomb, ou plutôt de métal à

caractère, moins mou que le plomb. Pour cola, V envers du cliché détaché est tout d'abord nettoyé avec soin; puis on Vétame avec de L'étain, absolument comme on étame l'intérieur d'une casserole de cuivre. Cette précaution est nécessaire pour que le plomb qu'on va couler se soude au cuivre, adhère fortement et partout. Ainsi préparé, le cliché et posé, l'envers en dessus, dans une sorte de cuvette à rebords peu élevés ; puis, dans cette cuvette plate, l'ouvrier verse du

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